Et si l'habit faisait le moine ?

Lundi, 28 juin 2010


La Harpe de Birmanie
Michio Takeyama
trad. du jap. par Hélène Morita
Le Serpent à plumes 2006 (2002)
(jap. orig. 1948)

A ceux que les bruits éléphantesques des vuvuzelas insupportent je propose de plonger dans l'univers musical – et littéraire – au combien plus subtil de La Harpe de Birmanie (Biruma no tategoto) de Michio Takeyama. Ce roman basé sur des récits de soldats japonais ayant combattu en Birmanie pendant la Seconde Guerre Mondiale est un classique de la littérature japonaise. On y suit les pérégrinations d'une compagnie japonaise un peu spéciale à la fin de la guerre et durant son passage dans un camp de prisonniers tenu par les Anglais avant son rapatriement au Japon. Je dis un peu spéciale car cette compagnie chante, pendant ses missions et ses temps de repos, pour communiquer dans la jungle ou pour préserver la bonne entente au sein de la troupe et éviter le désespoir. Cette activité artistique peu commune est le fait de deux hommes, le capitaine-chef de chœur et le caporal Mizushima. Ce dernier étant naturellement doué pour la musique, il construit avec les moyens du bord divers instruments, dont la fameuse harpe birmane, pour lesquels il compose les accompagnements les plus exquis. Armé de sa harpe et vétu d'un longyi, le vêtement traditionnel birman, Mizushima, à qui un teint hâlé et des yeux clairs confèrent une certaine ressemblance avec les autochtones, n'a aucun mal à se faire passer pour un Birman, un énorme avantage pour qui veut se déplacer incognito en territoire ennemi. Mais lorsque le Japon capitule, cette compagnie est faite prisonnière et apprend par les Anglais qu'une autre troupe, n'ayant pas encore eu vent de la défaite de sa patrie, continue à se battre dans la montagne. Souhaitant empêcher un massacre inutile de ses compatriotes, le capitaine obtient des Anglais la permission d'envoyer Mizushima en mission de secours : il doit tenter de convaincre l'autre compagnie de se rendre. La compagnie chantante est elle transférée dans un camp de prisonniers, le temps passe et Mizushima ne revient pas. Les informations sur la bataille dans la montagne sont difficiles à obtenir et surtout impossibles à vérifier. Mizushima est-il blessé ? Mort ? A-t-il pu accomplir sa mission ? A-t-il déserté ? Des mois durant, la compagnie chantante attend le retour du caporal, perdant lentement l'espoir de jamais le revoir. Jusqu'au jour où, pendant ses heures de travaux forcés, elle tombe nez à nez avec un moine birman aux traits étrangements familiers... ou peut-être pas... ou peut-être que si....

Ecrit dans un style assez terre à terre qui ne paye pas de mine, La Harpe de Birmanie est un récit de guerre des plus intelligents et des plus subtils, emprunt de valeurs humanistes. Il constitue bien sûr un hymne aux bienfaits d'une expérience collective de l'art. Ainsi la pratique du chant permet-elle aux membres de la compagnie de Mizushima de garder leur individualité tout en renforçant l'esprit de camaraderie, contrairement à la compagnie totalement fanatisée qu'il tente de sauver dans la montagne. Le destin de Mizushima quant à lui permet à Takeyama d'explorer, peu de temps après les faits – le roman date de 1948 –, les questions de responsabilité individuelle et collective, de devoir, de dilemme moral et de patriotisme d'une manière étonnamment posée et lucide. Takeyama a choisi, plutôt que d'entrer dans de grands discours abstraits sur la guerre et la paix, de rendre compte des pensées et des doutes de ceux qui ont vécu le conflit sur le terrain, avec toutes les nuances et les situations ambiguës que cela implique. Le seul à répondre concrètement, par ses actes mêmes, aux questions morales posées ici est Mizushima. Mais il est clair que ce choix est le fruit d'une recherche et d'un questionnement individuels nécessaires qu'aucune solution toute faite, qu'aucune pensée prête à l'emploi ne saurait remplacer.

Takeyama propose également une réflexion très intéressante sur la modernité et le processus de modernisation d'un pays. Pendant leur capativité, les soldats japonais ont tout loisir d'échanger leurs avis sur leur patrie et sur le pays dans lequel ils sont venus combattre. D'un côté la vie birmane, humble et pauvre, inspirée par un respect profond pour les enseignements du bouddhisme et prémoderne, de l'autre la société japonaise, active et contraignante, à la discipline toute militaire mais dont le processus de modernisation fut rapide et est encore très récent (depuis le début de l'ère Meiji, 1868-1912). Le texte évite tant l'écueil de l'apologie d'une pensée impérialiste soi-disant vectrice de modernité bienfaisante que celui d'un discours naïf de retour à la terre, à un état prémoderne jugé plus „naturel“. En effet, bien qu'il se trouve parmi les soldats de la compagnie chantante des tenant de ces deux idéologies, ceux-ci ne représentent qu'une partie des voix s'exprimant. S'y mêlent des opinions de soldats plus modérés et surtout plus lucides qui, bien que conscients des défauts de la modernité et des horreurs qu'elle engendre – et dont ils ont été les témoins directs –, se rendent bien compte qu'il est trop tard pour effectuer un retour en arrière. La discussion est équilibrée et tout consensus se révèle impossible, même au sein d'un petit groupe de prisonniers de guerre. Au-delà de l'évolution souvent lente des mentalités, c'est d'un changement radical dans la conscience des peuples dont il est question ici, un débat tout à fait transposable à notre époque.
La Harpe de Birmanie est à juste titre un classique de la littérature japonaise. D'abord facile malgré la gravité des sujets traités, sa finesse psychologique et son humanité touchent le lecteur tant émotionnellement qu'intellectuellement. Un récit d'une grande force.

