Lady Oscar au Québec

Saturday, August 14. 2010


La petite et le vieux
Marie-Renée Lavoie
XYZ 2010
238 p.

Décidément les Québécois(e)s sont très fort(e)s en littérature. Après avoir été enchantée par ma découverte de Michel Tremblay et de Nicolas Dickner (euhh, critique à venir, un jour) je me suis lancée dans le premier roman de Marie-Renée Lavoie, dont j'avais entendu l'interview dans la super émission littéraire de Radio Canada, Vous m'en lirez tant (vive la baladodiffusion/le podcast!). En l'entendant dire que l'héroïne de La petite et le vieux est une gamine de huit ans (au début du récit) qui, refusant d'être une fille (parce que c'est trop faible une fille, croit-elle), se fait appeler Joe au lieu d'Hélène en hommage aux Quatre filles du docteur March et se prend pour Lady Oscar, son héroïne préférée, j'ai tout de suite dressé l'oreille et pris note du titre. Un roman québécois rendant gloire à la vaillance et au romantisme animés nippons des années 70-80 – et de manière plus générale aux héros de fiction en tant que modèles et compagnons de route –, pas de doute possible : c'est pour moi !! Bon, j'avoue, l'import de littérature québécoise coûtant un bras, je me suis quand même dit un court instant que je ne devais pas avoir toute ma tête. Fort heureusement, la lecture de La petite et le vieux m'a vite rassurée sur l'état de ma santé mentale, car c'est un livre JU-BI-LA-TOI-RE ! Rien de moins. Et pour ceux d'entre vous qui se demanderaient qui peut bien être Lady Oscar, sachez qu'il s'agit d'une jeune aristocrate que son père a élévée comme un garçon et qui se retrouve capitaine de la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Ajoutez à l'aspect divinement queer de cette histoire les tourments et dilemmes moraux de la Révolution française, une amitié ambiguë avec André, un jeune homme issu du peuple, le Comte Fersen, de grands et beaux sentiments, de longs cheveux et d'amples capes flottant au vent et vous obtenez une série japonaise mythique – que je n'ai même pas eu le droit de regarder quand j'étais enfant... la vie est injuste. Mais revenons à nos moutons :

Joe est donc une petite fille de huit ans – mais elle se fait passer pour plus âgée – particulièrement exaltée et avide d'héroïsme qui vit dans le quartier de Limoilou à Québec avec une mère dont l'autorité ferait pâlir un général, un père que son travail de prof désespère et trois sœurs aux caractères bien différents du sien. A Limoilou fut mis en place dans les années 70 un nouveau système de désinstitutionnalisation des malades mentaux inoffensifs, si bien que Joe compte parmi ses voisins hauts en couleur quelques-uns de ceux qu'elle appelle affectueusement „les fous“. Un jour, le voisinage s'enrichit d'un nouvel arrivant, Roger, un vieil ours bourru aux jurons copieux et invraisemblables, dont Joe deviendra, après quelques réticences, l'amie. La petite et le vieux est le récit de cette amitié et du quotidien, sur plusieurs années, de cette famille et de ce quartier à travers les yeux de Joe. S'il n'y a pas vraiment d'intrigue, il est cependant impossible d'en trouver la lecture ennuyeuse. Entre la justesse des réflexions de Joe – elle est jeune adulte lorsqu'elle revient sur son enfance, ce qui lui permet un certain recul – et de son décorticage du monde, les facéties et scènes de ménage dégénérant en divertissement public des habitants du quartier, les incursions d'Oscar et de la Révolution française dans la vie de tout ce petit monde et les gueulantes de Roger, franchement c'est un feu d'artifice perpétuel. Marie-Renée Lavoie possède un humour phénoménal même et surtout dans la description des scènes les plus tristes. En effet, si j'ai beaucoup ri en lisant La petite et le vieux, j'ai parfois aussi eu le cœur serré. Sincèrement. Et il est d'ailleurs tout à fait remarquable que Marie-Renée Lavoie ait réussi dans ce récit d'enfance, pourtant un exercice casse-gueule à cet égard, à faire passer tant d'émotions sans tomber dans la niaiserie – un peu comme Michel Tremblay dans La Traversée du continent. La petite et le vieux est méchamment bien écrit ! Rien que la façon dont Joe file les métaphores militaires et héroïques et intègre le personnage d'Oscar à son expérience du monde, c'est un régal. Allez, deux petites citations pour finir :

A propos de Lady Oscar :
Et je ne vous parle pas de sa belle épée, de son fourreau doré, de ses bottes à éperons, de son magnifique cheval blanc, de son œil pénétrant et assuré, toujours plein de larmes et de lumière, et du vent, oui, surtout, de tout ce vent qui semait l'apocalypse dans ses cheveux invraisemblablement longs, épais et légers, qui battaient la mesure de la chanson thème : „Lady, Lady Oscar, elle est habillée comme un garçon, Lady, Lady Oscar, personne n'oubliera jamais son nom.“ Pas de grands héros sans bourrasques de vent, dans les dessins animés japonais. Pas de drame sans saccage de mise en plis. Quoi de plus convaincant, d'ailleurs, qu'un cheveu ébouriffé pour évoquer le courage, la force de caractère du guerrier qui résiste aux méchants symbolisés par ce vent qui se démène en vain. Dans l'air immobile, tout ça nous échappe, les Japonais l'ont compris. (p. 9-10)
Autre exemple qui illustrerait parfaitement cette vérité essentielle : Albator.

Un petit aperçu du langage fleuri de Roger (en pleine protestation alors qu'on l'emmène à l'hôpital) :
Surtout pas, mes sacristies de punaises, que je vous pogne pas à y dire un mot sur moé, sinon je vous neille dans le bénitier quand j'vas ressoudre. (p. 146)
Ce „mes sacristies de punaises“ est absolument digne du Capitaine Haddock ;-).

J'attends avec impatience le prochain roman de Marie-Renée Lavoie, car franchement je n'ai qu'un seul reproche à faire à son premier opus, celui d'être trop court ! J'en redemande !

