Anecdote suédoise n° 3 : Don't panic!
Sunday, January 31. 2010
Milieu de matinée : C'est l'heure creuse à la librairie – la seule de la journée – et je tiens la caisse, toute seule comme une grande. Un homme d'une cinquantaine d'années, grand, l'air d'un monsieur sérieux et pas commode dans son grand manteau classique, entre dans la boutique et se dirige d'un pas pressé vers la caisse.
- Moi: Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
- Lui, le mépris sur le visage et dans la voix : Vendez-vous des serviettes ?
Persuadée d'avoir mal compris sa requête (réaction habituelle quand je crois entendre un mot totalement hors contexte, qui plus est dans une langue étrangère, je me dis que mon cerveau a mal décodé), je lui demande de bien vouloir répéter. Sur un ton un cran plus condescendant et visiblement énervé: Ven-dez-vous-des-ser-vi-et-tes?
Pas doute, j'avais bien compris le mot serviette, dont la répétition n'a cependant pas attenué le caractère incongru (je reprécise que nous nous trouvions dans une LIBRAIRIE) et je suis apparemment débile. Luttant contre un terrible sentiment de panique et d'impuissance et soupçonnant un remake du type à l'étagère, je parviens tant bien que mal à articuler un „Euh désolée, je...“ que le client exaspéré interrompt immédiatement d'un cinglant „EST-CE QUE VOUS VENDEZ DES SERVIETTES ? DES SER-VI-ET-TES ! AVEC „DON'T PANIC!“ ECRIT DESSUS !“
„Ahhhh“ de soulagement intérieur, pouvait pas le préciser plus tôt, non ? Pour ceux qui ne sauraient toujours pas de quoi il retourne: c'est une citation de Douglas Adams (la devise ET la serviette), donc effectivement, l'idée que nous puissions avoir ça en librairie n'est pas si absurde (entre les sabres-lasers, les peluches du Killer Rabbit et les t-shirts Cthulhu, pourquoi pas). N'ayant cependant aucune idée de si nous avions ce genre de serviette – j'ai beau avoir repéré en un temps record beaucoup des articles en stock, je ne pouvais tout de même pas connaître l'inventaire complet du magasin au bout d'une semaine, surtout ce qui, après vérification, n'en faisait pas partie –, je fais signe à l'un de mes collègues de venir m'aider. Verdict: désolé, on n'en a plus depuis un moment et aucun réassort n'est prévu dans l'immédiat. Le client sort après m'avoir lancé un regard mauvais, que je contre mentalement – je suis polie, je garde ça pour moi – d'un vigoureux „c'est ça, ma poule, moi aussi je t'...“, et je fais mes plus plates excuses à mon collègue pour ne pas avoir percuté tout de suite qu'il était tout à fait normal et logique de vouloir acheter ses serviettes de bain dans une librairie (je voyais déjà le gars me demander le chemin des douches et de la piscine) ; ça l'a bien fait rire (j'avais des collègues extra). Depuis ce jour, j'ai décidé pour mon bien et celui des clients de ne plus passer le seuil de la librairie qu'avec mon mode „suspension of disbelief“ activé
I couldn't get used to the colour of the walls
Tuesday, January 26. 2010
Phil Ford
BBC Books 2008
256 p.
SkyPoint is the name of a brand new and exclusive apartment block in Cardiff Bay, in which Rhys would very much like to live. Unfortunately, the place has two major drawbacks, apart from being quite expensive, as revealed right away during Gwen's and Rhys's visit: first, there lives Besnik Lucca, an archcriminal against whom the police, to Gwen's dismay, has never been able to prove anything; second, sudden disappearances out of closed, windowless rooms seem to be quite a trendy activity in this part of Cardiff... how strange! To investigate the matter more closely, Toshiko and Owen move in together, pretending to be happy newlyweds, and discover that walls not only have ears but also a huge appetite...