La Harpe de Birmanie paraît au Serpent à plumes dans la collection Motifs.

Le roman a par ailleurs été adapté deux fois au cinéma par le même réalisateur (!), Kon Ichikawa: en noir et blanc en 1956 puis en couleur en 1985.

L'avis d'Ajia.




Typhon en culottes courtes

Mercredi, 16 juin 2010


L'écume de l'aube
Roger Leloup
Duculot 1991
279 p.

L'écume de l'aube est certainement l'un des romans que j'ai le plus souvent relus. Ayant récemment rédigé un article (à paraître en août) sur Yoko Tsuno, mon héroïne de BD préférée, j'ai eu envie de me replonger dans le récit de sa jeunesse. Yoko naît et grandit sur l'île du Songe, île japonaise imaginaire. Fille unique et turbulente d'un géophysicien et d'une femme au foyer, elle chamboule la vie de sa famille le jour de son cinquième anniversaire où elle s'introduit dans le pavillon situé au fond du jardin. Son grand-père, ancien ostréiculteur ayant fait faillite pour avoir poursuivi en vain son rêve de créer une perle transparente, y vit en reclus, entouré d'aquariums. Depuis la mort de sa femme qu'il se reproche d'avoir tant négligée parce que trop occupé à courir après son rêve, Onoue Tsuno est brouillé avec ses enfants et n'a jamais daigné faire la connaissance de sa petite-fille. Mais lorsqu'il découvre Yoko, pleine de joie de vivre et fascinée par ses aquariums, il tombe rapidement sous son charme et se réintègre peu à peu à la vie de famille. Au fil des années, la complicité de la petite fille avec son grand-père et Aoki*, le kamikaze devenu moine bouddhiste qu'Onoue sauva pendant la guerre, grandit. Et puis un jour, sans trop savoir ce qu'elle demande là, Yoko persuade son grand-père de retenter la réalisation d'une perle transparente, l'écume de l'aube, qui l'amènera, presqu'adulte, à vivre sa première aventure hors du Japon.

Casterman 2000

Il est assez rare que les héros de bande dessinée vivent aussi des aventures sous forme de roman ; le seul autre exemple qui me vienne à l'esprit, du moins en BD européenne, c'est Hugo Pratt avec Corto Maltese (La Ballade de la mer salée) et Cour des mystères (Corto en Sibérie). Je n'irai certes pas prétendre que L'écume de l'aube est un chef-d'œuvre de style – il souffre en effet de quelques métaphores éculées et de répétitions. Il n'en reste cependant pas moins que c'est un récit très efficace, agréable à lire et, comme toujours avec Yoko et Roger Leloup, très humain. Yoko n'est pas une enfant modèle. Sa jeunesse est parsemée de grands secrets et de petits mensonges, de contradictions et de colères et ses joies, ses peines, son premier amour et son désir d'aventure et d'inconnu ne manquent jamais de me toucher, même après plusieurs relectures. Est-ce parce que je connais sur le bout des doigts l'univers de cette héroine ou parce que ses aventures m'accompagnent depuis l'enfance que ce roman d'apprentissage me parle autant ? Les deux sans doute. Et je n'en suis sûrement pas à ma dernière relecture. À noter que le roman est illustré de superbes crayonnés de l'auteur.

*Aoki apparaît aussi dans l'album La fille du vent de 1979, l'un des meilleurs (et des plus tristes) de la série.

L'écume de l'aube fut publié pour la première fois chez Duculot (1991). Cette édition est épuisée depuis longtemps mais Casterman en a sorti un version cartonnée en grand format toujours disponible.

L'avis de Bladelor.



Look at it. Will you look at it!*

Vendredi, 13 novembre 2009


Grâce à l'immense générosité de Fashion (hein? Quoi? Comment ça je lui ai forcé la main dans les commentaires pfff ;-)), vous allez donc en apprendre plus sur les repères cinématographiques de la niessu bloggica. Je vous préviens – si, si je suis gentille –, ça va faire mal. Et puisque j'ai de toute façon la réputation de modifier les tags comme bon me semble, autant lui faire honneur: je ne compte pas me contenter d'un seul film par question. Au diable l'avarice! Et puis j'ai bien envie de profiter de ce tag pour attirer votre attention sur l'un ou l'autre film, daube ou chef-d'oeuvre, moins connu (du public français) ou oublié. On ne se refait décidément pas.


1- des films que vous regardiez étant jeune et qui vous remplissent de souvenirs :
Au rayon des dessins animés de référence (autres que les classiques de chez Walt Disney, en gros jusqu'à Rox et Rouky, auxquels je n'ai pas échappé) je citerai d'une part Les douze travaux d'Astérix (1976) et Astérix et Cléopâtre (1968), tous deux de sublimes réservoirs à phrases/scènes culte – „Tu es un sanglier, tu es un sanglier“ ou encore cette innocente petite chanson – que je regarde encore régulièrement et dont les dialogues souvent récités à table avec beaucoup de conviction – et de fous-rires – avec mes frères n'ont jamais manqué de rendre dingues nos chers parents.

