Look at it. Will you look at it!*

Vendredi, 13 novembre 2009


Grâce à l'immense générosité de Fashion (hein? Quoi? Comment ça je lui ai forcé la main dans les commentaires pfff ;-)), vous allez donc en apprendre plus sur les repères cinématographiques de la niessu bloggica. Je vous préviens – si, si je suis gentille –, ça va faire mal. Et puisque j'ai de toute façon la réputation de modifier les tags comme bon me semble, autant lui faire honneur: je ne compte pas me contenter d'un seul film par question. Au diable l'avarice! Et puis j'ai bien envie de profiter de ce tag pour attirer votre attention sur l'un ou l'autre film, daube ou chef-d'oeuvre, moins connu (du public français) ou oublié. On ne se refait décidément pas.


1- des films que vous regardiez étant jeune et qui vous remplissent de souvenirs :
Au rayon des dessins animés de référence (autres que les classiques de chez Walt Disney, en gros jusqu'à Rox et Rouky, auxquels je n'ai pas échappé) je citerai d'une part Les douze travaux d'Astérix (1976) et Astérix et Cléopâtre (1968), tous deux de sublimes réservoirs à phrases/scènes culte – „Tu es un sanglier, tu es un sanglier“ ou encore cette innocente petite chanson – que je regarde encore régulièrement et dont les dialogues souvent récités à table avec beaucoup de conviction – et de fous-rires – avec mes frères n'ont jamais manqué de rendre dingues nos chers parents.

D'autre part, dans un registre cette fois plus poétique, il convient de mentionner Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault dont l'ambiance et l'esthétique m'ont durablement marquée, La Rose de Bagdad (La Rosa di Bagdad 1949), un classique de l'animation italienne d'Anton Gino Domenighini, ainsi que des chefs-d'oeuvre de l'animation russe des studios Soyuzmultfilm tous plus beaux les uns que les autres tels que Zolotaya antilopa (L'antilope d'or 1954), Snegurochka (La fille des neiges 1952, tiré de l'opéra de Rimsky-Korsakov), Snezhnaya koroleva (La reine des neiges 1957, adapté d'Andersen) ou encore La princesse grenouille (ЦАРЕВНА-ЛЯГУШКА 1954). Et puis aussi Le Mystère de la troisième planète (Tayna tretyey planety 1981), un dessin animé de science-fiction pour le moins étrange... Et afin de regagner des territoires plus familiers – point trop ne faut d'exotisme – citons encore les longs-métrages animés de Tintin des studios Belvision, soit Tintin et le temple du soleil (1969), que j'adore, et Tintin et le Lac aux requins (1972) avec sa scène mémorable des clubs et balles de golf du Capitaine Haddock à l'aéroport... sans oublier bien sûr les deux films kitchissimes avec acteurs en chair et en os: Tintin et le Mystère de la Toison d'or (1961) de Jean-Jacques Vierne et Tintin et les Oranges bleues (1964) de Philippe Condroyer.

Pour ce qui est des autres longs-métrages „en vrai“ (non dessinés), quatre catégories s'imposent:
- Cape et épée: Les films de l'incontournable Jean Marais, surtout Le Capitan (1960) et Le Bossu (1960), ainsi que Les trois mousquetaires (1953) (sans Jean Marais mais avec Bourvil dans le rôle de Planchet, et ça vaut le détour), tous trois d'André Hubenelle.
- Contes/fantasy: Trois noisettes pour Cendrillon de Václav Vorlícek, une co-production tchèque et est-allemande tout sauf gnangan dont j'avais déjà parlé ici et La Caverne de la Rose d'or (Fantaghirò 1991-1996) de Lamberto Bava, cette grande épopée italienne kitchissime et kultissime, diffusée et regardée chaque hiver pendant mon adolescence.
- Comédies françaises: Deux génies comiques de style très différent: Louis de Funès et Bourvil, respectivement dans L'aile ou la cuisse (1976) de Claude Zidi (et puis Hibernatus (1969) d'Edouard Molinaro) et Le Passe-muraille (1951) de Jean Boyer.
- Animaux: Pour rire, L'espion aux pattes de velours (That darn cat! 1965) de Robert Stevenson, ou ce qui arrive quand le FBI se retrouve à utiliser un chat siamois des plus capricieux comme indic. Des scènes d'anthologie à gogo. Pour pleurer, Antarctica (Nankyoku monogatari 1983), film japonais de Koreyoshi Kurahara basé sur une histoire vraie et relatant la lutte pour la survie de chiens de traîneau abandonnés à contre-coeur (situation d'urgence, tempête, avion surchargé etc.) par les chercheurs de la première base japonaise en Antarctique dans les années 50. Superbe et tellement triste.


