Typhon en culottes courtes

Mercredi, 16 juin 2010


L'écume de l'aube
Roger Leloup
Duculot 1991
279 p.

L'écume de l'aube est certainement l'un des romans que j'ai le plus souvent relus. Ayant récemment rédigé un article (à paraître en août) sur Yoko Tsuno, mon héroïne de BD préférée, j'ai eu envie de me replonger dans le récit de sa jeunesse. Yoko naît et grandit sur l'île du Songe, île japonaise imaginaire. Fille unique et turbulente d'un géophysicien et d'une femme au foyer, elle chamboule la vie de sa famille le jour de son cinquième anniversaire où elle s'introduit dans le pavillon situé au fond du jardin. Son grand-père, ancien ostréiculteur ayant fait faillite pour avoir poursuivi en vain son rêve de créer une perle transparente, y vit en reclus, entouré d'aquariums. Depuis la mort de sa femme qu'il se reproche d'avoir tant négligée parce que trop occupé à courir après son rêve, Onoue Tsuno est brouillé avec ses enfants et n'a jamais daigné faire la connaissance de sa petite-fille. Mais lorsqu'il découvre Yoko, pleine de joie de vivre et fascinée par ses aquariums, il tombe rapidement sous son charme et se réintègre peu à peu à la vie de famille. Au fil des années, la complicité de la petite fille avec son grand-père et Aoki*, le kamikaze devenu moine bouddhiste qu'Onoue sauva pendant la guerre, grandit. Et puis un jour, sans trop savoir ce qu'elle demande là, Yoko persuade son grand-père de retenter la réalisation d'une perle transparente, l'écume de l'aube, qui l'amènera, presqu'adulte, à vivre sa première aventure hors du Japon.

Casterman 2000

Il est assez rare que les héros de bande dessinée vivent aussi des aventures sous forme de roman ; le seul autre exemple qui me vienne à l'esprit, du moins en BD européenne, c'est Hugo Pratt avec Corto Maltese (La Ballade de la mer salée) et Cour des mystères (Corto en Sibérie). Je n'irai certes pas prétendre que L'écume de l'aube est un chef-d'œuvre de style – il souffre en effet de quelques métaphores éculées et de répétitions. Il n'en reste cependant pas moins que c'est un récit très efficace, agréable à lire et, comme toujours avec Yoko et Roger Leloup, très humain. Yoko n'est pas une enfant modèle. Sa jeunesse est parsemée de grands secrets et de petits mensonges, de contradictions et de colères et ses joies, ses peines, son premier amour et son désir d'aventure et d'inconnu ne manquent jamais de me toucher, même après plusieurs relectures. Est-ce parce que je connais sur le bout des doigts l'univers de cette héroine ou parce que ses aventures m'accompagnent depuis l'enfance que ce roman d'apprentissage me parle autant ? Les deux sans doute. Et je n'en suis sûrement pas à ma dernière relecture. À noter que le roman est illustré de superbes crayonnés de l'auteur.

*Aoki apparaît aussi dans l'album La fille du vent de 1979, l'un des meilleurs (et des plus tristes) de la série.

L'écume de l'aube fut publié pour la première fois chez Duculot (1991). Cette édition est épuisée depuis longtemps mais Casterman en a sorti un version cartonnée en grand format toujours disponible.

L'avis de Bladelor.



Sarah
Otomo/ Nagayasu
Aus dem Jap. übersetzt von Junko Iwamoto-Seebeck und Jürgen Seebeck
Carlsen 1996
(jap. Orig. 1990)

Ende April fand der 12. Anime Marathon in Brehna statt und da ich dieses Jahr ziemlich oft als Aufsicht in der Mangabibliothek saß, habe ich sogar Zeit gehabt, eine Serie (soweit vorhanden) durchzulesen, nämlich Sarah von Kastuhiro Otomo (Text) und Takumi Nagayasu (Zeichnungen).

Als Scharen von Menschen versuchen, ihre durch Anschläge beschädigten Raumstationen zu verlassen, um notgedrungen auf eine längst vergiftete Erde zurückzukehren, wird Sarah von ihren drei Kindern, Harato, Satoko und Tsumuri getrennt. Sie behält bei sich nur ihr letztes Kind, einen Säugling, und muss fliehen. Was damals passiert ist, was Sarah auf ihrer Flucht erlebt hat, erfährt der Leser erst später und nur partiell. Als wir Sarah einige Jahre nach den Anschlägen auf der Erde wieder begegnen, ist sie eine rätselhafte Einzelkämpferin geworden. Der Händler Tsue ist ihr einziger Weggefährte, dem sie sich aus praktischen Gründen – er besitzt einen LKW – angeschlossen hat. Zusammen reisen sie durch Wüsten, halb leere Städte und Kriegszonen, sie auf der Suche nach ihren Kindern, er auf der Suche nach guten Geschäften, und werden bei jeder Etappe mit dem Zerstörungspotential menschlichen Machtstrebens aufs Neue konfrontiert.

