Es ist soweit.../Ça y est... (II)

Jeudi, 12 août 2010


Die neue Missy kommt Montag raus! Zu dieser Ausgabe habe ich zwei Texte beigetragen: einen Artikel über Yoko Tsuno für die Reihe der „Lieblingsstreberinnen“ und den Literatur-Aufmacher über Sara Stridsbergs endlich auf deutsch erscheinenden Roman Traumfabrik, den ich euch wärmstens empfehle. Hervorzuheben sind auch das neue, knalligere Layout der Zeitschrift und der lange Artikel über die neue weibliche erotische Literatur, den ich euch nur ans Herz legen kann ;-).



La Missy nouvelle paraît lundi ! J'ai signé deux textes pour ce numéro : un article sur Yoko Tsuno pour la rubrique „Lieblingsstreberinnen“ (comprenez les „têtes“ ou „cerveaux“ préféré(e)s) et une critique/présentation du roman de Sara Stridsberg, La faculté des rêves, qui paraît enfin en allemand et que je vous recommande toujours autant. Notez également que la revue a un nouveau look plus audacieux et contient un long article sur la nouvelle littérature érotique féminine dont je ne peux que vous conseiller la lecture ;-) (oui, c'est en allemand, ça peut poser problème à certain(e)s, je sais).


Typhon en culottes courtes

Mercredi, 16 juin 2010


L'écume de l'aube
Roger Leloup
Duculot 1991
279 p.

L'écume de l'aube est certainement l'un des romans que j'ai le plus souvent relus. Ayant récemment rédigé un article (à paraître en août) sur Yoko Tsuno, mon héroïne de BD préférée, j'ai eu envie de me replonger dans le récit de sa jeunesse. Yoko naît et grandit sur l'île du Songe, île japonaise imaginaire. Fille unique et turbulente d'un géophysicien et d'une femme au foyer, elle chamboule la vie de sa famille le jour de son cinquième anniversaire où elle s'introduit dans le pavillon situé au fond du jardin. Son grand-père, ancien ostréiculteur ayant fait faillite pour avoir poursuivi en vain son rêve de créer une perle transparente, y vit en reclus, entouré d'aquariums. Depuis la mort de sa femme qu'il se reproche d'avoir tant négligée parce que trop occupé à courir après son rêve, Onoue Tsuno est brouillé avec ses enfants et n'a jamais daigné faire la connaissance de sa petite-fille. Mais lorsqu'il découvre Yoko, pleine de joie de vivre et fascinée par ses aquariums, il tombe rapidement sous son charme et se réintègre peu à peu à la vie de famille. Au fil des années, la complicité de la petite fille avec son grand-père et Aoki*, le kamikaze devenu moine bouddhiste qu'Onoue sauva pendant la guerre, grandit. Et puis un jour, sans trop savoir ce qu'elle demande là, Yoko persuade son grand-père de retenter la réalisation d'une perle transparente, l'écume de l'aube, qui l'amènera, presqu'adulte, à vivre sa première aventure hors du Japon.

Casterman 2000

Il est assez rare que les héros de bande dessinée vivent aussi des aventures sous forme de roman ; le seul autre exemple qui me vienne à l'esprit, du moins en BD européenne, c'est Hugo Pratt avec Corto Maltese (La Ballade de la mer salée) et Cour des mystères (Corto en Sibérie). Je n'irai certes pas prétendre que L'écume de l'aube est un chef-d'œuvre de style – il souffre en effet de quelques métaphores éculées et de répétitions. Il n'en reste cependant pas moins que c'est un récit très efficace, agréable à lire et, comme toujours avec Yoko et Roger Leloup, très humain. Yoko n'est pas une enfant modèle. Sa jeunesse est parsemée de grands secrets et de petits mensonges, de contradictions et de colères et ses joies, ses peines, son premier amour et son désir d'aventure et d'inconnu ne manquent jamais de me toucher, même après plusieurs relectures. Est-ce parce que je connais sur le bout des doigts l'univers de cette héroine ou parce que ses aventures m'accompagnent depuis l'enfance que ce roman d'apprentissage me parle autant ? Les deux sans doute. Et je n'en suis sûrement pas à ma dernière relecture. À noter que le roman est illustré de superbes crayonnés de l'auteur.

*Aoki apparaît aussi dans l'album La fille du vent de 1979, l'un des meilleurs (et des plus tristes) de la série.