2- des films que vous connaissez absolument par cœur :
Parmi les films susmentionnés: Les deux Astérix, Trois noisettes pour Cendrillon et L'Espion aux pattes de velours. Se rajoutent à cela les quatre films en noir et blanc de Miss Marple de George Pollock (Murder, She Said 1961, Murder at the Gallop 1963, Murder Most Foul 1964 et Murder Ahoy! 1964) avec l'excentrique et inégalable Margaret Rutherford dans le rôle principal, les deux films de la série animée Daria (Is It Fall Yet? et Is It College Yet?, sauf que j'ai toujours regardée Daria en français, une fois n'est pas coutume, parce que le doublage est génial) et St Trinian's (la faute à Fashion ça).


3- des films qui ont bouleversé votre jeunesse :
Comme si j'étais vieille, n'importe quoi. Bref, passons. D'un point de vue émotionnel je vais répondre comme beaucoup de blogueuses avant moi: Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society 1989) de Peter Weir. On peut en dire ce qu'on veut, il est indéniable que ce film a capté avec beaucoup de justesse l'essence des élans idéalistes et des questionnements adolescents. Et puis le jeu et la photo sont superbes. Psychologiquement je dirais cependant que le film qui m'a le plus marqué est Psychose (Psycho 1960, je pense qu'il est inutile de préciser pourquoi). D'ailleurs il faudrait que je le revois et que je me plonge plus à fond dans l'univers d'Hitchcock. Et finalement il me faut encore citer quelques films qui, s'ils ne m'ont pas directement boulversée ni même forcément vraiment plu, ont marqué les débuts d'une recherche ou formation esthétique autonome en matière de cinéma: L'Empire des sens (Ai no corrida 1976) de Nagisa Ôshima, dont je trouve encore aujourd'hui qu'il a le mérite d'être à la fois beau et érotique, Cris et chuchotements (Viskningar och rop 1972) d'Ingmar Bergman dont beaucoup d'autres films m'insupportent pourtant terriblement et Au loin s'en vont les nuages (Kauas pilvet karkaavat 1996) d'Aki Kaurismäki, tellement lent et dépouillé que tout devient absurde.


4- des films que vous auriez aimé écrire/produire :
Dans des styles très différents: In the Mood for Love de Wong Kar Wai et Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Tous les deux sont magnifiquement filmés, mis en scène et en musique, montés, joués etc. etc. Et puis ces décors, ces intérieurs, tous ces détails, et, paradoxalement cette même oscillation entre gravité et légèreté.


5- des films qui vous ont donné envie de faire du cinéma :
Affirmer que j'ai une envie irrépressible de me lancer dans une carrière cinématographique serait mentir mais disons que, si devais commencer à bidouiller avec une caméra, deux des films que j'aurais probablement en tête à ce moment seraient Love Exposure (Ai no mukidashi 2008) de Sion Sono – dont je reparlerai à la question 7 – et Plan 9 from Outer Space d'Ed Wood. Je me dis tout simplement qu'il est certainement plus motivant, lors de ses premiers essais derrière la caméra (non, parce que si je devais faire du cinéma ce serait plutôt en tant que réalisatrice qu'actrice), de penser à un film excellent, certes, mais totalement barré, bricolé, jubilatoire et halluciné tel que Love Exposure et à une daube tellement daubesque, improbable et en même temps sobre qu'elle en devient culte telle que Plan 9 from Outer Space qu'à des chefs-d'oeuvre reconnus, bien sous tous rapports et dont tout le monde s'accorde à dire que, de toute façon, ils sont inégalables. Autant prendre comme inspiration de départ des expérimentateurs fous voire géniaux mais controversés que des grands maîtres intouchables, c'est moins paralysant.