Leider hat Carlsen die Veröffentlichung der deutschen Übersetzung von Sarah nach 14 (sehr schmalen) Bänden im 25x16,6 cm Format unterbrochen, so dass ich nur einen Teil der Serie bewerten kann (alle Bände sind gespiegelt, anders aufgeteilt als im Original und ich werde den Verdacht nicht los, dass die Übersetzung nicht ganz sauber ist, hören doch viele Sprechblasen mitten im Satz abrupt auf... so hat man es eben in den 90ern gemacht... und heute ist die Serie natürlich vergriffen). Aber was ich davon lesen konnte, immerhin einen Großteil der Serie, war beeindruckend. Angefangen mit der Hauptfigur, denn wenn das allgemeine postapokalyptische Setting samt Figur, die nach etwas Verlorenem sucht, nicht gerade revolutionär ist, so ist die Entscheidung für eine Protagonistin statt eines Protagonisten in einem solchen Kontext eher selten. Man mag natürlich argumentieren, dass die Betonung von Sarahs Mutterrolle wiederum das alte Klischee der Mutter bestätigt, die alles tut, um ihre Kinder zu schützen, gar nur noch um ihrer Kinder willen lebt. Und das würden sogar die ersten Bände der Serie tendenziell bestätigen. Nur wird dieses Klischee bald durch Sarahs Konfrontation mit anderen „Müttern“ relativiert und durch die Auseinandersetzung mit Kindsmord, Prostitution und Notlagen unterwandert. Selbst das Bild des Kindes als gutes, unverdorbenes Wesen, das man nur lieben kann und sogar lieben muss, wird hier demontiert. Sarah ist keine perfekte Mutter und auf keinen Fall eine Frauenfigur, die sich auf diese eine Rolle reduzieren ließe. Groß und stark, in einem Umhang gehüllt, der auch sämtlichen Spacepirates und Vampirjägern des Mangauniversums stünde, tritt sie vor allem als wortkarge Kämpferin auf – und wie sie da kämpft! - und wird durch eine Umdeutung des Motivs der abgeschnittenen Brust mit den Amazonen assoziiert. Und überhaupt ist eine solche Untersuchung von Weiblichkeit im stark männlich dominierten Science-Fiction-Genre, dazu noch im Zusammenhang mit einem Krieg, in den sich auch Sarah einmischt, für mich ein Grund zu jubeln. Die einzige vergleichbare Figur, die mir im Bereich Manga/Anime spontan einfällt, ist Miyazakis Nausicaä.

Sarah ist aber nicht nur ein thematisch sondern auch graphisch, dank Nagayasus realisitschen und souveränen Zeichenstils, hervorragender Manga. Ob Porträts, Landschaften, Mengen, Explosionen oder Kampfszenen, alles ist perfekt gezeichnet. Sowohl auf der Panel- als auch auf der Seitenebene zeigt Nagayasu einen grandiosen Sinn für Komposition und Dynamik. Einige Ganzseitenillustrationen erinnern absichtlich an Propagandaplakate, so dass die Mechanismen totalitärer Diskurse hier auch auf graphischer Ebene entlarvt werden.

Wer Science-Fiction mag und/oder auf der Suche nach Mangas mit starken Frauenfiguren ist, sollte auf jeden Fall Sarah lesen. Und wer französisch lesen kann, hat sogar die Möglichkeit, die Serie zu Ende zu lesen, denn Delcourt hat sie, im Gegensatz zu Carlsen, abgeschlossen (dabei muss man allerdings beachten, dass Band 14 in der deutschen Fassung Band 8 in der französischen entspricht, welche insgesamt aus 11 Bänden besteht). Hoffentlich werde ich selbst irgendwann dazu kommen, mir die restlichen drei Bände auf französisch zuzulegen...




„Kaboum !“ a dit le volcan...