L'écume de l'aube fut publié pour la première fois chez Duculot (1991). Cette édition est épuisée depuis longtemps mais Casterman en a sorti un version cartonnée en grand format toujours disponible.

L'avis de Bladelor.



„Kaboum !“ a dit le volcan...

Samedi, 17 avril 2010


Puisque l'Eyjafjallajökull nous empêche Mo, Fashion, Karine, Caroline, Stéphanie et moi de nous retrouver à Berlin pour un week-end de folie hautement culturelle, j'ai trouvé qu'une petite bibliographie volcanique était de rigueur. Et la liste est ouverte aux suggestions donc n'hésitez pas à en faire ;-) :

Romans:

Edward Bulwer-Lytton The Last Days of Pompeii (1834)
Shusaku Endô Kazan (Volcano) (1960)
Robert Harris Pompeii (2003)
Malcolm Lowry Under the Volcano (1947)
Maja Lundgren Pompeji (2001), disponible en français chez Actes Sud
Susan Sontag The Volcano Lover (1992)
Jules Verne Voyage au centre de la terre (1864/1867), Le Volcan d'or (1899)


BD:

Hergé Vol 714 pour Sydney (Les Aventures de Tintin et Milou t. 22)
Roger Leloup La Forge de Vulcain (Yoko Tsuno t. 3), Le Matin du monde (Yoko Tsuno t. 17)
Hugo Pratt (Corto Maltese t. 12)


De tout cela j'ai lu le Tintin, bien sûr, les deux Yoko Tsuno (Le Matin du monde est l'un des meilleurs albums de la série), le Corto Maltese (très onirique !) ainsi que le roman de Maja Lundgren, dans lequel on apprend que le Vésuve et le Krakatoa ont un jour été amants et que les tigres peuvent communiquer avec les volcans...

Update : Et une addition hautement scientifique et en images proposée par Caroline :-) :



Minéralogie des volcans, ou Description de toutes les substances produites ou rejetées par les feux souterrains. Par M. Faujas de Saint-Fond. Paris, 1784. Ce texte est même disponible en ligne ici.




Papa ?! Sancho ?*

Samedi, 6 février 2010

Le Territoire des Ombres
Lemaire/Vannara
Glénat Québec
2009
48p.


Quand un blogueur BD/graphisme dont vous appréciez le style et l'univers arrive enfin à concrétiser ses projets et publie une BD, les attentes et le suspense sont grands. Je ne parle pas ici des volumes reprenant les meilleurs dessins d'un blog, dont le contenu recelle donc en général peu de surprises pour le visiteur régulier, mais de ceux dont le dessinateur n'a dévoilé que quelques planches et peu d'éléments de l'intrigue. C'est ainsi que j'ai constaté avec joie que le premier volume des Voyages Extraordinaires d'Ambroise Kurilian, Le Territoire des Ombres 1, de Vannara et Lemaire était sorti. Je l'avoue, je n'avais plus visité le blog de Vannara depuis un moment – ben oui, ça arrive, les aléas du blogocomportement, quoi –, et ai donc un petit train de retard, mais cela n'a pas d'importance.

En 1869, l'ethnologue aux thèses quelque peu farfelues Léo Kurilian disparaît dans la forêt vierge du Gato Grosso – tous les personnages sont des chats, d'où le nom de cette province – lors d'une expédition à la recherche du dangereux et mystérieux Territoire des Ombres. Quinze jours plus tard arrive au Gato Grosso le propre fils de l'ethnologue, le journaliste froussard Ambroise Kurilian, que son journal a forcé à aller faire un reportage sur la disparition de son père. Accompagné par l'intrépide photographe Gabrienne et les collaborateurs de son père, Antonin et Archibald, Ambroise se retrouve bien malgré lui aux prises avec la jungle et ses habitants rampants, volants ou luminescents ainsi qu'avec une certaine Gloria Munchkind, la femme la plus riche du monde et qui entend bien le rester...