6- des films que vous avez regardés plus d'une fois :
Il y en a tellement, j'aime revoir des films, pour peu qu'ils m'aient convaincue la première fois. Evidemment tous ceux cités en réponse aux questions 1, 2 et 4 (+ Le Cercle des poètes disparus et Psychose), et puis aussi Les Anges de l'Univers (Englar alheimsins 2000) de Friðrik Þór Friðriksson, bonne adaption du roman d'Einar Már Guðmundson, Il y a longtemps que je t'aime de Philippe Claudel, Kumo no mukô yakusoku no basho (La Tour au-delà des nuages 2004) un très bel anime de Makoto Shinkai, Waga Seishun no Arcadia de Leiji Matsumoto (long-métrage animé d'Albator, dans lequel on apprend comme Albator a perdu son oeil droit...), la plupart des films des Studio Ghibli.


7- le film que vous avez vu en dernier au cinéma :
Love Exposure (Ai no mukidashi, je reprécise le titre original parce qu'il existe aussi une comédie romantique coréenne intitulée Love Exposure et qui n'a rien à voir avec ce film) de Sion Sono. Découvert totalement par hasard, j'ai été sidérée par la bande-annonce déjantée et en ai tout de suite conclu que, malgré sa durée de presque 4 heures (237 minutes exactement), il fallait absolument aller le voir (et pour une fois qu'un cinéma de ma ville passait un film japonais en vost, je ne pouvais pas rater l'occasion). And it blew my mind! L'histoire est celle d'un brave garçon issu d'une famille très chrétienne – le père devient prêtre – et qui a promis à sa mère avant que celle-ci ne décède de trouver une femme qui lui rappellerait la Vierge Marie, rien que ça. Au début tout se passe bien entre le père et le fils restés seuls, jusqu'au jour où le père, bien que prêtre, se retrouve harcelé sexuellement par une folle (elle est géniale) aux avances de laquelle il finit par céder. Vient ensuite la mauvaise conscience, il ne voit plus partout que péché et perversion, se désintéresse de son fils qui, désespéré, devient un pervers (il photographie à grande échelle les petites culottes des filles) afin d'avoir des péchés à confesser à son père. Et puis arrive le miracle, la fille... et revient la folle et puis aussi une secte dangereuse etc. Si l'intrigue est déjà singulière, la réalisation l'est aussi: l'image est plus en qualité vidéo que cinéma (Sion Sono, de son propre aveu, ne cherche pas à faire beau), le montage est très dynamique, certaines scènes reviennent plusieurs fois, filmées sous différents angles, la bande originale se résume à plus ou moins trois morceaux principaux (+ quelques autres) répétés tout au long du film (notamment le Boléro de Ravel et une chanson du groupe japonais Yura Yura Teikoku), les métaphores, les images, l'humour, l'absurde, le jeu, tout est explosif (l'habitude des animes et de leurs adaptations en films „réels“ et/ou drama doit aider à apprécier, j'en conviens). C'est une histoire d'amour épique ainsi qu'une réflexion sur la foi, la normalité et la perversité qu'il faut sûrement regarder plusieurs fois pour en apprécier toute la portée. En tout cas c'est un film hallucinant, puissant, trash et jubilatoire et j'ai adoré!!!