D'autre part, dans un registre cette fois plus poétique, il convient de mentionner Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault dont l'ambiance et l'esthétique m'ont durablement marquée, La Rose de Bagdad (La Rosa di Bagdad 1949), un classique de l'animation italienne d'Anton Gino Domenighini, ainsi que des chefs-d'oeuvre de l'animation russe des studios Soyuzmultfilm tous plus beaux les uns que les autres tels que Zolotaya antilopa (L'antilope d'or 1954), Snegurochka (La fille des neiges 1952, tiré de l'opéra de Rimsky-Korsakov), Snezhnaya koroleva (La reine des neiges 1957, adapté d'Andersen) ou encore La princesse grenouille (ЦАРЕВНА-ЛЯГУШКА 1954). Et puis aussi Le Mystère de la troisième planète (Tayna tretyey planety 1981), un dessin animé de science-fiction pour le moins étrange... Et afin de regagner des territoires plus familiers – point trop ne faut d'exotisme – citons encore les longs-métrages animés de Tintin des studios Belvision, soit Tintin et le temple du soleil (1969), que j'adore, et Tintin et le Lac aux requins (1972) avec sa scène mémorable des clubs et balles de golf du Capitaine Haddock à l'aéroport... sans oublier bien sûr les deux films kitchissimes avec acteurs en chair et en os: Tintin et le Mystère de la Toison d'or (1961) de Jean-Jacques Vierne et Tintin et les Oranges bleues (1964) de Philippe Condroyer.

Pour ce qui est des autres longs-métrages „en vrai“ (non dessinés), quatre catégories s'imposent:
- Cape et épée: Les films de l'incontournable Jean Marais, surtout Le Capitan (1960) et Le Bossu (1960), ainsi que Les trois mousquetaires (1953) (sans Jean Marais mais avec Bourvil dans le rôle de Planchet, et ça vaut le détour), tous trois d'André Hubenelle.
- Contes/fantasy: Trois noisettes pour Cendrillon de Václav Vorlícek, une co-production tchèque et est-allemande tout sauf gnangan dont j'avais déjà parlé ici et La Caverne de la Rose d'or (Fantaghirò 1991-1996) de Lamberto Bava, cette grande épopée italienne kitchissime et kultissime, diffusée et regardée chaque hiver pendant mon adolescence.
- Comédies françaises: Deux génies comiques de style très différent: Louis de Funès et Bourvil, respectivement dans L'aile ou la cuisse (1976) de Claude Zidi (et puis Hibernatus (1969) d'Edouard Molinaro) et Le Passe-muraille (1951) de Jean Boyer.
- Animaux: Pour rire, L'espion aux pattes de velours (That darn cat! 1965) de Robert Stevenson, ou ce qui arrive quand le FBI se retrouve à utiliser un chat siamois des plus capricieux comme indic. Des scènes d'anthologie à gogo. Pour pleurer, Antarctica (Nankyoku monogatari 1983), film japonais de Koreyoshi Kurahara basé sur une histoire vraie et relatant la lutte pour la survie de chiens de traîneau abandonnés à contre-coeur (situation d'urgence, tempête, avion surchargé etc.) par les chercheurs de la première base japonaise en Antarctique dans les années 50. Superbe et tellement triste.


2- des films que vous connaissez absolument par cœur :
Parmi les films susmentionnés: Les deux Astérix, Trois noisettes pour Cendrillon et L'Espion aux pattes de velours. Se rajoutent à cela les quatre films en noir et blanc de Miss Marple de George Pollock (Murder, She Said 1961, Murder at the Gallop 1963, Murder Most Foul 1964 et Murder Ahoy! 1964) avec l'excentrique et inégalable Margaret Rutherford dans le rôle principal, les deux films de la série animée Daria (Is It Fall Yet? et Is It College Yet?, sauf que j'ai toujours regardée Daria en français, une fois n'est pas coutume, parce que le doublage est génial) et St Trinian's (la faute à Fashion ça).


3- des films qui ont bouleversé votre jeunesse :
Comme si j'étais vieille, n'importe quoi. Bref, passons. D'un point de vue émotionnel je vais répondre comme beaucoup de blogueuses avant moi: Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society 1989) de Peter Weir. On peut en dire ce qu'on veut, il est indéniable que ce film a capté avec beaucoup de justesse l'essence des élans idéalistes et des questionnements adolescents. Et puis le jeu et la photo sont superbes. Psychologiquement je dirais cependant que le film qui m'a le plus marqué est Psychose (Psycho 1960, je pense qu'il est inutile de préciser pourquoi). D'ailleurs il faudrait que je le revois et que je me plonge plus à fond dans l'univers d'Hitchcock. Et finalement il me faut encore citer quelques films qui, s'ils ne m'ont pas directement boulversée ni même forcément vraiment plu, ont marqué les débuts d'une recherche ou formation esthétique autonome en matière de cinéma: L'Empire des sens (Ai no corrida 1976) de Nagisa Ôshima, dont je trouve encore aujourd'hui qu'il a le mérite d'être à la fois beau et érotique, Cris et chuchotements (Viskningar och rop 1972) d'Ingmar Bergman dont beaucoup d'autres films m'insupportent pourtant terriblement et Au loin s'en vont les nuages (Kauas pilvet karkaavat 1996) d'Aki Kaurismäki, tellement lent et dépouillé que tout devient absurde.