Samedi, 17 avril 2010


Puisque l'Eyjafjallajökull nous empêche Mo, Fashion, Karine, Caroline, Stéphanie et moi de nous retrouver à Berlin pour un week-end de folie hautement culturelle, j'ai trouvé qu'une petite bibliographie volcanique était de rigueur. Et la liste est ouverte aux suggestions donc n'hésitez pas à en faire ;-) :

Romans:

Edward Bulwer-Lytton The Last Days of Pompeii (1834)
Shusaku Endô Kazan (Volcano) (1960)
Robert Harris Pompeii (2003)
Malcolm Lowry Under the Volcano (1947)
Maja Lundgren Pompeji (2001), disponible en français chez Actes Sud
Susan Sontag The Volcano Lover (1992)
Jules Verne Voyage au centre de la terre (1864/1867), Le Volcan d'or (1899)


BD:

Hergé Vol 714 pour Sydney (Les Aventures de Tintin et Milou t. 22)
Roger Leloup La Forge de Vulcain (Yoko Tsuno t. 3), Le Matin du monde (Yoko Tsuno t. 17)
Hugo Pratt (Corto Maltese t. 12)


De tout cela j'ai lu le Tintin, bien sûr, les deux Yoko Tsuno (Le Matin du monde est l'un des meilleurs albums de la série), le Corto Maltese (très onirique !) ainsi que le roman de Maja Lundgren, dans lequel on apprend que le Vésuve et le Krakatoa ont un jour été amants et que les tigres peuvent communiquer avec les volcans...

Update : Et une addition hautement scientifique et en images proposée par Caroline :-) :



Minéralogie des volcans, ou Description de toutes les substances produites ou rejetées par les feux souterrains. Par M. Faujas de Saint-Fond. Paris, 1784. Ce texte est même disponible en ligne ici.




Papa ?! Sancho ?*

Samedi, 6 février 2010

Le Territoire des Ombres
Lemaire/Vannara
Glénat Québec
2009
48p.


Quand un blogueur BD/graphisme dont vous appréciez le style et l'univers arrive enfin à concrétiser ses projets et publie une BD, les attentes et le suspense sont grands. Je ne parle pas ici des volumes reprenant les meilleurs dessins d'un blog, dont le contenu recelle donc en général peu de surprises pour le visiteur régulier, mais de ceux dont le dessinateur n'a dévoilé que quelques planches et peu d'éléments de l'intrigue. C'est ainsi que j'ai constaté avec joie que le premier volume des Voyages Extraordinaires d'Ambroise Kurilian, Le Territoire des Ombres 1, de Vannara et Lemaire était sorti. Je l'avoue, je n'avais plus visité le blog de Vannara depuis un moment – ben oui, ça arrive, les aléas du blogocomportement, quoi –, et ai donc un petit train de retard, mais cela n'a pas d'importance.

En 1869, l'ethnologue aux thèses quelque peu farfelues Léo Kurilian disparaît dans la forêt vierge du Gato Grosso – tous les personnages sont des chats, d'où le nom de cette province – lors d'une expédition à la recherche du dangereux et mystérieux Territoire des Ombres. Quinze jours plus tard arrive au Gato Grosso le propre fils de l'ethnologue, le journaliste froussard Ambroise Kurilian, que son journal a forcé à aller faire un reportage sur la disparition de son père. Accompagné par l'intrépide photographe Gabrienne et les collaborateurs de son père, Antonin et Archibald, Ambroise se retrouve bien malgré lui aux prises avec la jungle et ses habitants rampants, volants ou luminescents ainsi qu'avec une certaine Gloria Munchkind, la femme la plus riche du monde et qui entend bien le rester...

Voilà une bande dessinée d'aventure grand public des plus classiques qu'un scénario et des personnages convenus et prévisibles rendent sympathique mais certainement pas inoubliable. Evidemment, il ne s'agit là que du premier tome de la première aventure d'Ambroise Kurilian donc mon avis est encore susceptible d'évoluer avec le second (qui n'existe pas encore), mais, lisant plutôt lentement, si je mets à peine une heure pour lire une BD de 48 pages comme ce fut le cas ici, c'est mauvais signe – en comparaison, un album d'Astérix ou de Yoko Tsuno, pourtant de la même longueur, me demande plus de temps, même en relecture. Le dessin cependant, élément qui m'avait au départ donné envie de lire Le Territoire des Ombres, est tout à fait à la hauteur de mes espérances, les aquarelles de Vannara convenant aussi bien aux scènes d'action – la lutte contre un alligator, la chute d'un rocher sur la troupe d'aventuriers... – qu'aux séquences plus atmosphériques. A noter qu'il s'est amusé à dissimuler ci et là des détails incongrus, d'où parfois la dimension très poétique de ses planches. J'ai bien entendu aussi beaucoup apprécié le clin d'oeil graphique aux films du Studio Ghibli avec leurs machines volantes plus improbables les unes que les autres – un chat-dirigeable rappelant fortement le Nekobus de Totoro et l'espèce de marmite volante de Léo Kurilian qui semble tout droit sortie de Nausicaä. A noter enfin la référence à Don Quichotte dont j'espère qu'elle sera encore exploitée dans le reste de la série.

Si je devais résumer l'impression que m'a fait ce premier tome en un mot je dirais simplement qu'il est trop lisse. A du charme mais ne casse pas des briques. