Lady Oscar au Québec
Saturday, August 14. 2010
Joe est donc une petite fille de huit ans – mais elle se fait passer pour plus âgée – particulièrement exaltée et avide d'héroïsme qui vit dans le quartier de Limoilou à Québec avec une mère dont l'autorité ferait pâlir un général, un père que son travail de prof désespère et trois sœurs aux caractères bien différents du sien. A Limoilou fut mis en place dans les années 70 un nouveau système de désinstitutionnalisation des malades mentaux inoffensifs, si bien que Joe compte parmi ses voisins hauts en couleur quelques-uns de ceux qu'elle appelle affectueusement „les fous“. Un jour, le voisinage s'enrichit d'un nouvel arrivant, Roger, un vieil ours bourru aux jurons copieux et invraisemblables, dont Joe deviendra, après quelques réticences, l'amie. La petite et le vieux est le récit de cette amitié et du quotidien, sur plusieurs années, de cette famille et de ce quartier à travers les yeux de Joe. S'il n'y a pas vraiment d'intrigue, il est cependant impossible d'en trouver la lecture ennuyeuse. Entre la justesse des réflexions de Joe – elle est jeune adulte lorsqu'elle revient sur son enfance, ce qui lui permet un certain recul – et de son décorticage du monde, les facéties et scènes de ménage dégénérant en divertissement public des habitants du quartier, les incursions d'Oscar et de la Révolution française dans la vie de tout ce petit monde et les gueulantes de Roger, franchement c'est un feu d'artifice perpétuel. Marie-Renée Lavoie possède un humour phénoménal même et surtout dans la description des scènes les plus tristes. En effet, si j'ai beaucoup ri en lisant La petite et le vieux, j'ai parfois aussi eu le cœur serré. Sincèrement. Et il est d'ailleurs tout à fait remarquable que Marie-Renée Lavoie ait réussi dans ce récit d'enfance, pourtant un exercice casse-gueule à cet égard, à faire passer tant d'émotions sans tomber dans la niaiserie – un peu comme Michel Tremblay dans La Traversée du continent. La petite et le vieux est méchamment bien écrit ! Rien que la façon dont Joe file les métaphores militaires et héroïques et intègre le personnage d'Oscar à son expérience du monde, c'est un régal. Allez, deux petites citations pour finir :
A propos de Lady Oscar :
Et je ne vous parle pas de sa belle épée, de son fourreau doré, de ses bottes à éperons, de son magnifique cheval blanc, de son œil pénétrant et assuré, toujours plein de larmes et de lumière, et du vent, oui, surtout, de tout ce vent qui semait l'apocalypse dans ses cheveux invraisemblablement longs, épais et légers, qui battaient la mesure de la chanson thème : „Lady, Lady Oscar, elle est habillée comme un garçon, Lady, Lady Oscar, personne n'oubliera jamais son nom.“ Pas de grands héros sans bourrasques de vent, dans les dessins animés japonais. Pas de drame sans saccage de mise en plis. Quoi de plus convaincant, d'ailleurs, qu'un cheveu ébouriffé pour évoquer le courage, la force de caractère du guerrier qui résiste aux méchants symbolisés par ce vent qui se démène en vain. Dans l'air immobile, tout ça nous échappe, les Japonais l'ont compris. (p. 9-10)
Autre exemple qui illustrerait parfaitement cette vérité essentielle : Albator.
Un petit aperçu du langage fleuri de Roger (en pleine protestation alors qu'on l'emmène à l'hôpital) :
Surtout pas, mes sacristies de punaises, que je vous pogne pas à y dire un mot sur moé, sinon je vous neille dans le bénitier quand j'vas ressoudre. (p. 146)
Ce „mes sacristies de punaises“ est absolument digne du Capitaine Haddock
J'attends avec impatience le prochain roman de Marie-Renée Lavoie, car franchement je n'ai qu'un seul reproche à faire à son premier opus, celui d'être trop court ! J'en redemande !
La petite et le vieux est paru chez XYZ. Pour se le procurer en France (et en Europe), le plus simple est de passer par la Librairie du Québec à Paris.
Paris Pâté et Gin Bols
Friday, May 14. 2010
Michel Tremblay
Leméac/ Actes Sud
2008
208 p.
Deuxième volume de la Diaspora des Desrosiers de Michel Tremblay et une impression plus mitigée que pour le premier. A la fin de La Traversée du continent, Rhéauna arrivait à Montréal et retrouvait sa mère qui l'attendait avec „une surprise“. Au lieu d'enchaîner directement sur l'installation de la petite fille dans sa nouvelle vie et sa découverte de la métropole, Michel Tremblay a préféré, grand bien lui en a pris, opter dans La Traversée de la ville pour un mélange d'ellipses et de flashbacks. Le roman s'ouvre sur un prélude racontant le départ précipité de Maria – la mère – de Providence dans le Rhode Island pour Montréal, environ un an avant que Rhéauna vienne la rejoindre. Contrairement au voyage de sa fille qui nous avait été conté dans les moindres détails, l'odyssée ferroviaire de Maria à travers la Nouvelle Angleterre est à peine esquissée, reprise furtive du thème du premier volet de la saga. Le reste du roman, intitulé „Deux fugues“, alterne ensuite le récit de l'installation de Maria au Québec, ses retrouvailles avec son frère, Ernest, et ses soeurs, Tititte et Teena, qu'elle n'avait pas revus depuis douze ans, et celui de la tentative désespérée de Rhéauna de quitter Montréal, traversant la ville à pied, moins d'un an après son arrivée.
Mouvements croisés de ces deux générations qui ont tant en commun – la complicité entre les soeurs, l'unique frère en marge de cet univers féminin, les séparations, les rêves et les désillusions –, parler coloré, destins tragiques, secrets trop longtemps gardés et enfin révélés, nous sommes bien chez Michel Tremblay, pas de doute là-dessus. Cependant si la structure narrative m'a convaincue, j'ai trouvé le tout un peu plus fade que dans La Traversée du continent. Ce n'est pas mauvais, loin de là, et ça se lit très bien, mais il manque quelque chose. Peut-être cela est-il tout simplement dû au fait que bien qu'ayant des personnalités très affirmées, les soeurs Desrosiers ne constituent pas un groupe de personnages aussi hétérogène que les tantes et la cousine de Rhéauna dans le volume précédent. Peut-être aussi cela est-il tout simplement dû au fait que La Traversée de la ville est le récit des désillusions et des compromis, ne permettant pas la même flamboyance ni le même optimisme que La Traversée du continent dans lequel régnait une atmosphère d'aventure et de découverte.
Malgré ce bémol je tiens à exprimer mon admiration quant aux révélations sur le mariage de la tante Tititte: enfin quelqu'un, un homme de surcroît, qui ose dire que cela existe! Qui ose dire que parfois la vie se contrefout totalement des stéréotypes et va à l'encontre de ce qui semble être la norme. Et que ça ne sert à rien de le nier. Pour ça je dis : Merci, Michel Tremblay ! Et à vous qui vous demandez quelle mouche me pique, tout à coup, et de quoi je parle, je dis : plongez-vous dans la Diaspora des Desrosiers !
La Traversée de la ville paraît chez Leméac/Actes Sud et le troisième et dernier volet de la saga, La Traversée des sentiments, sortira en France en juin.
L'avis enthousiaste d'In Cold Blog.
Saperlipopette, quel chouette roman !
Friday, January 15. 2010
Michel Tremblay
Leméac/ Actes Sud 2007
288 p.
Après avoir un temps traîné mes guêtres du côté des recueils de nouvelles (voir ici et là, mais je devrais encore publier un billet de cette période-là), j'ai fini par me remettre à la lecture de romans. Je jetai donc, vers la fin de l'automne, mon dévolu sur un polar historique suédois de Carina Burman, type d'ouvrage peu présent dans ma bibliothèque mais auquel il m'arrive parfois de vouloir donner une chance. Infructueuse lubie quelle celle-là ! Lecture interrompue au tiers pour cause de platitude, ennui profond et absence de toute trace de crime ou d'enquête. Mais j'en reparlerai dans un prochain billet, afin de revenir en douceur à l'écriture en suédois – pas de panique, je penserai à faire un billet bilingue. Pour me remettre de ces déboires, je décidai de prendre le large et me rendis donc par voie littéraire au Canada avec La Traversée du continent de Michel Tremblay. Grand bien m'en prit car il s'agit de l'excellent premier tome d'une saga familiale fort prometteuse, La Diaspora des Desrosiers.