4- des films que vous auriez aimé écrire/produire :
Dans des styles très différents: In the Mood for Love de Wong Kar Wai et Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Tous les deux sont magnifiquement filmés, mis en scène et en musique, montés, joués etc. etc. Et puis ces décors, ces intérieurs, tous ces détails, et, paradoxalement cette même oscillation entre gravité et légèreté.


5- des films qui vous ont donné envie de faire du cinéma :
Affirmer que j'ai une envie irrépressible de me lancer dans une carrière cinématographique serait mentir mais disons que, si devais commencer à bidouiller avec une caméra, deux des films que j'aurais probablement en tête à ce moment seraient Love Exposure (Ai no mukidashi 2008) de Sion Sono – dont je reparlerai à la question 7 – et Plan 9 from Outer Space d'Ed Wood. Je me dis tout simplement qu'il est certainement plus motivant, lors de ses premiers essais derrière la caméra (non, parce que si je devais faire du cinéma ce serait plutôt en tant que réalisatrice qu'actrice), de penser à un film excellent, certes, mais totalement barré, bricolé, jubilatoire et halluciné tel que Love Exposure et à une daube tellement daubesque, improbable et en même temps sobre qu'elle en devient culte telle que Plan 9 from Outer Space qu'à des chefs-d'oeuvre reconnus, bien sous tous rapports et dont tout le monde s'accorde à dire que, de toute façon, ils sont inégalables. Autant prendre comme inspiration de départ des expérimentateurs fous voire géniaux mais controversés que des grands maîtres intouchables, c'est moins paralysant.


6- des films que vous avez regardés plus d'une fois :
Il y en a tellement, j'aime revoir des films, pour peu qu'ils m'aient convaincue la première fois. Evidemment tous ceux cités en réponse aux questions 1, 2 et 4 (+ Le Cercle des poètes disparus et Psychose), et puis aussi Les Anges de l'Univers (Englar alheimsins 2000) de Friðrik Þór Friðriksson, bonne adaption du roman d'Einar Már Guðmundson, Il y a longtemps que je t'aime de Philippe Claudel, Kumo no mukô yakusoku no basho (La Tour au-delà des nuages 2004) un très bel anime de Makoto Shinkai, Waga Seishun no Arcadia de Leiji Matsumoto (long-métrage animé d'Albator, dans lequel on apprend comme Albator a perdu son oeil droit...), la plupart des films des Studio Ghibli.


7- le film que vous avez vu en dernier au cinéma :
Love Exposure (Ai no mukidashi, je reprécise le titre original parce qu'il existe aussi une comédie romantique coréenne intitulée Love Exposure et qui n'a rien à voir avec ce film) de Sion Sono. Découvert totalement par hasard, j'ai été sidérée par la bande-annonce déjantée et en ai tout de suite conclu que, malgré sa durée de presque 4 heures (237 minutes exactement), il fallait absolument aller le voir (et pour une fois qu'un cinéma de ma ville passait un film japonais en vost, je ne pouvais pas rater l'occasion). And it blew my mind! L'histoire est celle d'un brave garçon issu d'une famille très chrétienne – le père devient prêtre – et qui a promis à sa mère avant que celle-ci ne décède de trouver une femme qui lui rappellerait la Vierge Marie, rien que ça. Au début tout se passe bien entre le père et le fils restés seuls, jusqu'au jour où le père, bien que prêtre, se retrouve harcelé sexuellement par une folle (elle est géniale) aux avances de laquelle il finit par céder. Vient ensuite la mauvaise conscience, il ne voit plus partout que péché et perversion, se désintéresse de son fils qui, désespéré, devient un pervers (il photographie à grande échelle les petites culottes des filles) afin d'avoir des péchés à confesser à son père. Et puis arrive le miracle, la fille... et revient la folle et puis aussi une secte dangereuse etc. Si l'intrigue est déjà singulière, la réalisation l'est aussi: l'image est plus en qualité vidéo que cinéma (Sion Sono, de son propre aveu, ne cherche pas à faire beau), le montage est très dynamique, certaines scènes reviennent plusieurs fois, filmées sous différents angles, la bande originale se résume à plus ou moins trois morceaux principaux (+ quelques autres) répétés tout au long du film (notamment le Boléro de Ravel et une chanson du groupe japonais Yura Yura Teikoku), les métaphores, les images, l'humour, l'absurde, le jeu, tout est explosif (l'habitude des animes et de leurs adaptations en films „réels“ et/ou drama doit aider à apprécier, j'en conviens). C'est une histoire d'amour épique ainsi qu'une réflexion sur la foi, la normalité et la perversité qu'il faut sûrement regarder plusieurs fois pour en apprécier toute la portée. En tout cas c'est un film hallucinant, puissant, trash et jubilatoire et j'ai adoré!!!


8- des films dont vous avez regretté d'avoir payé la place :
Sweeney Todd (2007), sans hésiter. Pourtant j'aime bien Tim Burton mais j'aurais mieux fait de me fier à mon préjugé si efficace que „les comédies musicales c'est de la m.... en boîte“ (sauf Les chansons d'amour, grosse exception pour ce film-là). Alors oui, c'est sombre et sanglant, du Tim Burton quoi, mais caricatural, linéaire, creux, prévisible. La musique et le jeu sont niais et sirupeux au possible, les textes limite à se flinguer. J'ai vraiment râlé d'être allée le voir, surtout que j'étais en Suède à ce moment-là et que les places de cinéma y sont chères. Sinon, dans la catégorie pas vu au cinéma (en fait, je vais rarement au cinéma, faute de programme intéressant et en vost, et je sélectionne très soigneusement ce que je vais voir) mais vu contre mon gré dans le cadre d'un cours le grand gagnant est sans conteste Bröderna Lejonhjärta (1977 Les frères coeur-de-lion ), adapté du roman jeunesse d'Astrid Lindgren. C'est mièvre, niais, culcul la praline à se taper la tête contre les murs, le jeu des acteurs est abyssal, les costumes et effets spéciaux non seulement kitsch mais carrément à pleurer tellement ils sont bon marché (pour dire, même La Caverne de la Rose d'or est plus convaincant). C'est un film mort, sans ambiance ni tension (alors qu'il est censé s'agir d'une quête, d'une aventure), accompagné d'une musique minimaliste sans la moindre inspiration. Typiquement le genre de film qui prend son public cible, en l'occurence les enfants, pour des attardés. Une daube qui reste juste une daube parce que sans inspiration, sans le grain de folie, d'irrévérence qui lui permettrait de passer dans la catégorie „tellement mauvais que ça en devient culte et sublime“ (contrairement par ex. au film d'Ed Wood susmentionné). J'avais déjà trouvé le roman débile voire débilitant, mais alors le film, le film... bon, enfin je crois que vous avez compris (surtout que je m'étais déjà excitée dessus ici (cf. question 11)).


9- des films qui vous font réfléchir sur la vie :
Comme si j'avais besoin d'un film pour réfléchir sur la vie... c'est bien ça le problème, je réfléchis trop, toujours, tout le temps! Au rayon des films contemplatifs ou légèrement décalés voire animés d'une douce folie je citerai cependant Dolls (2002) de Takeshi Kitano et The Taste of Tea (Cha no aji 2004) de Katsuhito Ishii. Tous les deux ont en commun d'être fortement allégoriques et très lents mais si Dolls propose, avec ses personnages brisés ou gâchés par un évènement funeste ou une mauvaise décision, une vision tragique de l'existence, The Taste of Tea, lui, adopte un ton beaucoup plus léger et optimiste (et gaga). Ce qui m'a par contre toujours fait réfléchir sur la vie, en tant que phénomène biologique beaucoup plus large que la simple condition humaine, ce sont les documentaires sur la nature, en particulier L'aventure des plantes, dont le générique me fascine encore aujourd'hui.


10- des films qui vous ont donné envie de tomber amoureuse :
In the Mood for Love, comme l'indique très bien le titre il retranscrit à merveille la nature capricieuse comme une humeur de l'amour qui s'insinue sans prévenir pour devenir ensuite nécessaire... même ou plutôt surtout lorsqu'il est impossible. Dans un registre moins tragique et plus axé sur la naissance d'une relation dont on sait qu'elle va durer Omohide poro poro (Souvenirs goutte à goutte 1991) d'Isao Takahata et Mimi wo sumaseba (Si tu tends l'oreille 1995) de Yoshifumi Kondô. Tous les deux explorent le mélange de hasard, de détermination et aussi de courage (de s'ouvrir à l'autre, de prendre sa vie en main) nécessaire à une première relation amoureuse. Dans la catégorie „l'amour triomphe de tout“ (après avoir fait de gros dégâts), sans conteste Love Exposure. Et puis pour finir, un film avec mention spéciale en raison d'une très belle scène: Vinterkyss (2005), film suédo-norvégien de Sara Johnsen tout en subtilité sur la perte et le deuil contenant une magnifique scène d'amour sur fond d'Hallelujah de Jeff Buckley !!!


11- des films qui vous ont fait tordre de rire :
Voici venu le temps des bombes cinématographiques dont l'absurdité totale n'épargne pas le moindre recoin de matière grise. En pôle position trois films japonais (ça vous étonne, hein?) de référence en matière de mauvais goût et de kitsch: Cutie Honey (Kyûtî hanî 2004) de Hideaki Anno, l'adaptation avec acteurs en chair et en os de l'anime du même nom. Magical girl à moitié nue la plupart du temps, monstres et méchants ridicules, scénario inexistant (enfin j'espère parce que ce serait navrant de se dire que quelqu'un a vraiment écrit un scénario pour ce film) et jeu des acteurs... non, en fait il vaut mieux ne pas en parler. Dans le genre c'est une perle! Vient ensuite The Machine Girl (Kataude mashin gâru 2008) de Noboru Iguchi, film plus gore que gore et hilarant. Imaginez des femmes, couvertes de sang, qui butent du truand à coups de mitraillette géante ou de tronçonneuse attachées à leurs moignons (bras ou jambe selon le cas)... ahhh un régal et le petit nouveau d'Iguchi, Robogeisha, a l'air encore plus terrible. Enfin, troisième de ce palmarès nippon: Kamikaze Girls (Shimotsuma monogatari 2004) de Tetsuya Nakashima, ou le récit de l'amitié improbable d'une folle de mode rococo (façon japonaise, s'entend) et d'une dure à cuire membre d'un gang de filles à scooter. Kitchissime, une superbe baston dans la boue, une banane de rockeur japonais à faire pleurer Elvis, bref un mélange détonnant.
S'ajoutent à cela trois grands moments de l'humour anglais au cinéma: Life of Brian (1979) des Monty Python, Shaun of the Dead (2004) d'Edgar Wright et St Trinian's (2007) d'Oliver Parker et Barnaby Thompson. Et puis parce qu'il faut bien soutenir les génies locaux et que de toute façon vous pensez déjà (bon d'accord, je l'ai cherché) que je suis folle à lier, j'accorde la mention spéciale à la parodie alsacienne de Rambo, offerte au monde par le grand, l'unique Kansas of Elsass.