La petite et le vieux est paru chez XYZ. Pour se le procurer en France (et en Europe), le plus simple est de passer par la Librairie du Québec à Paris.


Souvenirs et mutations

Monday, November 16. 2009


La Mer
Yôko Ogawa
trad. du jap. par Rose-Marie Makino-Fayolle
Actes Sud 2009
(éd. jap. 2006)
148 p.

J'ai découvert l'oeuvre de Yôko Ogawa il y a des années avec La PiscineLes AbeillesLa Grossesse, trois récits subtilement troublants, et depuis je mets un point d'honneur à collectionner ses textes parus en français – il faut dire que les couvertures judicieusement choisies et la qualité générale des livres de chez Actes Sud invitent à la récidive –, quitte à les garder ensuite au chaud pendant un moment avant de me plonger dedans. Car Ogawa crée des ambiances si particulières qu'il faut être de l'humeur adéquate – sans parler des conditions atmosphériques – pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur. Son univers intimiste, peuplé de personnages souvent banals mais en équilibre instable, s'articule d'après ce que j'ai pu lire d'elle selon deux axes principaux: celui du malaise, dû entre autre au changement, au désir, à la maladie, la mort, la dégénérescence ou encore la prise de conscience et la transgression de règles ou de limites (personnelles, sociales), et celui du souvenir et de sa conservation ou perte, qu'il soit d'enfance, encore en construction ou qu'il prenne la forme du deuil ou de l'absence. De prime abord cela peut paraître morbide et déprimant mais tout l'art d'Ogawa consiste en un travail de funambule entre la symbolique de la destruction et celle du renouveau, l'exemple le plus frappant en étant certainement La Grossesse. Rien n'échappe à son regard, pas la moindre faiblesse ni la plus petite lâcheté ou trahison; elle détecte pour ainsi dire les grains dans l'engrenage du monde et de l'esprit de ses personnages, créant ainsi la base de son esthétique du malaise, que viennent renforcer des ambiances calmes, parfois irréelles. Si tourment il y a, il est intérieur, le personnage/narrateur, enfermé dans son esprit et son corps, en proie au doute, désir ou toute autre émotion, se trouvant toujours comme séparé par une fine membrane de ce monde ou de cet autre familier et pourtant si imperméable à toute tentative d'appréhension. C'est cette angoisse existentielle, présentée dans un style laconique, dans des récits d'une grande sobriété qui m'attire – et en attire certainement d'autres parmi vous – chez elle.

On retrouve ces thèmes et ambiances aussi dans La Mer, recueil de nouvelles sorti cette année en France (en 2006 au Japon), même si l'ensemble est de facture inégale. La première nouvelle, celle qui a donné son titre au recueil, est une bonne entrée en matière, nous rappelant grâce à cette histoire de mystérieux instrument de musique qu'ici prévaut le symbole, le sens investi dans l'objet, et que tout n'est pas à prendre au pied de la lettre. La seconde cependant, Voyage à Vienne, qui mêle certes la thématique du malaise à celle du souvenir, m'a semblé un peu trop facile. Il m'est malheureusement impossible de vous expliquer pourquoi sans en révéler la chute donc je me tais et vous invite à en juger par vous-mêmes. Je peux toutefois vous dire qu'elle raconte les tribulations d'une jeune femme en vacances à Vienne forcée par le hasard (et sa mauvaise conscience) à accompagner une dame âgée à la recherche d'un ancien amant mourant.

La quatrième et la cinquième, Le crochet argenté et Boîtes de pastilles, – oui, j'ai sauté la troisième, j'y reviendrai ensuite – sont pour le moins insignifiantes et gentillettes (il faut dire qu'elles sont très courtes, quelques pages seulement), à tel point que j'avais un peu l'impression de lire du Delerm... quoique Boîtes de pastilles possède tout de même un certain potentiel démoralisant indirect si l'on a en tête certaines scènes du Tombeau des lucioles d'Isao Takahata figurant ce même genre de boîte de pastilles.

Les deux textes les plus réussis du recueil sont sans aucun doute le troisième et le sixième, Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly et Le camion de poussins. Le premier reprend le principe déjà exploré dans L'Annulaire d'une jeune femme débutant dans une petite entreprise dont elle apprend et découvre petit à petit les mécanismes les plus subtils. Ce qui ne semble être au début que le récit peu intéressant d'une dactylo qui, toute la journée, manipule des caractères d'imprimerie sur une machine complexe afin de taper des résultats de recherches médicales évolue vers un texte troublant et fortement érotique – tout est dans la suggestion – à partir du moment où elle découvre l'existence du „gardien des caractères“ dont elle ne percevra jamais que la main et la voix au travers de l'ouverture d'une vitre en verre dépoli. Cette nouvelle-là, mes chers amis, est une petite merveille. S'y mêlent l'organique et l'anorganique à travers l'usage de termes médicaux renvoyant à une réalité bien charnelle et de caractères en plomb ainsi que le concret et la métaphore, le signe et le sens. On y retrouve également les idées déjà mentionnées de limite et de trangression symbolisées par cette petite ouverture dans le verre, qui est bien sûr aussi une métaphore sexuelle, et de difficulté voire impossibilité à appréhender, investir l'autre, si ce n'est, peut-être, au travers du signe, illustrée par les projections de pensées de la narratrice sur le gardien et signifiée par le flou du verre dépoli et les caractères d'imprimerie. Quant au Camion de poussins qui relate la rencontre entre un vieux portier d'hôtel mal à l'aise avec les enfants et une petite fille devenue muette à la suite du décès de ses parents et qui se met à collectionner avec lui toutes sortes de dépouilles animales, de l'oeuf vidé à la mue de serpent, il se concentre sur la symbolique de la destruction et du renouveau et, tout comme la nouvelle précédente, en même temps sur la communication. Destruction et renouveau se retrouvent ainsi de façon évidente dans l'association d'un vieil homme et d'une enfant, mais aussi dans l'image des poussins du camion (je n'en dis pas plus, vous lirez ça vous-mêmes) et surtout, en association avec le thème de la communication et de sa difficulté, dans celle du langage perdu de la petite fille auquel se substitue un nouveau à base de silence et de formes, les mues, apparemment vides de contenu et trace d'un état passé mais en réalité signes pleins de sens pour l'homme et l'enfant.