8- des films dont vous avez regretté d'avoir payé la place :
Sweeney Todd (2007), sans hésiter. Pourtant j'aime bien Tim Burton mais j'aurais mieux fait de me fier à mon préjugé si efficace que „les comédies musicales c'est de la m.... en boîte“ (sauf Les chansons d'amour, grosse exception pour ce film-là). Alors oui, c'est sombre et sanglant, du Tim Burton quoi, mais caricatural, linéaire, creux, prévisible. La musique et le jeu sont niais et sirupeux au possible, les textes limite à se flinguer. J'ai vraiment râlé d'être allée le voir, surtout que j'étais en Suède à ce moment-là et que les places de cinéma y sont chères. Sinon, dans la catégorie pas vu au cinéma (en fait, je vais rarement au cinéma, faute de programme intéressant et en vost, et je sélectionne très soigneusement ce que je vais voir) mais vu contre mon gré dans le cadre d'un cours le grand gagnant est sans conteste Bröderna Lejonhjärta (1977 Les frères coeur-de-lion ), adapté du roman jeunesse d'Astrid Lindgren. C'est mièvre, niais, culcul la praline à se taper la tête contre les murs, le jeu des acteurs est abyssal, les costumes et effets spéciaux non seulement kitsch mais carrément à pleurer tellement ils sont bon marché (pour dire, même La Caverne de la Rose d'or est plus convaincant). C'est un film mort, sans ambiance ni tension (alors qu'il est censé s'agir d'une quête, d'une aventure), accompagné d'une musique minimaliste sans la moindre inspiration. Typiquement le genre de film qui prend son public cible, en l'occurence les enfants, pour des attardés. Une daube qui reste juste une daube parce que sans inspiration, sans le grain de folie, d'irrévérence qui lui permettrait de passer dans la catégorie „tellement mauvais que ça en devient culte et sublime“ (contrairement par ex. au film d'Ed Wood susmentionné). J'avais déjà trouvé le roman débile voire débilitant, mais alors le film, le film... bon, enfin je crois que vous avez compris (surtout que je m'étais déjà excitée dessus ici (cf. question 11)).


9- des films qui vous font réfléchir sur la vie :
Comme si j'avais besoin d'un film pour réfléchir sur la vie... c'est bien ça le problème, je réfléchis trop, toujours, tout le temps! Au rayon des films contemplatifs ou légèrement décalés voire animés d'une douce folie je citerai cependant Dolls (2002) de Takeshi Kitano et The Taste of Tea (Cha no aji 2004) de Katsuhito Ishii. Tous les deux ont en commun d'être fortement allégoriques et très lents mais si Dolls propose, avec ses personnages brisés ou gâchés par un évènement funeste ou une mauvaise décision, une vision tragique de l'existence, The Taste of Tea, lui, adopte un ton beaucoup plus léger et optimiste (et gaga). Ce qui m'a par contre toujours fait réfléchir sur la vie, en tant que phénomène biologique beaucoup plus large que la simple condition humaine, ce sont les documentaires sur la nature, en particulier L'aventure des plantes, dont le générique me fascine encore aujourd'hui.


10- des films qui vous ont donné envie de tomber amoureuse :
In the Mood for Love, comme l'indique très bien le titre il retranscrit à merveille la nature capricieuse comme une humeur de l'amour qui s'insinue sans prévenir pour devenir ensuite nécessaire... même ou plutôt surtout lorsqu'il est impossible. Dans un registre moins tragique et plus axé sur la naissance d'une relation dont on sait qu'elle va durer Omohide poro poro (Souvenirs goutte à goutte 1991) d'Isao Takahata et Mimi wo sumaseba (Si tu tends l'oreille 1995) de Yoshifumi Kondô. Tous les deux explorent le mélange de hasard, de détermination et aussi de courage (de s'ouvrir à l'autre, de prendre sa vie en main) nécessaire à une première relation amoureuse. Dans la catégorie „l'amour triomphe de tout“ (après avoir fait de gros dégâts), sans conteste Love Exposure. Et puis pour finir, un film avec mention spéciale en raison d'une très belle scène: Vinterkyss (2005), film suédo-norvégien de Sara Johnsen tout en subtilité sur la perte et le deuil contenant une magnifique scène d'amour sur fond d'Hallelujah de Jeff Buckley !!!