12- des films qui vous ont révélé un acteur que vous suivez à présent :
J'aurais plutôt tendance à découvrir mes acteurs fétiches dans les séries que dans les films, mais je vais probablement suivre de plus près Maria Bonnevie et Mads Mikkelsen, les ayant adorés dans I am Dina (2002) d'Ole Bornedal, adaptation étonnament réussie (et ce malgré la présence de Depardieu qui pour une fois n'en fait pas des tonnes) du roman d'Herbjørg Wassmo, Le livre de Dina, qui m'avait beaucoup marquée. Très beau film, superbes costumes et paysages et excellents acteurs (film avec de vrais morceaux de Christopher Eccleston dedans ;-)). Parmi les réalisateurs (re)citons Wong Kar Wai avec In the Mood for Love, Sion Sono avec Love Exposure, Sofia Coppola avec Marie-Antoinette et Sarah Johnsen avec Vinterkyss.


13- des films qui vous ont fait pleurer comme une madeleine :
Quatre films totalement différents: Äideistä parhain (2005, La meilleure des mères) de Klaus Härö, film finlandais sur le destin d'un des enfants finlandais évacués en Suède et placés en famille d'accueil pendant la Seconde Guerre Mondiale pour les protéger des ravages du conflit finno-russe. Je suis heureuse de l'avoir regardé seule à la maison, tellement j'étais effondrée. Et pourtant il est assez sobre. Ensuite, Le tombeau des lucioles (Hotaru no haka 1988) de Takahata qui traite lui aussi de la situation des enfants pendant la guerre mais en mettant l'accent sur ceux-ci tandis que dans Äidestä parhain c'est surtout l'histoire de la mère adoptive qui est boulversante. Quand j'étais petite et que je n'aimais que les animaux (grosse tendance misanthrope à l'époque) c'était Antarctica qui me tirait des larmes. Et l'an dernier ce sont Les chansons d'amour (2007) de Christophe Honoré qui m'ont fichu un sacré coup au moral, à tel point que je n'ai pas encore osé le re-regarder (il faudrait pourtant). Cela vient peut-être du fait que je m'attendais à un film tantôt léger, tantôt mélancolique sur des relations amoureuses compliquées et que je me suis retrouvée en face d'une oeuvre sur le deuil...


14- des films dont vous avez aimé un personnage en particulier :

Plein! Des femmes, des hommes, des enfants, des créatures, des animaux... Dans le désordre le plus complet: Captain Sidney Rhumstone dans Murder Ahoy (Miss Marple), un rôle et une interprétation de pur génie; Alexander dans Murder, She Said (Miss Marple), un régal cet ado malin comme un singe; River dans Serenity (2005) de Joss Whedon, folle, brillante et si gracieuse dans ses scènes de combat; Fio, Gina et les Mamayuto dans Porco Rosso (Kurenai no buta 1992) de Miyazaki, du courage, du style et des grandes-gueules; Kamaji et le Sans-visage dans Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no kamikakushi 2001), pleins de poésie; Nausicaä dans Nausicaä de la vallée du vent (Kaze no tani no Naushika 1984) pour son idéalisme et Totoro dans Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro 1988), Totoro c'est le meilleur et on ne discute pas!!!


15- des films que vous regardez chaque année :

J'associe la plupart des films que je regarde chaque année à une saison particulière. En commençant par l'automne qui nous entoure actuellement une liste non-exhaustive donnerait: Les Miss Marple à cause de son thé, de son tricot, de ses aventures en extérieur armée de sa cape et de ses chapeaux laineux aux formes improbables ne correspondant à aucune mode identifiable sur cette planète, et puis aussi Pompoko (Heisei tanuki gassen ponpoko 1994) d'Isao Takahata avec ses tanukis dodus, gavés entre autres choses de kakis (mais le film marche aussi au printemps puisqu'il suit le rythme des saisons et parle de changement). En hiver c'est Nausicaä de la vallée du vent en raison de son univers assez sombre et en péril, les deux dessins animés d'Astérix quoiqu'un visionnage hors-saison n'est pas rare (c'est comme avec Miss Marple, je peux les regarder 3-4 fois dans l'année sans problème) et surtout, mon film de Noël, Trois noisettes pour Cendrillon: du froid, de la neige, une forêt... parfait. Le printemps est toujours un peu délicat, je ne sais jamais trop de quoi j'ai envie mais disons Tanguy (2001) d'Etienne Chatiliez que va sûrement rejoindre Marie-Antoinette. Quant à l'été alors là c'est l'explosion: The Taste of Tea, Totoro, Omohide poro poro et La Traversée du temps (Toki wo kakeru shôjo 2006) de Mamoru Hosoda, ambiance estivale japonaise oblige et Porco Rosso, le plus méditerranéen des animes. Enfin, hors-saison: In the Mood for Love.