Voilà une bande dessinée d'aventure grand public des plus classiques qu'un scénario et des personnages convenus et prévisibles rendent sympathique mais certainement pas inoubliable. Evidemment, il ne s'agit là que du premier tome de la première aventure d'Ambroise Kurilian donc mon avis est encore susceptible d'évoluer avec le second (qui n'existe pas encore), mais, lisant plutôt lentement, si je mets à peine une heure pour lire une BD de 48 pages comme ce fut le cas ici, c'est mauvais signe – en comparaison, un album d'Astérix ou de Yoko Tsuno, pourtant de la même longueur, me demande plus de temps, même en relecture. Le dessin cependant, élément qui m'avait au départ donné envie de lire Le Territoire des Ombres, est tout à fait à la hauteur de mes espérances, les aquarelles de Vannara convenant aussi bien aux scènes d'action – la lutte contre un alligator, la chute d'un rocher sur la troupe d'aventuriers... – qu'aux séquences plus atmosphériques. A noter qu'il s'est amusé à dissimuler ci et là des détails incongrus, d'où parfois la dimension très poétique de ses planches. J'ai bien entendu aussi beaucoup apprécié le clin d'oeil graphique aux films du Studio Ghibli avec leurs machines volantes plus improbables les unes que les autres – un chat-dirigeable rappelant fortement le Nekobus de Totoro et l'espèce de marmite volante de Léo Kurilian qui semble tout droit sortie de Nausicaä. A noter enfin la référence à Don Quichotte dont j'espère qu'elle sera encore exploitée dans le reste de la série.

Si je devais résumer l'impression que m'a fait ce premier tome en un mot je dirais simplement qu'il est trop lisse. A du charme mais ne casse pas des briques. Peut-être ne suis-je pas du tout le public visé ? Peut-être ai-je aussi tendance, en raison de ma relecture approfondie de Sandman du moment, entrecoupée d'incursions dans l'univers de Corto Maltese, à mettre la barre très haut en matière de scénario et de qualité littéraire ? Ou peut-être pas. Peut-être est-ce de l'impatience de ma part ? Il n'en reste pas moins qu'il est rare que j'aie aussi peu de choses à dire d'un livre et ce avec aussi peu de passion... c'est dommage.

Le Territoire des Ombres de Vannara et Lemaire est publié chez Glénat Québec.

P.S.: Je viens de tomber sur une note du scénariste, Thierry Lemaire, indiquant clairement que la tranche d'âge des 9-12 ans constitue le public cible de cette BD. Ceci explique donc cela.

* Ce dialogue-là était bien drôle, il est vrai (cf. p. 42).




La Vallée des Merveilles, t.1 - Chasseur-cueilleur
Joann Sfar
Dargaud, 2006
90 p. (+ 15 de notes)

Allez, le premier pas est toujours le plus difficile à faire, ensuite ça devrait aller mieux. Enfin j'espère. Vous l'avez remarqué, chers lecteurs, janvier fut assez calme sur ce blog et février ne s'annonce pas franchement plus vivant (moi qui ai pourtant une tendance à abuser de l'hyperbole, j'ai décidé de faire plutôt dans l'euphémisme aujourd'hui). La raison de cette désertion temporaire est d'une banalité consternante : surcharge d'emploi du temps, phénomème aussi connu sous le nom de „trop de trucs à faire“ et régulièrement accompagné de la question désespérée „Quelqu'un peut appuyer sur le bouton pause, svp, je n'arrive pas à l'atteindre ?“. L'équation qui me préoccupe en ce moment : stage en Suède (non rémunéré) en mars coûte cher = nécessité de gagner plus d'argent maintenant = nécessité de travailler plus = moins (voire plus du tout) de temps pour lire et écrire. D'ailleurs, si aujourd'hui j'écris, c'est seulement parce que j'ai dû annuler un cours faute de participants – chouette, du temps libre en plus/merde, de l'argent en moins ! Enfin bref, avec tout ça j'ai cassé mon beau rythme d'écriture et ça, ça m'énerve, ça me gonfle et ça m'horripile (j'ai dit que je faisais dans l'euphémisme aujourd'hui ? Oubliez ça, maintenant mon truc, c'est la gradation) ! En effet, le rythme d'écriture d'une Niessu est un petit animal très sensible et susceptible, qui se déglingue et se vexe facilement pour ensuite bouder dans son coin, tout souffreteux, pendant des éternités. Et là, ça fait depuis fin janvier qu'il pique une grosse colère et que je me prends des coups de griffes à chaque tentative d'aller le caresser et le soigner. Résultat : un tas de billets agonisant dans ma tête à force d'attendre que monsieur le rythme d'écriture revienne à la raison + les quelques cadavres sur mon disque dur de ceux que les sautes d'humeur de cette petite bête capricieuse ont déjà trop malmenés.