So, where shall I start the massacre... 'cause this one was, unlike The Twilight Streets and, to a lesser extent, Almost Perfect, quite a bad one. The plot became too obvious way too soon while the Torchwood team struck me as particularly slow on the uptake on this one and it can't exactly be praised for its originality as it drew heavily on those of some Torchwood episodes (Owen's death all over again). It also suffered from minor continuity errors – the alien lock-opening device – or at least inconsistancies – the pestilence of decomposing human organic matter in the ventilation ducting is bound to cause inconvenience to the whole building, right? Well, apparently, no – as well as from a lot of redundancies. Despite the fact that the action of SkyPoint has to be taking place between Something Borrowed (S2 E9) and Out of the Rain (S2 E10), the novel shows disturbing overlapses with Fragments (S2 E12): Either you haven't seen Fragments before reading the book and thus the episode will be somewhat spoiled for you or you read it afterwards and will find these passages quite superfluous. Even more so as some of them (mainly Owen's and Toshiko's pasts, as those are the characters most explored in this book) are mentioned several times. Sadly, redundant is also one of the terms that describe Phil Ford's style best – alongside naive and formulaic. For example the Torchwood team seems to have a lot of trouble „getting used to“ things, be it marriage, death or lack thereof, sometimes even twice or thrice a page. And it was as annoying as Bella's incessant bouts of „Oh my god, oh my god, Edward, I still can't believe that you're mine, and so beautiful, and so perfect, and so cold, and so made of marble!“ (on a partly related note: the beginning of Breaking Dawn was so dreadful that I couldn't got past p. 94), though without the excuse of Gwen, Jack, Owen, Toshiko and Ianto being still stuck in the throes of teenage angst. Actually, all the psychological descriptions had something Stephenie Meyeresque and immature to them, which did flaw the interaction between Owen and Toshiko that I was so looking forward to. Had Phil Ford shown the same talent for humour as in Something Borrowed, the hilarious Torchwood episode he wrote, it wouldn't have been that bad. Unfortunately, he didn't: The book almost completely lacks good dialogue and the few attempts at being funny don't really work, being neither subtle nor outrageous, but simply flat.
On the upside – yes, I do have a few positive aspects to point out – the story was, apart from the aforementioned repetitions, rather fast-paced (and you keep reading because it's Torchwood, after all). And although I had understood what was actually going on in SkyPoint long before the showdown, I found the let's-use-Torchwood-the-super-team-as-a-security-system-tester idea in the second half of the book quite entertaining, the best part of it being probably Owen's extensive tribute to MacGyver.
Thanks again, dear Karine, for sending me SkyPoint and please don't be upset about me not liking it as much as I would have wanted to (I would have bought it anyway, if I hadn't got it through the Doctor Swap
Phil Ford's SkyPoint is published by BBC Books.
Saperlipopette, quel chouette roman !
Friday, January 15. 2010
Michel Tremblay
Leméac/ Actes Sud 2007
288 p.
Après avoir un temps traîné mes guêtres du côté des recueils de nouvelles (voir ici et là, mais je devrais encore publier un billet de cette période-là), j'ai fini par me remettre à la lecture de romans. Je jetai donc, vers la fin de l'automne, mon dévolu sur un polar historique suédois de Carina Burman, type d'ouvrage peu présent dans ma bibliothèque mais auquel il m'arrive parfois de vouloir donner une chance. Infructueuse lubie quelle celle-là ! Lecture interrompue au tiers pour cause de platitude, ennui profond et absence de toute trace de crime ou d'enquête. Mais j'en reparlerai dans un prochain billet, afin de revenir en douceur à l'écriture en suédois – pas de panique, je penserai à faire un billet bilingue. Pour me remettre de ces déboires, je décidai de prendre le large et me rendis donc par voie littéraire au Canada avec La Traversée du continent de Michel Tremblay. Grand bien m'en prit car il s'agit de l'excellent premier tome d'une saga familiale fort prometteuse, La Diaspora des Desrosiers.