La dernière nouvelle enfin, intitulée La Guide, est racontée du point de vue du jeune fils de celle-ci qui fait la rencontre d'un élégant vieil homme (là encore dichotomie jeunesse/vieillesse), ancien poète conservateur de souvenirs, lors d'une excursion menée par sa mère et à laquelle il n'était pas censé participer. A nouveau, la comparaison avec L'Annulaire s'impose puisqu'il s'agit ici aussi de catégorisation et de préservation de souvenirs, douleurs, émotions. Le ton de La Guide est cependant beaucoup plus léger et optimiste, sans le côté morbide et érotique de L'Annulaire. Le souvenir illustré ici est bon et sa préservation se fait encore plus abstraite et, me semble-t-il, moins douloureuse, problématique. C'est dommage, je trouve, car il manque à la plupart des textes de ce recueil, pourtant indéniablement de facture ogawaienne, la force, la trangression radicale – qui dit subtil ne dit pas forcément mou – de textes plus anciens comme ceux déjà mentionnés ici ou encore Tristes revanches et La petite pièce hexagonale (et probablement Hôtel Iris que je n'ai cependant pas encore lu). Est-ce dû au format extrêmement court de ces textes (de deux à une quarantaine de pages) qui ne permet pas à chaque fois d'installer complètement la sensation de malaise ou bien est-ce le signe d'une évolution dans l'oeuvre d'Ogawa vers plus d'optimisme (ou peut-être les deux)? J'ai vérifié les dates de publication au Japon – ne vous fiez pas aux françaises puisqu'elles ne respectent pas la chronologie originale – des oeuvres que j'ai lues et me suis rendue compte que cela couvrait dix ans, de 1988 à 1998, avec une majorité de textes (et une préférence pour ceux-ci) parus entre 1990 et 1998. Le seul roman d'Ogawa contemporain de La Mer, c'est-à-dire paru en 2006, disponible actuellement en français est La Marche de Mina (les autres datent de 2000 à 2003). Quelqu'un l'a-t-il lu qui pourrait corroborer (ou non) mes observations?

Pour finir, un mot sur la traduction. Je regrette que certaines expressions manquent parfois d'idiomatisme ou de simplicité en français – on sent par moment que c'est traduit –, d'autant plus que je ne crois pas avoir jamais remarqué cela avant et que c'est toujours Rose-Marie Makino-Fayolle qui se charge de traduire Yôko Ogawa en français. J'ai aussi été un peu perturbée par les „eeh“ d'hésitation très japonais dans les dialogues (j'ai beau n'avoir que des bases en japonais, je sais quand même ça) qu'on aurait pu aisément remplacer par un „euh“ plus français. Mais je chipote là et cela m'a peut-être dérangée justement parce que je sais que c'est très japonais (de l'inconvénient d'aimer les animes et le cinéma japonais).


Look at it. Will you look at it!*

Friday, November 13. 2009


Grâce à l'immense générosité de Fashion (hein? Quoi? Comment ça je lui ai forcé la main dans les commentaires pfff ;-)), vous allez donc en apprendre plus sur les repères cinématographiques de la niessu bloggica. Je vous préviens – si, si je suis gentille –, ça va faire mal. Et puisque j'ai de toute façon la réputation de modifier les tags comme bon me semble, autant lui faire honneur: je ne compte pas me contenter d'un seul film par question. Au diable l'avarice! Et puis j'ai bien envie de profiter de ce tag pour attirer votre attention sur l'un ou l'autre film, daube ou chef-d'oeuvre, moins connu (du public français) ou oublié. On ne se refait décidément pas.


1- des films que vous regardiez étant jeune et qui vous remplissent de souvenirs :
Au rayon des dessins animés de référence (autres que les classiques de chez Walt Disney, en gros jusqu'à Rox et Rouky, auxquels je n'ai pas échappé) je citerai d'une part Les douze travaux d'Astérix (1976) et Astérix et Cléopâtre (1968), tous deux de sublimes réservoirs à phrases/scènes culte – „Tu es un sanglier, tu es un sanglier“ ou encore cette innocente petite chanson – que je regarde encore régulièrement et dont les dialogues souvent récités à table avec beaucoup de conviction – et de fous-rires – avec mes frères n'ont jamais manqué de rendre dingues nos chers parents.

D'autre part, dans un registre cette fois plus poétique, il convient de mentionner Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault dont l'ambiance et l'esthétique m'ont durablement marquée, La Rose de Bagdad (La Rosa di Bagdad 1949), un classique de l'animation italienne d'Anton Gino Domenighini, ainsi que des chefs-d'oeuvre de l'animation russe des studios Soyuzmultfilm tous plus beaux les uns que les autres tels que Zolotaya antilopa (L'antilope d'or 1954), Snegurochka (La fille des neiges 1952, tiré de l'opéra de Rimsky-Korsakov), Snezhnaya koroleva (La reine des neiges 1957, adapté d'Andersen) ou encore La princesse grenouille (ЦАРЕВНА-ЛЯГУШКА 1954). Et puis aussi Le Mystère de la troisième planète (Tayna tretyey planety 1981), un dessin animé de science-fiction pour le moins étrange... Et afin de regagner des territoires plus familiers – point trop ne faut d'exotisme – citons encore les longs-métrages animés de Tintin des studios Belvision, soit Tintin et le temple du soleil (1969), que j'adore, et Tintin et le Lac aux requins (1972) avec sa scène mémorable des clubs et balles de golf du Capitaine Haddock à l'aéroport... sans oublier bien sûr les deux films kitchissimes avec acteurs en chair et en os: Tintin et le Mystère de la Toison d'or (1961) de Jean-Jacques Vierne et Tintin et les Oranges bleues (1964) de Philippe Condroyer.