Après cet intermède aussi inintéressant que narcissique, venons-en à la critique du jour : Chasseur-Cueilleur (La Vallée des Merveilles, t. 1) de Joann Sfar. Comme vous le savez déjà, je lis beaucoup de mangas et n'ai donc absolument rien contre l'association dessin+texte. Je dois cependant avouer, et ce à ma grande honte de Française ayant résidée plusieurs années à Bruxelles, que, sortie de Yoko Tsuno (ma série culte, je le dis, redis, persiste et signe) et, dans une moindre mesure, Tintin, Gaston, Astérix, Yakari et Fraise et Chocolat, mes connaissances en matière de bande dessinée franco-belge laissent franchement à désirer. J'ai donc décidé, il y a quelques temps déjà, de m'aventurer, prudemment, sur cette terra presque incognita et de découvrir de nouveaux auteurs.

Chasseur-cueilleur raconte les aventures de deux compères hommes préhistoriques, Pot De Miel (le narrateur) et Grand Nez Qui Déniche ; l'un vit avec sa femme Nuit Des Câlins, sa fille Esprit Des Anciens et son fils Tigre dans une caverne au bord de l'eau, l'autre avec sa femme Biche Vanille et son fils Tigre (non, non, ce n'est pas une erreur de ma part, les deux gamins portent bien le même nom) dans un arbre au coeur de la forêt. L'histoire relatée ici est très simple : Pot De Miel, poussé par sa femme qui en a marre de ne manger tous les jours que du poisson pêché aux abords de leur grotte, part à la chasse avec son copain Grand Nez Qui Déniche et nous suivons alors leurs tribulations à travers un monde un poil surréaliste (et truffé d'anachronismes volontaires, comme dans Astérix, quoi) peuplé de dinosaures, de monstres parlants, de prophètes alarmistes, de civilisés aux moeurs sanglantes (fortement inspirés par les peuples précolombiens, ce qui me donne envie de re-regrader pour la énième fois Les mystérieuses Cités d'or), de créatures marines aux intentions douteuses, d'énèrgumènes bagarreurs, d'agriculteurs en herbe... Au-delà de la succession de péripéties et de rencontres, cette chasse est aussi l'occasion pour les deux amis d'une discussion „entre copains“ et d'une réflexion sur la vie (de couple, entre autres), la religion, la civilisation...

Cette Vallée des Merveilles est certes haute en couleur et les personnages principaux sont loin d'être antipathiques avec leur parler franc et décomplexé mais cette BD ne m'a pas complètement convaincue. L'ensemble est sympathique, rigolo parfois, mais pas hilarant. Si Joann Sfar puise ici sans vergogne son inspiration (et il aurait bien tort de s'en priver ;-)) dans le même genre de fantasmagories enfantines (avec en prime une nette influence des films d'arts martiaux) que Bill Watterson dans Calvin & Hobbes (que j'adore) – je pense principalement aux aventures de Spaceman Spiff ainsi qu'aux passages mettant en scène le Calvinosaure –, j'ai trouvé son humour beaucoup plus plat (mais alors vraiment beaucoup, beaucoup plus plat), avec un peu trop de „les femmes sont comme ci, les hommes sont comme ça“. Mais d'après les critiques de ses oeuvres que j'ai déjà pues lire ici ou là, j'ai peut-être tout simplement sélectionné le mauvais opus – qui, somme toute, n'est pas non plus dénué de charme.

J'avais repéré le premier tome de La Vallée des Merveilles sur un blog, mais je ne sais malheureusement plus lequel, et la combinaison du style très approximatif mais cependant expressif de Joann Sfar avec des coloris très vitaminés et une histoire d'hommes préhistoriques à priori bourrée d'anachronismes de circonstance m'avait attirée. Il restera donc pour moi une lecture de samedi ou dimanche après-midi ensoleillé bien agréable mais qui ne casse pas des briques non plus – à la limite, j'ai trouvé les 15 pages de notes manuscrites et illustrées d'aquarelles à la fin du volume plus intéressantes.
Si vous d'autres ouvrages de Joann Sfar plus convaincants à me conseiller, n'hésitez pas, je suis preneuse :-).

La Vallée des Merveilles paraît chez Dargaud.
Le site de Joann Sfar se trouve ici.







Coup de blues ce soir alors je m'en vais relire les aventures de l'électronicienne japonaise qui m'a permis de survivre à l'adolescence et me sert depuis de remède anti-déprime, autrement dit Yoko Tsuno. Si vous ne connaissez pas encore cette BD de Roger Leloup, je vous conseille vivement de vous y plonger. C'est un parfait mélange de science-fiction bien tempérée, d'amitié à toute épreuve, une ode à la tolérance et un régal pour les yeux. Yoko est une héroine atypique, entre Europe et Asie, sur Terre ou ailleurs, faible et forte à la fois, ceinture noire d'aikido, capable de piloter un hélico ... mais aussi charmante et fine, polyglotte, forte tête parfois boudeuse et la gentillesse même. À offrir d'urgence à vos filles (et à vos fils aussi pourquoi pas)!