La Traversée du continent revient sur l'enfance de Rhéauna dite Nana, l'héroïne de l'un des deux autres grands cycles romanesques de Michel Tremblay, Chroniques du Plateau Mont-Royal (publié entre 1978 et 1997 ; l'autre cycle étant Le gay savoir). L'action se passe en 1913 et Rhéauna vit avec ses soeurs cadettes, Béa et Alice, chez leurs grands-parents, Joséphine et Méo, dans une petite communauté francophone de la Saskatchewan. Bien que vivant séparées de leur mère, Maria, partie travailler dans une usine du Rhode Island, à l'autre bout du continent, et n'ayant pas la possibilité de les élever seule, les trois gamines coulent des jours heureux faits de petites et de grandes découvertes, de légendes et de gourmandise. Jusqu'au jour où Rhéauna apprend que sa mère, entre-temps installée à Montréal, la rappelle à elle et que cela avait été prévu depuis le début même si, bien sûr, autant les enfants que les grands-parents se sont habitués avec les ans à cette vie de famille „temporaire“, la plus jeune des soeurs n'ayant même pas de souvenirs de sa mère et Joséphine et Méo espérant que le jour de la séparation n'arriverait jamais. Mais la réalité étant ce qu'elle est, Rhéauna se retrouve du haut de ses dix ans à traverser les deux-tiers du Canada – seule – en train pour revoir cette mère tant aimée tout en sachant qu'elle quitte ses grands-parents, tant aimés eux aussi, probablement pour toujours. Son voyage de plusieurs jours prend, à travers les trois rêves qui l'entrecoupent et les rencontres fortuites ou non – Rhéauna fait trois escales à Regina, Winnipeg et Ottawa chez ses tantes Régina et Bebette et sa cousine Ti-Lou – qui l'accompagnent, un caractère initiatique certain.
Je suis en général assez prudente avec les récits d'enfance qui courent souvent le risque d'allier banalité du propos à la niaiserie du ton, deux écueils que Michel Tremblay évite cependant soigneusement. En effet, rien que le choc quasi culturel inhérent à la rencontre d'une petite fille élevée dans un milieu rural et modeste – mais pas pauvre – au début du 20e siècle et d'habitants des grandes villes, elles-mêmes si impressionnantes par leur modernité, aux habitudes bien différentes des siennes excluait d'emblée une bonne part de cette banalité tant redoutée de votre chère blogueuse. Et comme Michel Tremblay, en bon romancier qu'il est, a su donner à son récit un véritable souffle romanesque doublé d'une bonne portion d'humour, évitant ainsi également de tomber dans le trop larmoyant, mes craintes se sont bien vite évaporées. Quant à une possible niaiserie dans le ton elle est ici, pour mon plus grand bonheur, totalement absente. Plutôt que de vouloir à tout prix faire raconter à Rhéauna sa propre histoire dans un style pseudo-enfantin, faussement simpliste et absolument insupportable comme le font me semble-t-il de plus en plus d'écrivains mal inspirés, il a fait le choix judicieux d'un récit „classique“ à la troisième personne par un narrateur omniscient lui permettant de rendre sur un mode nuancé et très juste des émotions complexes sur lesquelles Rhéauna n'arrive pas forcément à mettre de mots. Et c'est d'ailleurs dans une langue merveilleuse, haute en couleurs, qu'il nous livre ce texte, exploitant habilement, en homme de théâtre accompli qu'il est également, différents registres de langage et autres particularités syntaxiques et sémantiques selon qu'il s'agit d'un passage narratif – en français standard – ou de dialogues – en joual. Il y a chez lui une sorte de rapport ludique à la langue reflété entre autres par la passion que Nana voue aux mots, surtout aux nouveaux dont elle ne connaît pas la signification mais dont elle ressent instinctivement la connotation et qu'elle se répète plusieurs fois s'ils lui plaisent, juste pour le son. Et comme les variantes du français parlées au Québec et par les communautés francophones du reste du Canada recèlent des mots fascinants, j'ai fait la même chose en lisant, à la différence qu'après une analyse lexico-syntaxique plus ou moins longue je les comprenais effectivement.
Au-delà de simples questions de style, l'écriture de Michel Tremblay est généreuse en ce sens qu'il présente toujours les deux faces, celle publique et celle plus secrète, de ses personnages et des situations dans lesquels il les place. Et quels personnages ! C'est toute une galerie de portraits vivants et attachants bien que pas forcément révolutionnaires qu'il dresse là. Entre ces gamines abordant le monde avec un mélange savoureux d'innocence et d'intuition du réel, principalement Rhéauna, tiraillée entre deux loyautés, la tante Régina acariâtre, la tante Bebette dont les „saperlipopettes“ retentissants feraient pâlir de jalousie toute cantatrice wagnérienne et le Capitaine Haddock, la cousine Ti-Lou devenue fille de joie dans un acte de révolte contre un père tyrannique, cette mère mystérieuse et absente et pourtant présente en filigrane tout au long du récit ou encore ce troublant jeune homme rencontré dans le train, il y en a vraiment pour tous les goûts.
Je vous recommande donc chaudement ce roman dont la suite, La Traversée de la ville, m'attend déjà sagement – en excellente compagnie internationale – au milieu de l'une de mes piles. Et pour le plaisir, voici un extrait fort sympatique au sujet du fameux „saperlipopette“ de la grand-tante Bebette:
„Bebette n'a jamais sacré de sa vie, elle n'en a jamais eu besoin : il suffit qu'elle ouvre la bouche, qu'elle lance son tonitruant SAPERLIPOPETTE pour que tout s'arrête, les gens d'agir et le monde de tourner. Elle le crie avec un tel aplomb, une inflexion de la voix si intense, que jamais un sacre venu du Québec – ni tabarnac, ni câlice, ni sacrament, ni même crisse de câlice de tabarnac de sacrament – ne pourrait l'égaler. C'est un coup de tonnerre qui frappe en plein front et qui vous laisse paralysé et impuissant. Et tremblant de peur.“ (p. 147)
Ahhh, j'adore !
L'avis enthousiaste de Papillon et celui un peu plus réservé de Catherine.
La Traversée du continent est publié chez Leméac/Actes Sud.
Tout vient à point à qui sait attendre, même un Tardis à la dérive
Saturday, December 12. 2009
Mais bon, c'est un détail. L'important après tout, c'est le contenu du paquet que j'ai découvert un grand sourire aux lèvres – Christopher Eccleston n'a qu'à bien se tenir ! – et une expression d'admiration béate et passablement débile sur le visage – mais personne ne m'a vue alors tout va bien

L'objet Torchwood confectionné par Karine est un magnifique sac en toile à l'effigie de notre équipe d'investigation préférée qui sera parfait pour transporter mes livres

En parlant de livres justement, il y en avait cinq ! Et Karine a réussi le tour de force de ne m'offrir que des choses susceptibles de me plaire – qui a déjà essayé de m'offrir des livres sait à quel point c'est une entreprise casse-gueule. Elle a pris en compte tout ce que j'avais indiqué dans le questionnaire, c'est une swappeuse formidable
Comme objet ayant traversé le temps, Karine m'a envoyé un éteignoir à chandelle – avec deux bougies pour m'entraîner –, objet qu'elle associe fortement à des souvenirs d'enfance. C'est donc tout autant un ustensile au charme fou d'une époque révolue qu'une histoire très personnelle qu'elle me confie là: merci beaucoup !
Côté friandises – un sujet encore plus casse-gueule que les livres –, Karine a fort judicieusement opté pour axes principaux: thé, chocolat et sirop d'érable. Autant dire en plein dans le mille ! J'ai goûté le délicieux thé à l'érable dès hier et vais me garder le thé noir aux épices pour Noël et le thé vert aux bleuets (j'adore les myrtilles !), qui sent divinement bon, pour le printemps.