11- des films qui vous ont fait tordre de rire :
Voici venu le temps des bombes cinématographiques dont l'absurdité totale n'épargne pas le moindre recoin de matière grise. En pôle position trois films japonais (ça vous étonne, hein?) de référence en matière de mauvais goût et de kitsch: Cutie Honey (Kyûtî hanî 2004) de Hideaki Anno, l'adaptation avec acteurs en chair et en os de l'anime du même nom. Magical girl à moitié nue la plupart du temps, monstres et méchants ridicules, scénario inexistant (enfin j'espère parce que ce serait navrant de se dire que quelqu'un a vraiment écrit un scénario pour ce film) et jeu des acteurs... non, en fait il vaut mieux ne pas en parler. Dans le genre c'est une perle! Vient ensuite The Machine Girl (Kataude mashin gâru 2008) de Noboru Iguchi, film plus gore que gore et hilarant. Imaginez des femmes, couvertes de sang, qui butent du truand à coups de mitraillette géante ou de tronçonneuse attachées à leurs moignons (bras ou jambe selon le cas)... ahhh un régal et le petit nouveau d'Iguchi, Robogeisha, a l'air encore plus terrible. Enfin, troisième de ce palmarès nippon: Kamikaze Girls (Shimotsuma monogatari 2004) de Tetsuya Nakashima, ou le récit de l'amitié improbable d'une folle de mode rococo (façon japonaise, s'entend) et d'une dure à cuire membre d'un gang de filles à scooter. Kitchissime, une superbe baston dans la boue, une banane de rockeur japonais à faire pleurer Elvis, bref un mélange détonnant.
S'ajoutent à cela trois grands moments de l'humour anglais au cinéma: Life of Brian (1979) des Monty Python, Shaun of the Dead (2004) d'Edgar Wright et St Trinian's (2007) d'Oliver Parker et Barnaby Thompson. Et puis parce qu'il faut bien soutenir les génies locaux et que de toute façon vous pensez déjà (bon d'accord, je l'ai cherché) que je suis folle à lier, j'accorde la mention spéciale à la parodie alsacienne de Rambo, offerte au monde par le grand, l'unique Kansas of Elsass.


12- des films qui vous ont révélé un acteur que vous suivez à présent :
J'aurais plutôt tendance à découvrir mes acteurs fétiches dans les séries que dans les films, mais je vais probablement suivre de plus près Maria Bonnevie et Mads Mikkelsen, les ayant adorés dans I am Dina (2002) d'Ole Bornedal, adaptation étonnament réussie (et ce malgré la présence de Depardieu qui pour une fois n'en fait pas des tonnes) du roman d'Herbjørg Wassmo, Le livre de Dina, qui m'avait beaucoup marquée. Très beau film, superbes costumes et paysages et excellents acteurs (film avec de vrais morceaux de Christopher Eccleston dedans ;-)). Parmi les réalisateurs (re)citons Wong Kar Wai avec In the Mood for Love, Sion Sono avec Love Exposure, Sofia Coppola avec Marie-Antoinette et Sarah Johnsen avec Vinterkyss.


13- des films qui vous ont fait pleurer comme une madeleine :
Quatre films totalement différents: Äideistä parhain (2005, La meilleure des mères) de Klaus Härö, film finlandais sur le destin d'un des enfants finlandais évacués en Suède et placés en famille d'accueil pendant la Seconde Guerre Mondiale pour les protéger des ravages du conflit finno-russe. Je suis heureuse de l'avoir regardé seule à la maison, tellement j'étais effondrée. Et pourtant il est assez sobre. Ensuite, Le tombeau des lucioles (Hotaru no haka 1988) de Takahata qui traite lui aussi de la situation des enfants pendant la guerre mais en mettant l'accent sur ceux-ci tandis que dans Äidestä parhain c'est surtout l'histoire de la mère adoptive qui est boulversante. Quand j'étais petite et que je n'aimais que les animaux (grosse tendance misanthrope à l'époque) c'était Antarctica qui me tirait des larmes. Et l'an dernier ce sont Les chansons d'amour (2007) de Christophe Honoré qui m'ont fichu un sacré coup au moral, à tel point que je n'ai pas encore osé le re-regarder (il faudrait pourtant). Cela vient peut-être du fait que je m'attendais à un film tantôt léger, tantôt mélancolique sur des relations amoureuses compliquées et que je me suis retrouvée en face d'une oeuvre sur le deuil...