La Traversée du continent revient sur l'enfance de Rhéauna dite Nana, l'héroïne de l'un des deux autres grands cycles romanesques de Michel Tremblay, Chroniques du Plateau Mont-Royal (publié entre 1978 et 1997 ; l'autre cycle étant Le gay savoir). L'action se passe en 1913 et Rhéauna vit avec ses soeurs cadettes, Béa et Alice, chez leurs grands-parents, Joséphine et Méo, dans une petite communauté francophone de la Saskatchewan. Bien que vivant séparées de leur mère, Maria, partie travailler dans une usine du Rhode Island, à l'autre bout du continent, et n'ayant pas la possibilité de les élever seule, les trois gamines coulent des jours heureux faits de petites et de grandes découvertes, de légendes et de gourmandise. Jusqu'au jour où Rhéauna apprend que sa mère, entre-temps installée à Montréal, la rappelle à elle et que cela avait été prévu depuis le début même si, bien sûr, autant les enfants que les grands-parents se sont habitués avec les ans à cette vie de famille „temporaire“, la plus jeune des soeurs n'ayant même pas de souvenirs de sa mère et Joséphine et Méo espérant que le jour de la séparation n'arriverait jamais. Mais la réalité étant ce qu'elle est, Rhéauna se retrouve du haut de ses dix ans à traverser les deux-tiers du Canada – seule – en train pour revoir cette mère tant aimée tout en sachant qu'elle quitte ses grands-parents, tant aimés eux aussi, probablement pour toujours. Son voyage de plusieurs jours prend, à travers les trois rêves qui l'entrecoupent et les rencontres fortuites ou non – Rhéauna fait trois escales à Regina, Winnipeg et Ottawa chez ses tantes Régina et Bebette et sa cousine Ti-Lou – qui l'accompagnent, un caractère initiatique certain.
Je suis en général assez prudente avec les récits d'enfance qui courent souvent le risque d'allier banalité du propos à la niaiserie du ton, deux écueils que Michel Tremblay évite cependant soigneusement. En effet, rien que le choc quasi culturel inhérent à la rencontre d'une petite fille élevée dans un milieu rural et modeste – mais pas pauvre – au début du 20e siècle et d'habitants des grandes villes, elles-mêmes si impressionnantes par leur modernité, aux habitudes bien différentes des siennes excluait d'emblée une bonne part de cette banalité tant redoutée de votre chère blogueuse. Et comme Michel Tremblay, en bon romancier qu'il est, a su donner à son récit un véritable souffle romanesque doublé d'une bonne portion d'humour, évitant ainsi également de tomber dans le trop larmoyant, mes craintes se sont bien vite évaporées. Quant à une possible niaiserie dans le ton elle est ici, pour mon plus grand bonheur, totalement absente. Plutôt que de vouloir à tout prix faire raconter à Rhéauna sa propre histoire dans un style pseudo-enfantin, faussement simpliste et absolument insupportable comme le font me semble-t-il de plus en plus d'écrivains mal inspirés, il a fait le choix judicieux d'un récit „classique“ à la troisième personne par un narrateur omniscient lui permettant de rendre sur un mode nuancé et très juste des émotions complexes sur lesquelles Rhéauna n'arrive pas forcément à mettre de mots. Et c'est d'ailleurs dans une langue merveilleuse, haute en couleurs, qu'il nous livre ce texte, exploitant habilement, en homme de théâtre accompli qu'il est également, différents registres de langage et autres particularités syntaxiques et sémantiques selon qu'il s'agit d'un passage narratif – en français standard – ou de dialogues – en joual. Il y a chez lui une sorte de rapport ludique à la langue reflété entre autres par la passion que Nana voue aux mots, surtout aux nouveaux dont elle ne connaît pas la signification mais dont elle ressent instinctivement la connotation et qu'elle se répète plusieurs fois s'ils lui plaisent, juste pour le son. Et comme les variantes du français parlées au Québec et par les communautés francophones du reste du Canada recèlent des mots fascinants, j'ai fait la même chose en lisant, à la différence qu'après une analyse lexico-syntaxique plus ou moins longue je les comprenais effectivement.
Au-delà de simples questions de style, l'écriture de Michel Tremblay est généreuse en ce sens qu'il présente toujours les deux faces, celle publique et celle plus secrète, de ses personnages et des situations dans lesquels il les place. Et quels personnages ! C'est toute une galerie de portraits vivants et attachants bien que pas forcément révolutionnaires qu'il dresse là. Entre ces gamines abordant le monde avec un mélange savoureux d'innocence et d'intuition du réel, principalement Rhéauna, tiraillée entre deux loyautés, la tante Régina acariâtre, la tante Bebette dont les „saperlipopettes“ retentissants feraient pâlir de jalousie toute cantatrice wagnérienne et le Capitaine Haddock, la cousine Ti-Lou devenue fille de joie dans un acte de révolte contre un père tyrannique, cette mère mystérieuse et absente et pourtant présente en filigrane tout au long du récit ou encore ce troublant jeune homme rencontré dans le train, il y en a vraiment pour tous les goûts.