Le chocolat a malheureusement un peu souffert durant le transport même si cela aurait pu être bien pire si l'on considère les péripéties auxquelles le colis a survécu. Les petites cuillères en chocolat – une seule d'entre elles a perdu la tête – sont tellement jolies que j'hésite à les manger. Quant à la mappemonde en chocolat, c'est une idée merveilleuse, même si la plaque asiatico-océanique s'est découvert des tendances séparatistes en cours de route (elle se fera dévorer en premier, et toc

Dernier groupe de friandises au combien canadiennes: les bonbons au sirop d'érable. Il y a les petites feuilles au sirop cristallisé, trop mignonnes dans leurs godets en papier rouge pour être mangées tout de suite, les grains de sirop que j'incorporerai dans un dessert (en déco sur une mousse au chocolat par exemple) et les jolis bonbons ambrés, à sucer très lentement tellement ils sont bons

Je remercie infiniment Karine pour ce so brilliant colis. Ma chère, tu as tapé juste sur toute la ligne
Fabulons, compagnons ! Tout le jour et toute la nuit.
Monday, July 14. 2008
Bonne écoute et bonne nuit.
Let me tell you my story! It is old but dressed in new garnments
Thursday, November 22. 2007
The Myths is an international project involving 39 publishers around the world and reknown authors from many countries. The principle of the project is that every author picks a myth he or she likes or is interested in and re-tells ist in his or her own way. While the first three volumes of the series were published simultaneously by all the 39 publishers, each of them has now established its own particuliar issuing order and frequency.
The books of this series are always a source of literary delight for me and I cannot stop marvelling at the variety of shapes that myths can take when recounted and somehow reinvented by contemporary writers. Myths do appeal to most people, no matter how they are told, because they are universal stories, but this rewriting renders them even more compelling and easier to relate to. Even the one opus I enjoyed least still managed to be interesting and thought-provoking.
Finally, these books are beautiful objects – at least in the export edition from Canongate that I always purchase. The cover design is very original and artistic, the text layout attractive and the paper – nice thick and mild white paper – and print quality both are great.
Here follows a short presentation of each title already published by Canongate:
A Short History of Myth by Karen Armstrong. 2005, 159 p.
First volume of the series. A non-fiction work explaining in a very clear and nice way what a myth is, what its function is, which types of myths there are and how they evolve through time. I enjoyed it very much and really should reread it someday.
The Penelopiad by Margaret Atwood. 2005, 199 p.
In Homer's Odyssey, Penelope lives in her husband's, Odysseus, and her cousin's, Helen, shadow and only plays the part of the faithful wife awaiting her husband's return. Not so here, for Penelop herself is the narrator of the retelling of her story. And her maids, who get killed by Odysseus after he has finally found his way back home, assume the role of the choir, chanting their judgements alongside the main story. Atwood's approach to this myth is deliciously feministic and her words, both powerful and poetic, melt on the tongue, leaving there a bittersweet aftertaste of desillusion.
Weight by Jeanette Winterson. 2005, 151 p.
Winterson's retelling of the myth of Atlas and Heracles is a must read! Alongside Atwood's and Vickers' books I'd say that it is my favourite in this series by now. She manages to write intimistic but still universal prose, mixing together very personal and individual parts and general cultural and scientific references. Her prose as well as the pictures she evokes are overwhelming, which can be cruel and cute at the same time. Her book is imaginative and haunting and its ending scene one of the most beautiful I've ever read.
The Helmet of Horror by Victor Pelevin. Translated from the Russian by Andrew Bromfield. 2006, 274 p.
This, ladies and gentlemen, is a book for literary-inclined geeks! Pelevin has indeed chosen to retell the myth of Theseus and the Minotaur in the form of an internet forum, creating a virtual maze and somehow a new literary form at the cross-section of novel and play – for it is only meant to be read, not to be enacted, but nonetheless doesn't have a narrator – and letting Ariadne create the discussion thread... Lots of nerdy subcultural references here and a very original and challenging read, which I did enjoy but I'm not sure everybody would.