Pour ce qui est des autres longs-métrages „en vrai“ (non dessinés), quatre catégories s'imposent:
- Cape et épée: Les films de l'incontournable Jean Marais, surtout Le Capitan (1960) et Le Bossu (1960), ainsi que Les trois mousquetaires (1953) (sans Jean Marais mais avec Bourvil dans le rôle de Planchet, et ça vaut le détour), tous trois d'André Hubenelle.
- Contes/fantasy: Trois noisettes pour Cendrillon de Václav Vorlícek, une co-production tchèque et est-allemande tout sauf gnangan dont j'avais déjà parlé ici et La Caverne de la Rose d'or (Fantaghirò 1991-1996) de Lamberto Bava, cette grande épopée italienne kitchissime et kultissime, diffusée et regardée chaque hiver pendant mon adolescence.
- Comédies françaises: Deux génies comiques de style très différent: Louis de Funès et Bourvil, respectivement dans L'aile ou la cuisse (1976) de Claude Zidi (et puis Hibernatus (1969) d'Edouard Molinaro) et Le Passe-muraille (1951) de Jean Boyer.
- Animaux: Pour rire, L'espion aux pattes de velours (That darn cat! 1965) de Robert Stevenson, ou ce qui arrive quand le FBI se retrouve à utiliser un chat siamois des plus capricieux comme indic. Des scènes d'anthologie à gogo. Pour pleurer, Antarctica (Nankyoku monogatari 1983), film japonais de Koreyoshi Kurahara basé sur une histoire vraie et relatant la lutte pour la survie de chiens de traîneau abandonnés à contre-coeur (situation d'urgence, tempête, avion surchargé etc.) par les chercheurs de la première base japonaise en Antarctique dans les années 50. Superbe et tellement triste.


2- des films que vous connaissez absolument par cœur :
Parmi les films susmentionnés: Les deux Astérix, Trois noisettes pour Cendrillon et L'Espion aux pattes de velours. Se rajoutent à cela les quatre films en noir et blanc de Miss Marple de George Pollock (Murder, She Said 1961, Murder at the Gallop 1963, Murder Most Foul 1964 et Murder Ahoy! 1964) avec l'excentrique et inégalable Margaret Rutherford dans le rôle principal, les deux films de la série animée Daria (Is It Fall Yet? et Is It College Yet?, sauf que j'ai toujours regardée Daria en français, une fois n'est pas coutume, parce que le doublage est génial) et St Trinian's (la faute à Fashion ça).


3- des films qui ont bouleversé votre jeunesse :
Comme si j'étais vieille, n'importe quoi. Bref, passons. D'un point de vue émotionnel je vais répondre comme beaucoup de blogueuses avant moi: Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society 1989) de Peter Weir. On peut en dire ce qu'on veut, il est indéniable que ce film a capté avec beaucoup de justesse l'essence des élans idéalistes et des questionnements adolescents. Et puis le jeu et la photo sont superbes. Psychologiquement je dirais cependant que le film qui m'a le plus marqué est Psychose (Psycho 1960, je pense qu'il est inutile de préciser pourquoi). D'ailleurs il faudrait que je le revois et que je me plonge plus à fond dans l'univers d'Hitchcock. Et finalement il me faut encore citer quelques films qui, s'ils ne m'ont pas directement boulversée ni même forcément vraiment plu, ont marqué les débuts d'une recherche ou formation esthétique autonome en matière de cinéma: L'Empire des sens (Ai no corrida 1976) de Nagisa Ôshima, dont je trouve encore aujourd'hui qu'il a le mérite d'être à la fois beau et érotique, Cris et chuchotements (Viskningar och rop 1972) d'Ingmar Bergman dont beaucoup d'autres films m'insupportent pourtant terriblement et Au loin s'en vont les nuages (Kauas pilvet karkaavat 1996) d'Aki Kaurismäki, tellement lent et dépouillé que tout devient absurde.


4- des films que vous auriez aimé écrire/produire :
Dans des styles très différents: In the Mood for Love de Wong Kar Wai et Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Tous les deux sont magnifiquement filmés, mis en scène et en musique, montés, joués etc. etc. Et puis ces décors, ces intérieurs, tous ces détails, et, paradoxalement cette même oscillation entre gravité et légèreté.


5- des films qui vous ont donné envie de faire du cinéma :
Affirmer que j'ai une envie irrépressible de me lancer dans une carrière cinématographique serait mentir mais disons que, si devais commencer à bidouiller avec une caméra, deux des films que j'aurais probablement en tête à ce moment seraient Love Exposure (Ai no mukidashi 2008) de Sion Sono – dont je reparlerai à la question 7 – et Plan 9 from Outer Space d'Ed Wood. Je me dis tout simplement qu'il est certainement plus motivant, lors de ses premiers essais derrière la caméra (non, parce que si je devais faire du cinéma ce serait plutôt en tant que réalisatrice qu'actrice), de penser à un film excellent, certes, mais totalement barré, bricolé, jubilatoire et halluciné tel que Love Exposure et à une daube tellement daubesque, improbable et en même temps sobre qu'elle en devient culte telle que Plan 9 from Outer Space qu'à des chefs-d'oeuvre reconnus, bien sous tous rapports et dont tout le monde s'accorde à dire que, de toute façon, ils sont inégalables. Autant prendre comme inspiration de départ des expérimentateurs fous voire géniaux mais controversés que des grands maîtres intouchables, c'est moins paralysant.


6- des films que vous avez regardés plus d'une fois :
Il y en a tellement, j'aime revoir des films, pour peu qu'ils m'aient convaincue la première fois. Evidemment tous ceux cités en réponse aux questions 1, 2 et 4 (+ Le Cercle des poètes disparus et Psychose), et puis aussi Les Anges de l'Univers (Englar alheimsins 2000) de Friðrik Þór Friðriksson, bonne adaption du roman d'Einar Már Guðmundson, Il y a longtemps que je t'aime de Philippe Claudel, Kumo no mukô yakusoku no basho (La Tour au-delà des nuages 2004) un très bel anime de Makoto Shinkai, Waga Seishun no Arcadia de Leiji Matsumoto (long-métrage animé d'Albator, dans lequel on apprend comme Albator a perdu son oeil droit...), la plupart des films des Studio Ghibli.