Je tague Magda, notre cinéphile/cinéaste préférée, afin qu'elle nous fasse découvrir plein de belles choses :-).

*Ceci est une réplique fameuse du Captain Rhumstone dans Murder Ahoy!.


A monk, a fox and the King of Dreams

Mercredi, 18 juin 2008


The Sandman: The Dream Hunters
Neil Gaiman/ Yoshitaka Amano
Vertigo 1999
128 p.

I have a confession to make. Before reading The Sandman: The Dream Hunters I had never read anything by Neil Gaiman. As Fashion so accurately remarked a while ago, it is a shame. I am aware of it and I ought to feel dreadful about it, even more so as my favourite geek owns a copy of many of his books and I would perfectly be able to name most of them. But you know the saying „So many books, so little time“ and so it came that The Dream Hunters, which I purchased in Sweden at my beloved SF Bokhandeln, was my first Gaiman. „But why?“, you probably wonder, dear readers, „didn't you pick the first volume of the Sandman series instead? It would have been more logical, if you really wanted to discover the Sandman-world.“ So true, so true, dear readers, it is a excellent question to which I can provide a simple answer. I'm extremely sensitive to artwork and colours and, as much as I like many mangaka and French or Belgian bande dessinée illustrators, I've always disliked the combination of realistic lines and primary or flashy colours so often encountered by artists of the American comic tradition. Of course, there are exceptions – such as Bill Watterson for instance, whose work I truly love – but the illustrators who worked on The Sandman unfortunately don't belong to them. „And what is so different about The Dream Hunters?“, you probably want to ask next. Well, first it is an illustrated novella rather than a graphic novel, and it is illustrated by Yoshitaka Amano, who is Japanese and whose artwork I enjoy very much. And it is a spin-off, which can be read on its own without any further knowledge of the series, and it is inspired by Japanese folktales, which particularly appealed to me.

The Dream Hunters tells the story of a young Buddhist monk living a quiet life on a mountainside until a fox and a badger make a wager and try to make him leave his temple so that either the fox or the badger can take it over. But tricking the monk isn't an easy task and so it sometimes happens that the trickster somehow gets tricked as well. The monk and the fox, who has the ability to metamorphose into a beautiful young woman, thus fall in love with each other and the badger eventually has to give up. But when the fox finds out that a powerful onmyōji, a master of divination and magic, and a prophecy threaten the life of the young monk, she decides to go ask for the King of All Night's Dreaming's help and to sacrifice herself for him. I won't give you any further details about the plot as I wouldn't like to spoil it for you.

Neil Gaiman has written an exquisite and enchanting Kunstmärchen („a literary fairy tale“ as opposed to Volksmärchen „folktale“, which isn't the work of one person in particular but the product of oral tradition) about fear, love, fate, revenge and dreams. In his afterword to The Dream Hunters he claimed that he had retold a Japanese legend but later stated that it actually was a story of his own invention. Be as it may, this novella does blend traditional elements of the folktale such a linear narrative and the three attempts of the fox and and the badger to trick the monk into abandoning his temple with more modern ones like the ambiguous character of the King of All Night's Dreaming and the motivation for the onmyōji's actions. The fox and the badger themselves are two of the most important legendary creatures of Japanese folklore – kitsune and tanuki, actually a raccoon dog rather than a badger –, who often play the role of tricksters, and fox spirits are indeed known to transform into beautiful young women.

But Neil Gaiman isn't the only one who combines traditional and personal elements here, so does Yoshitaka Amano as well. While most of his pictures clearly are influenced by Japanese woodcut prints and brush painting, others reminded me of Gustave Moreau, Arthur Rackham, Edmund Dulac or Gustav Klimt – who themselves have drawn part of their inspiration from Japanese art –, some are quite abstract and gothic fashion seem to have played a important role in the King's design (just like other depictions of Morpheus in the regular Sandman series). His chromatic range varies widely from bright orange and red tones over light blue, green and pink shades to deep browns. He also uses a lot of gold, black and white. As far as the technique is concerned, most illustrations are either watercolour paintings or charcoal drawings, which probably explain why even the most detailed ones remain so fluid. Yoshitaka Amano's artwork is sophisticated, suggestive and gorgeous and he was definitely the ideal artist for such an illustration job.

The tone of the story is a tragic yet strangely calm one and Neil Gaiman's elegant and evocative prose manages to convey all the otherworldliness of the setting without becoming confusing or unsteady. Add to this the enigmatic beauty of Yoshitaka Amano's sumptuous illustrations and you get a timeless and entrancing but sad love story.

I'm well aware of the fact that it probably wasn't a „classical“ introduction to Neil Gaiman's work, but I nonetheless took great pleasure in reading The Dream Hunters and do intend to read further books by this author (Fragile Things, his short-stories collection, could be a good second step).

N.B.: This book is definitely an evening companion and it probably would have been wiser to wait until autumn to enjoy it fully, but oh well, one can't always have everything (I can already schedule a re-reading for september or october though). And I would suggest Tōru Takemitsu's In An Autumn Garden as an appropriate musical accompaniment.

The Sandman: The Dream Hunters is published by Vertigo (DC Comics).
Neil Gaiman also has a blog and Yoshitaka Amano a website with lots of pictures of his wonderful art.