Lion's Honey by David Grossman. Translated from the Hebrew by Stuart Schoffman. 2006, 155 p.
This one is tough and I coudln't enjoy it as much as the others. Don't get me wrong, it was definitely worth buying and reading, but as Grossman recounts and interprets the story of Samson – actually it is more of an essay than anything else – he quotes copiously from The Old Testament and I have big problems with The Bible in general and especially The Old Testament. The Bible is probably the only book I've ever read – in parts only, I will certainly never be able to read the whole of it – that manages to make me sick and to disgust me so strongly and so quickly (one page is all I need to feel bad). It is just so full of hatred and so commanding – I don't like being commanded by anyone and I make no exception in this case either – that I simply can't take it. That said, Lion's Honey is still very interesting and Grossman's analysis of Samson's myth and the parallel he sees between Samson and modern terrorists was extremely thought-provoking. All in all a good if somewhat different opus but flawed for me.
Dream Angus by Alexander McCall Smith. 2006, 173 p.
As the title already gives away, this book retells the myth of Angus, the Irish god of dreams and love. I wasn't familiar at all with this figure so it was a very nice initiation for me. Being a god who will let you see only glimpses of possibilities and thus giving you no real things, Angus is an unpredictable and somewhat unreliable figure. He is known to appear to people when they lower their guard and thus are more receptive – typically when half asleep – and to vanish as suddenly as he came. In McCall Smith's recounting of this story Angus and his influence appear in many forms and the very structure of the text itself, made of different episodes apparently not linked to each other, illustrates his inconstancy. Even if McCall Smith's style didn't appeal to me as much as Atwood's or Winterson's, it was still very nice to read.
Where Three Roads Meet by Salley Vickers. 2007, 197 p.
I've just finished reading this one and, believe me, it's one of the best in this series! Vickers, who has worked as a psychoanalyst, has chosen to rewrite the myth of Oedipus, appointing the seer Tiresias as her narrator and letting him tell his and Oedipus' story to Sigmund Freud himself! I am absolutely no fan of psychoanalysis but this setting is a brilliant idea. Although you know what's going to happen from the start – Freud, extremely weakened and diminished by cancer and terribly afraid of death, will die in the end and Oedipus will kill his father and sleep with his mother no matter what they do to try to prevent it – Vickers manages to write a thrilling story. Her language is subtle and delicate and she spreads hints of humour every now and then, lightening this tragic tale with a playful approach of Freud's methods and obsessions – Tiresias simply rocks as Freud's last patient! Philip Pullman said about Salley Vickers that „She's a presence worth cherishing in the ranks of modern novelists“ (quoted from the bookcover). I couldn't agree more
Binu and The Great Wall by Su Tong. Translated from the Chinese by Howard Goldblatt. 2007, 291 p.
Still to be read by your favourite book-nymph
Girl meets Boy by Ali Smith. 2007, 164 p.
Soon to be read too. Retells the myth of Iphis.
En France la série des Mythes est publiée chez Flammarion. Titres parus à ce jour: Karen Armstrong Une brève histoire des mythes, Margaret Atwood L'odyssée de Pénélope et Viktor Pelevine Minotaure.com.
In Deutschland erscheint die Mythenreihe beim Berlin Verlag (gebundene Ausgabe) und dtv (Taschenbücher). Schon erhältlich sind: Karen Armstrong Eine kurze Geschichte des Mythos, Margaret Atwood Die Penelopiade, Jeanette Winterson Die Last der Welt, Viktor Pelewin Der Schreckenshelm, David Grossman Löwenhonig, Alexander McCall Smith Der Gott der Träume, Ali Smith Girl meets boy, Su Tong Die Tränenfrau, Olga Tokarczuk AnnaIn in den Katakomben und Drago Jancar Der Wandler der Welt.
I Sverige publiceras Mytserien av Albert Bonniers förlagen. Följande titlar finns redan: Karen Armstrong Myternas historia, Margaret Atwood Penelopiaden, Jeanette Winterson Tyngd, David Grossman Lejonhonung, Alexander McCall Smith Drömguden och Klas Östergren Orkanpartyt.