7- le film que vous avez vu en dernier au cinéma :
Love Exposure (Ai no mukidashi, je reprécise le titre original parce qu'il existe aussi une comédie romantique coréenne intitulée Love Exposure et qui n'a rien à voir avec ce film) de Sion Sono. Découvert totalement par hasard, j'ai été sidérée par la bande-annonce déjantée et en ai tout de suite conclu que, malgré sa durée de presque 4 heures (237 minutes exactement), il fallait absolument aller le voir (et pour une fois qu'un cinéma de ma ville passait un film japonais en vost, je ne pouvais pas rater l'occasion). And it blew my mind! L'histoire est celle d'un brave garçon issu d'une famille très chrétienne – le père devient prêtre – et qui a promis à sa mère avant que celle-ci ne décède de trouver une femme qui lui rappellerait la Vierge Marie, rien que ça. Au début tout se passe bien entre le père et le fils restés seuls, jusqu'au jour où le père, bien que prêtre, se retrouve harcelé sexuellement par une folle (elle est géniale) aux avances de laquelle il finit par céder. Vient ensuite la mauvaise conscience, il ne voit plus partout que péché et perversion, se désintéresse de son fils qui, désespéré, devient un pervers (il photographie à grande échelle les petites culottes des filles) afin d'avoir des péchés à confesser à son père. Et puis arrive le miracle, la fille... et revient la folle et puis aussi une secte dangereuse etc. Si l'intrigue est déjà singulière, la réalisation l'est aussi: l'image est plus en qualité vidéo que cinéma (Sion Sono, de son propre aveu, ne cherche pas à faire beau), le montage est très dynamique, certaines scènes reviennent plusieurs fois, filmées sous différents angles, la bande originale se résume à plus ou moins trois morceaux principaux (+ quelques autres) répétés tout au long du film (notamment le Boléro de Ravel et une chanson du groupe japonais Yura Yura Teikoku), les métaphores, les images, l'humour, l'absurde, le jeu, tout est explosif (l'habitude des animes et de leurs adaptations en films „réels“ et/ou drama doit aider à apprécier, j'en conviens). C'est une histoire d'amour épique ainsi qu'une réflexion sur la foi, la normalité et la perversité qu'il faut sûrement regarder plusieurs fois pour en apprécier toute la portée. En tout cas c'est un film hallucinant, puissant, trash et jubilatoire et j'ai adoré!!!


8- des films dont vous avez regretté d'avoir payé la place :
Sweeney Todd (2007), sans hésiter. Pourtant j'aime bien Tim Burton mais j'aurais mieux fait de me fier à mon préjugé si efficace que „les comédies musicales c'est de la m.... en boîte“ (sauf Les chansons d'amour, grosse exception pour ce film-là). Alors oui, c'est sombre et sanglant, du Tim Burton quoi, mais caricatural, linéaire, creux, prévisible. La musique et le jeu sont niais et sirupeux au possible, les textes limite à se flinguer. J'ai vraiment râlé d'être allée le voir, surtout que j'étais en Suède à ce moment-là et que les places de cinéma y sont chères. Sinon, dans la catégorie pas vu au cinéma (en fait, je vais rarement au cinéma, faute de programme intéressant et en vost, et je sélectionne très soigneusement ce que je vais voir) mais vu contre mon gré dans le cadre d'un cours le grand gagnant est sans conteste Bröderna Lejonhjärta (1977 Les frères coeur-de-lion ), adapté du roman jeunesse d'Astrid Lindgren. C'est mièvre, niais, culcul la praline à se taper la tête contre les murs, le jeu des acteurs est abyssal, les costumes et effets spéciaux non seulement kitsch mais carrément à pleurer tellement ils sont bon marché (pour dire, même La Caverne de la Rose d'or est plus convaincant). C'est un film mort, sans ambiance ni tension (alors qu'il est censé s'agir d'une quête, d'une aventure), accompagné d'une musique minimaliste sans la moindre inspiration. Typiquement le genre de film qui prend son public cible, en l'occurence les enfants, pour des attardés. Une daube qui reste juste une daube parce que sans inspiration, sans le grain de folie, d'irrévérence qui lui permettrait de passer dans la catégorie „tellement mauvais que ça en devient culte et sublime“ (contrairement par ex. au film d'Ed Wood susmentionné). J'avais déjà trouvé le roman débile voire débilitant, mais alors le film, le film... bon, enfin je crois que vous avez compris (surtout que je m'étais déjà excitée dessus ici (cf. question 11)).


9- des films qui vous font réfléchir sur la vie :
Comme si j'avais besoin d'un film pour réfléchir sur la vie... c'est bien ça le problème, je réfléchis trop, toujours, tout le temps! Au rayon des films contemplatifs ou légèrement décalés voire animés d'une douce folie je citerai cependant Dolls (2002) de Takeshi Kitano et The Taste of Tea (Cha no aji 2004) de Katsuhito Ishii. Tous les deux ont en commun d'être fortement allégoriques et très lents mais si Dolls propose, avec ses personnages brisés ou gâchés par un évènement funeste ou une mauvaise décision, une vision tragique de l'existence, The Taste of Tea, lui, adopte un ton beaucoup plus léger et optimiste (et gaga). Ce qui m'a par contre toujours fait réfléchir sur la vie, en tant que phénomène biologique beaucoup plus large que la simple condition humaine, ce sont les documentaires sur la nature, en particulier L'aventure des plantes, dont le générique me fascine encore aujourd'hui.