14- des films dont vous avez aimé un personnage en particulier :

Plein! Des femmes, des hommes, des enfants, des créatures, des animaux... Dans le désordre le plus complet: Captain Sidney Rhumstone dans Murder Ahoy (Miss Marple), un rôle et une interprétation de pur génie; Alexander dans Murder, She Said (Miss Marple), un régal cet ado malin comme un singe; River dans Serenity (2005) de Joss Whedon, folle, brillante et si gracieuse dans ses scènes de combat; Fio, Gina et les Mamayuto dans Porco Rosso (Kurenai no buta 1992) de Miyazaki, du courage, du style et des grandes-gueules; Kamaji et le Sans-visage dans Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no kamikakushi 2001), pleins de poésie; Nausicaä dans Nausicaä de la vallée du vent (Kaze no tani no Naushika 1984) pour son idéalisme et Totoro dans Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro 1988), Totoro c'est le meilleur et on ne discute pas!!!


15- des films que vous regardez chaque année :

J'associe la plupart des films que je regarde chaque année à une saison particulière. En commençant par l'automne qui nous entoure actuellement une liste non-exhaustive donnerait: Les Miss Marple à cause de son thé, de son tricot, de ses aventures en extérieur armée de sa cape et de ses chapeaux laineux aux formes improbables ne correspondant à aucune mode identifiable sur cette planète, et puis aussi Pompoko (Heisei tanuki gassen ponpoko 1994) d'Isao Takahata avec ses tanukis dodus, gavés entre autres choses de kakis (mais le film marche aussi au printemps puisqu'il suit le rythme des saisons et parle de changement). En hiver c'est Nausicaä de la vallée du vent en raison de son univers assez sombre et en péril, les deux dessins animés d'Astérix quoiqu'un visionnage hors-saison n'est pas rare (c'est comme avec Miss Marple, je peux les regarder 3-4 fois dans l'année sans problème) et surtout, mon film de Noël, Trois noisettes pour Cendrillon: du froid, de la neige, une forêt... parfait. Le printemps est toujours un peu délicat, je ne sais jamais trop de quoi j'ai envie mais disons Tanguy (2001) d'Etienne Chatiliez que va sûrement rejoindre Marie-Antoinette. Quant à l'été alors là c'est l'explosion: The Taste of Tea, Totoro, Omohide poro poro et La Traversée du temps (Toki wo kakeru shôjo 2006) de Mamoru Hosoda, ambiance estivale japonaise oblige et Porco Rosso, le plus méditerranéen des animes. Enfin, hors-saison: In the Mood for Love.


Je tague Magda, notre cinéphile/cinéaste préférée, afin qu'elle nous fasse découvrir plein de belles choses :-).

*Ceci est une réplique fameuse du Captain Rhumstone dans Murder Ahoy!.



Tri orísky pro Popelku
Václav Vorliček
1973/1974
Deutsche DVD von Icestorm, 2004

Bevor ich mit einer meiner üblichen Buchrezensionen zurückkehre, möchte ich euch, lieben Lesern, meinen Weihnachtsfilm schlechthin – nee, nicht mal Lieblingsfilm wäre eine passende Bezeichnung, denn es ist wirklich das Einzige, was ich zu Weihnachten gucke – vorstellen, nämlich Drei Haselnüsse für Aschenbrödel von Václav Vorliček (Tri orísky pro Popelku 1973/1974, DDR/Tschechoslowakei).

Wenn ihr den selbst noch nie gesehen habt, denkt ihr vielleicht, dass es sich um eine der ultrakitschigen und dämlichen Aschenputtel-Verfilmungen handelt. Ist es aber nicht! Mitnichten sogar! Zum einen ist dieser Film sehr schön und aufwendig gedreht worden – richtig gute Darsteller (Aschenbrödel wird von Libuše Šafránková gespielt), wunderschöne Kostüme, Landschaften und Musik (von Karel Svoboda) – und zum anderen zeigt er eine viel interesantere Aschenbrödelfigur als Andere. Der Film basiert nämlich auf einer osteuropäischen Variante des Märchens, der von Božena Němcová (1820-1862), in der die Magie, die Aschenbrödel hilft, von einer Eule und drei Haselnüssen kommt – ich möchte ja nichts spoilen, also erzähle ich nicht mehr drüber ;-). Aschenbrödel ist hier ein schönes aber starkes Mädchen, das es wagt, selbst dem Prinzen gegenüber frech zu sein, und alles kann, was auch Jungs können, und sogar noch besser als diese. Sie ist nicht dumm und lässt sich von niemandem zum Narren halten – Ärger mit der absolut unerträglichen und von Carola Braunbock großartig gespielten Stiefmutter hat sie natürlich trotzdem, sonst wäre sie eben nicht Aschenbrödel – und deswegen hat sie mir schon als Kind so sehr gefallen. Was den Prinzen angeht handelt es sich auch keinesfalls um ein wohlerzogenes Vatersöhnchen, das nur brav seinen Eltern gehorchen und studieren würde. Vielmehr vertreibt er sich die Zeit mit Jagen und Rumreiten mit seinen beiden Gefährten. Ans Heiraten denkt er gar nicht und die Befehle seines Vaters sind ihm vollkommen egal. Und als sich die Beiden zum ersten Mal im Wald treffen, wird es entsprechend lustig. Überhaupt zeichnet sich dieser Film durch großen Witz und viele, einfach nur köstliche Dialoge. Ich bin ansonsten keine große Fan der ganz bekannten Märchen (Dornröschen und Konsorten) und derer Verfilmungen, die mir oft zu lahm vorkommen, aber diesen Film muss man sehen! Einfach genial!