Dupuis publie en ce moment de somptueuses intégrales : 3 albums par volume thématique, un dossier très bien documenté, des crayonnés pleine page, une mise en page dynamique et agréable et une belle reliure. À même pas le prix de deux albums normaux par volume, c'est vraiment donné!

Image trouvée sur le site officiel des Éditions Dupuis consacré à Yoko Tsuno.

L'Europe des Vikings
Collectif
Abbaye de Daoulas
Hoëbeke,
2004
192 p.
Astérix et les Normands
Goscinny et Uderzo
Hachette, 1999
(éd. orig. 1967)

Comme je l'ai expliqué à Lou il y a peu, Nieputtcitron! est en quelque sorte mon cri de guerre. „Et pourquoi pousse-t-elle donc son cri précisément maintenant?“, vous demanderez-vous? Eh bien, parce qu'hier j'ai enfin fini et envoyé par mail le mémoire de 20 pages sur lequel je planchais depuis début septembre en marge de mes jobs étudiants et qui ne me laissait absolument plus le temps de lire. Le sujet, La médicalisation de la naissance et de l'obstétrique à la fin du 18e et au début du 19e siècle (pour un cours d'ethnologie européenne, comprenez histoire culturelle), en était très intéressant mais aussi très dérangeant et l'écriture de ce travail s'est révélée franchement épuisante.

Donc voilà, comme ici la fac ne reprend que toute fin octobre voire début novembre selon les cours, je vais à nouveau avoir le temps de lire et compte bien aller dévaliser la librairie demain. Je dois, certes, travailler et j'ai aussi un ou deux projets en cours, dont je vous reparlerai peut-être en temps voulu ;), mais octobre s'annonce tout de même plus livresque que septembre.

Pour ouvrir le bal hier et surtout pour décompresser, j'ai lu Astérix et les Normands. Je présume qu'il est inutile de faire la critique approfondie ou même le résumé d'un tel classique, que vous avez probablement tous lu. Je ne suis pas une inconditionnelle d'Astérix (ma loyauté à toute épreuve en matière de classiques de la bd franco-belge appartient à une certaine jeune femme aux yeux en amandes :-)), mais cette lecture n'en fut pas moins fort réjouissante, surtout pour une scandinaviste telle que moi. Je trouve tout simplement formidable la façon dont cet album mêle les clichés ou erreurs les plus ineptes et les plus répandus (non, les bateaux des vikings n'ont JAMAIS porté le nom de drakkar, ce mot étant une invention du 19e siècle, mais celui de knörr ou langskip selon le type de bateaux) à certains concepts bien réels comme, par exemple, le désir de connaissance du monde des anciens scandinaves. Les anachronismes, surtout culinaires, sont, quant à eux, un régal!

Comme j'en suis à vous parler de Normands et de Vikings, autant en profiter pour vous conseiller un ouvrage absolument merveilleux, à la fois facile d'accès, de par sa présentation notamment, et fort bien documenté: L'Europe des Vikings sous la direction de Claudine Glot et Michel Le Bris, paru chez Hoëbeke (site internet en cours de réalisation). Il s'agit là du catalogue de l'exposition qui eu lieu du 14 mai au 14 novembre 2004 au Centre culturel de l'Abbaye de Daoulas. Y sont présentés, dans des articles indépendants rédigés par une équipe internationale de chercheurs, tous les aspects du phénomène Viking et de la culture scandinave médiévale ainsi que leur réception et leur récupération par les époques ultérieures. Vous y trouverez donc, entre autres choses, des informations sur la littérature scandinave médiévale, le commerce, les bateaux, les terres, plus ou moins lointaines, visitées par les Vikings, Guillaume le Conquérant, les runes, l'art dragon, le Viking tel qu'il fut fantasmé par le romantisme ou encore sa représentation en peinture, bande dessinée ou au cinéma. Ces textes, tous de très bonne qualité, sont, en outre, magnifiquement illustrés (pratiquement tout est en couleur) et le catalogue est, dans son ensemble, de très belle facture. Avis aux amateurs.


(Page 1 de 1 sur 7 billets au total)