10- des films qui vous ont donné envie de tomber amoureuse :
In the Mood for Love, comme l'indique très bien le titre il retranscrit à merveille la nature capricieuse comme une humeur de l'amour qui s'insinue sans prévenir pour devenir ensuite nécessaire... même ou plutôt surtout lorsqu'il est impossible. Dans un registre moins tragique et plus axé sur la naissance d'une relation dont on sait qu'elle va durer Omohide poro poro (Souvenirs goutte à goutte 1991) d'Isao Takahata et Mimi wo sumaseba (Si tu tends l'oreille 1995) de Yoshifumi Kondô. Tous les deux explorent le mélange de hasard, de détermination et aussi de courage (de s'ouvrir à l'autre, de prendre sa vie en main) nécessaire à une première relation amoureuse. Dans la catégorie „l'amour triomphe de tout“ (après avoir fait de gros dégâts), sans conteste Love Exposure. Et puis pour finir, un film avec mention spéciale en raison d'une très belle scène: Vinterkyss (2005), film suédo-norvégien de Sara Johnsen tout en subtilité sur la perte et le deuil contenant une magnifique scène d'amour sur fond d'Hallelujah de Jeff Buckley !!!


11- des films qui vous ont fait tordre de rire :
Voici venu le temps des bombes cinématographiques dont l'absurdité totale n'épargne pas le moindre recoin de matière grise. En pôle position trois films japonais (ça vous étonne, hein?) de référence en matière de mauvais goût et de kitsch: Cutie Honey (Kyûtî hanî 2004) de Hideaki Anno, l'adaptation avec acteurs en chair et en os de l'anime du même nom. Magical girl à moitié nue la plupart du temps, monstres et méchants ridicules, scénario inexistant (enfin j'espère parce que ce serait navrant de se dire que quelqu'un a vraiment écrit un scénario pour ce film) et jeu des acteurs... non, en fait il vaut mieux ne pas en parler. Dans le genre c'est une perle! Vient ensuite The Machine Girl (Kataude mashin gâru 2008) de Noboru Iguchi, film plus gore que gore et hilarant. Imaginez des femmes, couvertes de sang, qui butent du truand à coups de mitraillette géante ou de tronçonneuse attachées à leurs moignons (bras ou jambe selon le cas)... ahhh un régal et le petit nouveau d'Iguchi, Robogeisha, a l'air encore plus terrible. Enfin, troisième de ce palmarès nippon: Kamikaze Girls (Shimotsuma monogatari 2004) de Tetsuya Nakashima, ou le récit de l'amitié improbable d'une folle de mode rococo (façon japonaise, s'entend) et d'une dure à cuire membre d'un gang de filles à scooter. Kitchissime, une superbe baston dans la boue, une banane de rockeur japonais à faire pleurer Elvis, bref un mélange détonnant.
S'ajoutent à cela trois grands moments de l'humour anglais au cinéma: Life of Brian (1979) des Monty Python, Shaun of the Dead (2004) d'Edgar Wright et St Trinian's (2007) d'Oliver Parker et Barnaby Thompson. Et puis parce qu'il faut bien soutenir les génies locaux et que de toute façon vous pensez déjà (bon d'accord, je l'ai cherché) que je suis folle à lier, j'accorde la mention spéciale à la parodie alsacienne de Rambo, offerte au monde par le grand, l'unique Kansas of Elsass.


12- des films qui vous ont révélé un acteur que vous suivez à présent :
J'aurais plutôt tendance à découvrir mes acteurs fétiches dans les séries que dans les films, mais je vais probablement suivre de plus près Maria Bonnevie et Mads Mikkelsen, les ayant adorés dans I am Dina (2002) d'Ole Bornedal, adaptation étonnament réussie (et ce malgré la présence de Depardieu qui pour une fois n'en fait pas des tonnes) du roman d'Herbjørg Wassmo, Le livre de Dina, qui m'avait beaucoup marquée. Très beau film, superbes costumes et paysages et excellents acteurs (film avec de vrais morceaux de Christopher Eccleston dedans ;-)). Parmi les réalisateurs (re)citons Wong Kar Wai avec In the Mood for Love, Sion Sono avec Love Exposure, Sofia Coppola avec Marie-Antoinette et Sarah Johnsen avec Vinterkyss.


13- des films qui vous ont fait pleurer comme une madeleine :
Quatre films totalement différents: Äideistä parhain (2005, La meilleure des mères) de Klaus Härö, film finlandais sur le destin d'un des enfants finlandais évacués en Suède et placés en famille d'accueil pendant la Seconde Guerre Mondiale pour les protéger des ravages du conflit finno-russe. Je suis heureuse de l'avoir regardé seule à la maison, tellement j'étais effondrée. Et pourtant il est assez sobre. Ensuite, Le tombeau des lucioles (Hotaru no haka 1988) de Takahata qui traite lui aussi de la situation des enfants pendant la guerre mais en mettant l'accent sur ceux-ci tandis que dans Äidestä parhain c'est surtout l'histoire de la mère adoptive qui est boulversante. Quand j'étais petite et que je n'aimais que les animaux (grosse tendance misanthrope à l'époque) c'était Antarctica qui me tirait des larmes. Et l'an dernier ce sont Les chansons d'amour (2007) de Christophe Honoré qui m'ont fichu un sacré coup au moral, à tel point que je n'ai pas encore osé le re-regarder (il faudrait pourtant). Cela vient peut-être du fait que je m'attendais à un film tantôt léger, tantôt mélancolique sur des relations amoureuses compliquées et que je me suis retrouvée en face d'une oeuvre sur le deuil...


14- des films dont vous avez aimé un personnage en particulier :

Plein! Des femmes, des hommes, des enfants, des créatures, des animaux... Dans le désordre le plus complet: Captain Sidney Rhumstone dans Murder Ahoy (Miss Marple), un rôle et une interprétation de pur génie; Alexander dans Murder, She Said (Miss Marple), un régal cet ado malin comme un singe; River dans Serenity (2005) de Joss Whedon, folle, brillante et si gracieuse dans ses scènes de combat; Fio, Gina et les Mamayuto dans Porco Rosso (Kurenai no buta 1992) de Miyazaki, du courage, du style et des grandes-gueules; Kamaji et le Sans-visage dans Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no kamikakushi 2001), pleins de poésie; Nausicaä dans Nausicaä de la vallée du vent (Kaze no tani no Naushika 1984) pour son idéalisme et Totoro dans Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro 1988), Totoro c'est le meilleur et on ne discute pas!!!