Je vous recommande donc chaudement ce roman dont la suite, La Traversée de la ville, m'attend déjà sagement – en excellente compagnie internationale – au milieu de l'une de mes piles. Et pour le plaisir, voici un extrait fort sympatique au sujet du fameux „saperlipopette“ de la grand-tante Bebette:
„Bebette n'a jamais sacré de sa vie, elle n'en a jamais eu besoin : il suffit qu'elle ouvre la bouche, qu'elle lance son tonitruant SAPERLIPOPETTE pour que tout s'arrête, les gens d'agir et le monde de tourner. Elle le crie avec un tel aplomb, une inflexion de la voix si intense, que jamais un sacre venu du Québec – ni tabarnac, ni câlice, ni sacrament, ni même crisse de câlice de tabarnac de sacrament – ne pourrait l'égaler. C'est un coup de tonnerre qui frappe en plein front et qui vous laisse paralysé et impuissant. Et tremblant de peur.“ (p. 147)
Ahhh, j'adore !
L'avis enthousiaste de Papillon et celui un peu plus réservé de Catherine.
La Traversée du continent est publié chez Leméac/Actes Sud.
Mikrokosmische Studien
Tuesday, January 12. 2010
Catrin Barnsteiner
SchirmerGraf 2004
168 S.
Getriebenen von der Schwierigkeit, mich für eine bestimmte Lesesprache oder ein besonderes Thema festzulegen, habe ich mich eine Weile lang auf Novellensammlungen konzentriert (siehe auch den Eintrag über Yôko Ogawa): schnell gelesen, thematisch abwechslungsreich und in allen möglichen Sprachen vorrätig, in einem Wort: perfekt. Entdeckt habe ich bei dieser Kurzgeschichtenwelle Catrin Barnsteiners Debüt Verglüht, über den ich in SchirmerGrafs Katalog gestolpert war. Im Gegensatz zum Rezensenten der FAZ halte ich eine genaue Inhaltsangabe von jeder Novelle in diesem Fall für sinnlos, arbeitet Catrin Barnsteiner in ihren Texten doch sehr stark auf eine Pointe zu, die es durch Spoiler nicht zu zerstören gilt. Es möge also genügen, zu sagen, dass sie alltägliche Situationen schildert, wobei sie ihre Aufmerksamkeit den kleinen störenden Details und anderen unangenehmen Wahrheiten widmet, die die Betroffenen vor der Welt, wenn nicht sogar vor sich selbst, verstecken möchten und nur Leute mit einer besonderen Beobachtungsgabe entdecken können. Die hier inszenierte, auf den ersten Blick so normale Figurenkonstellation zeichnet sich jedoch durch eine gewisse Vielfalt aus: Ob schüchterne junge Frau, alte Damen, Handwerker, Verkäuferin, Fotograph, alter Mann, junges Mädchen oder Privatdetektiv – unter anderem –, alle sind psychologisch und sprachlich so gut getroffen, dass jede Geschichte eine eigene Atmosphäre besitzt. In einigen Fällen kann dies auch eine Schwäche sein, wenn z.B. in Das Fenster im Filter oder Die Äpfel die Hauptfigur in einem so klar umrissenen Mikrokosmos lebt, dass schon beim Auftreten des Störelements das Ende vorhersehbar wird. Und wie immer wenn Erzählungen situations- und figurengetrieben sind, kommt es vor, dass man als Leser bestimmte Situationen oder Figuren aus völlig subjektiven Gründen nicht ausstehen kann. In meinem Fall wäre hier die Novelle Ersatzflügel zu erwähnen, die von der Sehnsucht eines kleinen Mädchens nach Rollschuhen mit Flügeln dran und den alltäglichen Gemeinheiten handelt, die die Beziehungen innerhalb einer Familie, vor allem zwischen Geschwistern, so oft verderben. Sagen wir einfach, dass diese Kurzgeschichte mich daran erinnert hat, warum das schon gut ist, aus der Kindheit raus zu sein.