Der Anime Marathon, von dem ich hier erzählt hatte, fängt morgen an. Ich bin schon ganz aufgeregt und freue mich riesig drauf, vor allem weil ich dieses Jahr die Planung der Yaoi-Nacht (aka Schnuffinacht) und den damit einhergehenden Workshop übernommen habe. Ich gehe jetzt meinen Vortrag weiter vorbereiten und wünsche euch allen ein schönes Wochenende :-).

L'Anime Marathon, dont je vous avais déjà parlé ici, commence demain. Je suis déjà tout excitée et super contente d'y aller, surtout que, cette année, je me suis chargée de la programmation de la Nuit Yaoi ainsi que de l'atelier consacré à ce genre. Il faut d'ailleurs que je retourne continuer à préparer mon exposé sur ce sujet qui me tient tellement à coeur. Je vous souhaite à tous un bon week-end :-).






RIESEN FREU!!!! Seit ein paar Tagen steht der Termin für die 10. Ausgabe des Anime Marathons fest: Er wird vom 9. bis zum 11. Mai 2008 in Burgstädt bei Chemnitz stattfinden (weitere Details über Location, Preis usw. findet ihr auf der Seite des Marathons).
Aber was ist überhaupt der Anime Marathon? Der Marathon ist eine Convention, auf der rund um die Uhr (oder fast) und in mehreren Räumen parallel jede Menge Animes gezeigt wird. Das Programm erfährt man erst vor Ort, so dass die Veranstaltung immer eine Überraschung ist. Zusätzlich zu den Animes selbst gibt es auch eine sehr gut bestückte Manga-Bibliothek, Shows, einen Cosplay-Wettbewerb, eine Auktion, einen Bring & Buy, Workshops, Händler... und vor allem eine äußerst nette, rote T-Shirts tragende Helfertruppe, zu der ich mich seit meinem ersten Marathon (2004 in Brehna bei Leipzig) zählen darf, nämlich die Ameisen!
Der Marathon steht für tolle Stimmung, viel japanischen Wahnsinn, wenig Schlaf und riesen Spaß!
Was könnte man sich sonst mehr wünschen?
Macht einfach mit, es ist genial!

Ich gehe mich jetzt unter Bücher begraben und Hausarbeit schreiben. Ich werde vermutlich erst Anfang Oktober wieder in der Lage sein, etwas hier zu veröffentlichen und es wird demnächst ab und zu Störungen wegen Wartung des Servers (der zickt im Moment ein bisschen rum und muss wieder heil gemacht werden) geben.
Ich wünsche euch ein schönes Wochenende. Bis dann.

A votre tour maintenant, chers lecteurs francophones! Comme je viens de l'annoncer à mon lectorat allemand, nous avons malheureusement quelques petits soucis avec notre serveur en ce moment et le blog risque, dans les prochains jours, d'être, par intermittence, aux abonnés absents. Étant donné que je dois rendre un mémoire de 15-20 pages fin de semaine prochaine et que je vais devoir mettre les bouchées doubles pour pouvoir y arriver, ces ennuis techniques m'arrangeraient presque... Je n'ai, en effet, rien le temps de lire en ce moment et donc rien à vous raconter :-(.

Enfin si, juste ce que je viens d'écrire en allemand : L'Anime Marathon, la convention de dessins animés japonais à laquelle mon geek préféré et moi participons tous les ans, aura lieu pour sa 10e édition du 9 au 11 mai 2008 à Burgstädt près de Chemnitz. Week-end (lointain, certes) de folie en perspective : projection d'animes jour et nuit, concours de cosplay, énorme bibliothèque entièrement consacrée aux mangas, etc. Et, pour nous qui y participons activement en tant que bénévoles, un beau t-shirt rouge, un gros manque de sommeil et le droit de se faire appeler fourmis tout le week-end (nom donné aux bénévoles et aux organisateurs à cause de l'acronyme de l'association qui organise le marathon: Anime no Tomodachi = AnT = fourmi en anglais). De quoi combler mon coeur de fan d'animes et de mangas, quoi :-D.

* et, dans le cas présent, de l'anime!


Je viens de me souvenir que, quelque part sur mon disque dur, sommeillait une bibliographie commentée de littérature (et un peu culture aussi) japonaise que j'avais réalisée l'année dernière dans le cadre d'un séminaire sur la littérature mondiale. Comme le public de ce séminaire francophone était majoritairement allemand (université allemande oblige ;-)), j'ai indiqué quelques titres dans leur traduction allemande (notamment pour Haruki Murakami, presque tous sont également disponibles en français) ainsi que quelques oeuvres en allemand sur la littérature japonaise. J'y ai glissé aussi quelques titres en anglais mais la grande majorité des oeuvres citées est donnée en traduction française et la plupart de mes commentaires sont également rédigés en français.

Cette bibliographie est bien entendu loin, très loin d'être exhaustive (et date dèjà un peu!!) et ne représente, au mieux, qu'un point de repère. Je ne voyais cependant pas de raison de ne pas la diffuser et je me suis dit qu'elle pourrait peut-être intéresser certains d'entre vous. Donc, si cela vous tente, bonne découverte et bonne lecture!

Bibliographie de littérature japonaise (PDF)


(Page 1 de 2 sur 9 billets au total) » Page suivante