15- des films que vous regardez chaque année :

J'associe la plupart des films que je regarde chaque année à une saison particulière. En commençant par l'automne qui nous entoure actuellement une liste non-exhaustive donnerait: Les Miss Marple à cause de son thé, de son tricot, de ses aventures en extérieur armée de sa cape et de ses chapeaux laineux aux formes improbables ne correspondant à aucune mode identifiable sur cette planète, et puis aussi Pompoko (Heisei tanuki gassen ponpoko 1994) d'Isao Takahata avec ses tanukis dodus, gavés entre autres choses de kakis (mais le film marche aussi au printemps puisqu'il suit le rythme des saisons et parle de changement). En hiver c'est Nausicaä de la vallée du vent en raison de son univers assez sombre et en péril, les deux dessins animés d'Astérix quoiqu'un visionnage hors-saison n'est pas rare (c'est comme avec Miss Marple, je peux les regarder 3-4 fois dans l'année sans problème) et surtout, mon film de Noël, Trois noisettes pour Cendrillon: du froid, de la neige, une forêt... parfait. Le printemps est toujours un peu délicat, je ne sais jamais trop de quoi j'ai envie mais disons Tanguy (2001) d'Etienne Chatiliez que va sûrement rejoindre Marie-Antoinette. Quant à l'été alors là c'est l'explosion: The Taste of Tea, Totoro, Omohide poro poro et La Traversée du temps (Toki wo kakeru shôjo 2006) de Mamoru Hosoda, ambiance estivale japonaise oblige et Porco Rosso, le plus méditerranéen des animes. Enfin, hors-saison: In the Mood for Love.


Je tague Magda, notre cinéphile/cinéaste préférée, afin qu'elle nous fasse découvrir plein de belles choses :-).

*Ceci est une réplique fameuse du Captain Rhumstone dans Murder Ahoy!.





Der Anime Marathon, von dem ich hier erzählt hatte, fängt morgen an. Ich bin schon ganz aufgeregt und freue mich riesig drauf, vor allem weil ich dieses Jahr die Planung der Yaoi-Nacht (aka Schnuffinacht) und den damit einhergehenden Workshop übernommen habe. Ich gehe jetzt meinen Vortrag weiter vorbereiten und wünsche euch allen ein schönes Wochenende :-).

L'Anime Marathon, dont je vous avais déjà parlé ici, commence demain. Je suis déjà tout excitée et super contente d'y aller, surtout que, cette année, je me suis chargée de la programmation de la Nuit Yaoi ainsi que de l'atelier consacré à ce genre. Il faut d'ailleurs que je retourne continuer à préparer mon exposé sur ce sujet qui me tient tellement à coeur. Je vous souhaite à tous un bon week-end :-).



Mon Arbre à Totoros

Saturday, December 29. 2007


La reine Magda, grande débrouillarde kultivée et ingénieuse devant l'éternel, l'a souhaité alors je m'exécute sans plus tarder (je n'avais pas d'appareil photo numérique sous la main, d'où la publication post-Noël ;-)) : Voici une photo de notre sapin décoré – à peu de frais – façon Totoro.





Vous reconnaîtrez, je pense, les Totoros et les noiraudes en carton dont j'avais expliqué le mode de fabrication ici. Les petits bonshommes blancs sont des sylvains (kodama en japonais), personnages tirés d'un autre film de Hayao Miyazaki, Princesse Mononoke (Mononoke Hime en japonais), découpés également dans du carton (yeux et bouches dessinés au feutre noir) et les pommes sont découpées dans du papier cadeau et collées sur du carton. Les décorations restantes sont en pâte à sel de couleur, certaines juste avec des détails au stylo argenté et quelques paillettes, d'autres représentant des Totoros et des sylvains.

Vous remarquerez sans doute aussi que le Père Noël a eu, cette année (encore), une grosse tendance littéraire (quand même 2 DVDs dans le lot, histoire de simuler une certaine normalité ;-)). Il s'est en tout cas largement laissé inspirer par vos blogs, ce qui est, ma foi, une excellente chose :-D.



Totoro festif

Thursday, December 6. 2007


Aujourd'hui c'est la Saint Nicolas, fête qui dans nos contrées (Allemagne) fait office d'avant-goût de Noël (on dépose des sucreries sur le bureau des collègues et des petits cadeaux dans les chaussures de sa maisonnée ...) et donc moment rêvé pour vous présenter mes décorations de Noël Totoro. Si ce nom nous vous dit rien, je vous conseille d'aller lire la fiche de ce merveilleux animé de Hayao Miyazaki – garanti sans sexe ni violence et destiné aux enfants comme aux adultes – sur Buta Connection. Les décorations classiques m'ennuient en général à mourir et peuvent revenir très cher, d'où l'envie de créer une alternative plus personnalisée et mettant en scène une de mes créatures préférées. Ça donne ceci :







Pour voir toute la collection en grand format, c'est par ici.

J'ai malheureusement égaré les patrons de ces décorations donc je ne peux que vous montrer le résultat et vous expliquer succinctement la marche à suivre si vous désirez fabriquer vos propres „boules“ Totoro.

Matériel :

du papier à dessin blanc (par ex. 90 gr)
un crayon de papier + une gomme
un feutre noir très fin
une paire de bons ciseaux + si possible, une paire de petits ciseaux pour les finitions et les angles difficiles
un cutter
de la colle forte toutes surfaces en tube
du carton à photo (c'est comme du canson mais en plus épais ; ce vend en général en grandes feuilles à l'unité) gris, blanc, noir et de diverses couleurs au choix
du fil argenté
du ruban rouge assez fin

Pour les grands Totoros :