Die Mehrheit der Geschichten reicht aber von sehr gut bis grandios. Alle inszenieren sie mit zum Teil gnadenlosem Humor die Tragik des Unangepasstseins, der unerreichbaren Ideale, so bescheiden sie auch seien, und des Statusverlustes. Ob skurril wie in Artenvielfalt oder äußerst banal und deswegen so rührend wie in Der Mann mit der Thermoskanne, erzählt Catrin Barnsteiner von verzweifelten Versuchen, den eigenen Platz im Leben zu finden bzw. zu behalten. Einzige Ausnahme, vielleicht: die letzte, nur eine Seite (und ein bisschen) lange, besonders witzige Geschichte, deren Protagonistin, obwohl nicht direkt verzweifelt, in einer höchst bizarren Situation die Seltenheit der Perfektion betont und somit die ganze Tragik der vorangehenden Figuren auf den Punkt bringt – wie übrigens auch der Titel des Textes: Das Glück, dreckig.
Sollte ich meine Lieblingsgeschichte aus dem Band auswählen, müsste ich zwei nennen: Und verführe uns in Versuchung, bitte und Verglüht. Erstere verfolgt das Ritual zweier alten Damen bei ihren Vorbereitungen für die Beichte und die Beichte selbst, die sie zu Hause empfangen. Durch ihre eigenartigen Figuren, das originelle Thema und den auf jeder Ebene gnadenlosen Humor, mit dem es behandelt wird – die Reflexion über Sünde, Beichte und Strafgesetz auf S. 25 ist absolut köstlich – sowie ihre perfekte Struktur und bittere Pointe erscheint Und verführe uns in Versuchung, bitte (der Titel überhaupt ist genial) als ein kleines Meisterwerk: 16 Seiten puren Glücks – für den Leser versteht sich, nicht unbedingt für die Figuren, denn das Glück ist, wie wir wissen, dreckig.
Verglüht, deren Protagonistin eine Fitness-Trainerin ist, die sich auf die von ihren Kollegen gehasste Kundschaft der Midlife Crisis-Männer spezialisiert hat, ist aber möglicherweise noch dreckiger, obgleich banaler in Ton und Thema. Dennoch wird auch hier der Leser meisterhaft hinters Licht geführt. So meint man zunächst die Motivation dieser Frau für diesen Job zu verstehen und ist durch diese nicht gerade sympathische Figur und ihr noch weniger attraktives Klientel irritiert – Eimer schwitzende, prollige Vierzig- oder Fünfzigjährige sind nunmal nicht mein Fall – bis sich der Verdacht einschleicht, dass man die Aussagen der Trainerin missinterpretiert hat und die Realität noch hässlicher sein könnte als vermutet.
Hübsch finde ich zuletzt als verspielte Literaturwissenschaftlerin die Tatsache, dass jenseits der oben aufgeführten Themen weitere, subtilere Motive in mehreren Geschichten wieder auftauchen. So sind mir bei der ersten Lektüre zwei Motivkomplexe aufgefallen: Textilien in Eine Party, Und führe uns in Versuchung, bitte, Größe 36, Eine Detektivgeschichte und Das Glück, dreckig, und das Erstellen von Listen und Kategorien, das Zählen und Klassifizieren in Eine Party, Verglüht, Artenvielfalt, Ersatzflügel und Die Äpfel.
Alles in allem ist Verglüht in gelungenes Debüt, das mich, jenseits der im Klappentext zu Recht erwähnten amerikanischen Tradition der Short Stories, durch seine Thematik und seine Liebe zum Detail an Katrin Askans Erzählband Wiederholungstäter erinnert hat sowie durch die Skurrilität einiger Texte (z.B. Artenvielfalt oder Die Äpfel) an Yôko Ogawas Texte, wenn auch in einer europäischen Färbung und ohne ihre poetische, (alp)traumähnliche Note.






