Enivrante délicatesse

Mardi, 28 août 2007


Tessons roses
Ornela Vorpsi
traduit de l'italien par Yann Apperry
Actes Sud, 2007
(éd. orig. 2006)
46 p.

Minuscule ouvrage que Tessons roses d'Ornela Vorpsi, mais quel joyau! Derrière une couverture aux tons nacrés gris-rose (photo de l'auteure, également photographe) se cache une quarantaine de pages de pur délice (texte et photos). Une jeune fille de 17 ans, décédée „par hasard“, nous offre 7 fragments de sa courte existence. Elle revient sur ses premières amours, ses sensations, nous livre ses réflexions sur la vie, la mort et le plaisir. Cela pourrait paraître peu mais il n'en est rien tant la langue est exquise (bravo et merci au traducteur, Yann Apperry, pour ce magnifique travail). Les phrases sont courtes et rythmées, le style est simple et raffiné à la fois, poétique. Ornela Vorpsi crée une ambiance avec trois fois rien, nous émerveille et nous enchante en quelques mots. Son propos est à la fois cru et fin, son ton toujours juste.

Elle maîtrise parfaitement la forme du fragment et révèle ici (site de la Villa Kujoyama au Japon. Cliquez sur "résidents", puis "anciens résidents", puis cherchez "Ornela Vorpsi" dans la liste) avoir une prédilection pour les formes courtes, prenant comme modèle la littérature japonaise (elle admire notamment beaucoup Mishima). Il n'est donc sans doute pas absurde de la comparer à Yoko Ogawa, les deux flirtant sans cesse avec le malaise, explorant les liens qui unissent plaisir et douleur. Tessons roses me fait également penser à Feux de Marguerite Yourcenar, tout comme Buvez du cacao Van Houten! (quel titre :), recueil de nouvelles d'Ornela Vorpsi) avait quelque chose des Nouvelles orientales.

Vert venin et Le pays où l'on ne meurt jamais, deux autres de ses livres parus chez Actes Sud, attendent sagement dans ma bibliothèque. Un jour je les dégusterai, c'est sûr, mais pas tout de suite. Je préfère prendre mon temps.


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