Drei Haselnüsse für Aschenbrödel ist übrigens nicht nur in Tschechien und in der Slowakei weiterhin ein Weihnachtsklassiker, sondern auch in Norwegen, wo er jedes Jahr im Fernsehen läuft (dies wurde von unserer Norwegischlektorin bestätigt).




Avant de revenir à la charge avec une de mes critiques de livre, permettez-moi, chers lecteurs, de vous présenter mon film de Noël – même pas par excellence ou préféré, non juste MON film, parce que c'est le seul que je regarde ce jour-là –, à savoir Trois Noisettes pour Cendrillon de Václav Vorliček (Tri orísky pro Popelku 1973/1974, RDA/Tchécoslovaquie).

Si vous ne l'avez jamais vu, vous pensez peut-être qu'il s'agit là de l'une des adaptations complètement kitsch et cucul la praline de Cendrillon. Mais il n'en est rien ! Bien au contraire même ! D'une part, ce film a été tourné avec beaucoup de goût et de soin – très bons acteurs (Cendrillon est jouée par Libuše Šafránková), costumes, paysages et musique (de Karel Svoboda) superbes – et, d'autre part, il montre une Cendrillon beaucoup plus intéressante que les autres. Le film est en effet une adaptation d'une variante slave du conte, celle de Božena Němcová (1820-1862), dans laquelle la magie venant en aide à Cendrillon émane d'une chouette et de trois noisettes – comme je ne voudrais surtout pas vous en dévoiler trop, je n'en dis pas plus ;-). Cendrillon est ici une jolie jeune fille au caractère très affirmé, qui ose tenir tête même au prince et qui est capable de faire tout ce que font les garçons, et même en mieux. Elle n'est pas bête et ne se laisse pas marcher sur les pieds – ce qui ne l'empêche naturellement pas d'avoir des ennuis avec son insupportable marâtre, fort bien incarnée par Carola Braunbock (ce ne serait pas Cendrillon sinon) –, et c'est pour cela qu'elle m'a toujours tellement plu. Le prince, quant à lui, n'a rien d'un fils à papa bien éduqué qui ne ferait qu'étudier et obéir sagement à ses parents. Il préfère de loin passer tout son temps à chasser et à monter à cheval avec ses deux compagnons. Le mariage ne l'intéresse pas, pas plus d'ailleurs que les ordres de son père dont il n'a que faire. Donc, bien entendu, lorsque ces deux-là se rencontrent pour la première fois dans la forêt, cela donne lieu à une scène plutôt amusante. Ce film se caractérise d'ailleurs par son humour et son esprit, ainsi que par des dialogues souvent très bien sentis. Je ne suis en général pas une grande fan des contes connus (La Belle au bois dormant et compagnie), ni de leurs adaptations cinématographiques que je trouve souvent bien trop mièvres mais ce film est à voir absolument ! Tout bonnement génial !

Trois Noisettes pour Cendrillon n'est pas un classique de Noël qu'en République tchèque et en Slovaquie mais aussi en Norvège, où il passe chaque année à la télévision (notre lectrice de norvégien me l'a confirmé).




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