- Dessinez le patron du Totoro au crayon sur le papier à dessin avec tous les détails (pour vous donner un point de repère).
- Découpez-le, appliquez-le sur le carton gris et tracez-en le contour au crayon de papier. Faites-en autant que vous voulez.
- Une fois tous les contours tracés, vous pouvez découper le ventre du patron et le recopier de la même façon que le contour du Totoro sur le carton blanc.
- Découpez ensuite les Totoros et les ventres en carton.
- Pour les détails de la poitrine (les taches grises vaguement en forme de boomerang) et les yeux pas besoin de patron, vous pouvez les dessiner à même le carton (gris pour la poitrine, blanc pour les yeux).
- Avant de découper les yeux (travail minutieux, à exécuter au calme ;-)), dessinez les pupilles au feutre noir.
- Découpez les boomerangs (ou triangles).
- Collez ensuite le ventre sur le corps du Totoro (en prenant le patron comme point de repère pour bien le centrer), puis les yeux et les détails de la poitrine.
- Dessinez un nez, des moustaches et une bouche (un petit trait suffit) au Totoro au feutre noir.
- Noircissez-lui les griffes et tracez le contour intérieur des bras au feutre (pour les démarquer du ventre).
- Si vous décidez de fabriquer des accessoires pour votre Totoro (bonnet, écharpe ...), faites, si nécessaire, d'abord un patron que vous reportez sur le carton de votre choix, puis découpez et collez en dernier sur le Totoro.
- Découpez et perforez au cutter à une des extrémités une languette de carton blanc que vous collerez ensuite dans le dos du Totoro, entre ses oreilles.
- Passez un bout de fil argenté à travers le trou de la languette pour faire une accroche.
Votre Totoro peut maintenant aller se promener sur les branches de votre sapin :-D.

Pour les petits Totoros :

- Dessinez le patron du Totoro au crayon sur le papier à dessin.
- Appliquez-le sur du carton de couleur et tracez-en le contour au crayon de papier. Faites-en autant que vous voulez.
- Dessinez les yeux sur du carton blanc, ajoutez-y les pupilles au feutre noir et découpez-les.
- Collez les yeux sur les petits Totoros et noircissez-leur les griffes au feutre noir.
- Découpez et perforez au cutter à une des extrémités une languette de carton blanc que vous collerez ensuite dans le dos du Totoro, entre ses oreilles.
- Passez un bout de fil argenté à travers le trou de la languette pour faire une accroche.

Pour les noiraudes :

- Dessinez des cercles un peu applatis directement sur du carton noir et découpez-les.
- Faites-leur ensuite des franges aux ciseaux.
- Dessinez des yeux vaguement en forme d'oeuf sur du carton blanc, ajoutez-y les pupilles (NB : les noireaudes louchent un peu donc les pupilles ne doivent pas être complètement centrées) au feutre noir et découpez-les.
- Collez les yeux au centre des noiraudes.
- Découpez et perforez au cutter à une des extrémités une languette de carton noir que vous collerez ensuite dans le dos des noiraudes, entre leurs yeux.
- Passez un bout de ruban rouge à travers le trou de la languette pour faire une accroche.
- „Ébouriffez“ les franges en les pliant légèrement vers vers l'avant et vers l'arrière.
Il ne vous reste plus qu'à leur faire hanter votre sapin :-).

Faites-moi signe si vous réalisez des „boules“ Totoro et en publiez des photos sur vos blogs respectifs ; j'aimerais beaucoup voir le résultat :-).





RIESEN FREU!!!! Seit ein paar Tagen steht der Termin für die 10. Ausgabe des Anime Marathons fest: Er wird vom 9. bis zum 11. Mai 2008 in Burgstädt bei Chemnitz stattfinden (weitere Details über Location, Preis usw. findet ihr auf der Seite des Marathons).
Aber was ist überhaupt der Anime Marathon? Der Marathon ist eine Convention, auf der rund um die Uhr (oder fast) und in mehreren Räumen parallel jede Menge Animes gezeigt wird. Das Programm erfährt man erst vor Ort, so dass die Veranstaltung immer eine Überraschung ist. Zusätzlich zu den Animes selbst gibt es auch eine sehr gut bestückte Manga-Bibliothek, Shows, einen Cosplay-Wettbewerb, eine Auktion, einen Bring & Buy, Workshops, Händler... und vor allem eine äußerst nette, rote T-Shirts tragende Helfertruppe, zu der ich mich seit meinem ersten Marathon (2004 in Brehna bei Leipzig) zählen darf, nämlich die Ameisen!
Der Marathon steht für tolle Stimmung, viel japanischen Wahnsinn, wenig Schlaf und riesen Spaß!
Was könnte man sich sonst mehr wünschen?
Macht einfach mit, es ist genial!

Ich gehe mich jetzt unter Bücher begraben und Hausarbeit schreiben. Ich werde vermutlich erst Anfang Oktober wieder in der Lage sein, etwas hier zu veröffentlichen und es wird demnächst ab und zu Störungen wegen Wartung des Servers (der zickt im Moment ein bisschen rum und muss wieder heil gemacht werden) geben.
Ich wünsche euch ein schönes Wochenende. Bis dann.

A votre tour maintenant, chers lecteurs francophones! Comme je viens de l'annoncer à mon lectorat allemand, nous avons malheureusement quelques petits soucis avec notre serveur en ce moment et le blog risque, dans les prochains jours, d'être, par intermittence, aux abonnés absents. Étant donné que je dois rendre un mémoire de 15-20 pages fin de semaine prochaine et que je vais devoir mettre les bouchées doubles pour pouvoir y arriver, ces ennuis techniques m'arrangeraient presque... Je n'ai, en effet, rien le temps de lire en ce moment et donc rien à vous raconter :-(.

Enfin si, juste ce que je viens d'écrire en allemand : L'Anime Marathon, la convention de dessins animés japonais à laquelle mon geek préféré et moi participons tous les ans, aura lieu pour sa 10e édition du 9 au 11 mai 2008 à Burgstädt près de Chemnitz. Week-end (lointain, certes) de folie en perspective : projection d'animes jour et nuit, concours de cosplay, énorme bibliothèque entièrement consacrée aux mangas, etc. Et, pour nous qui y participons activement en tant que bénévoles, un beau t-shirt rouge, un gros manque de sommeil et le droit de se faire appeler fourmis tout le week-end (nom donné aux bénévoles et aux organisateurs à cause de l'acronyme de l'association qui organise le marathon: Anime no Tomodachi = AnT = fourmi en anglais). De quoi combler mon coeur de fan d'animes et de mangas, quoi :-D.

* et, dans le cas présent, de l'anime!

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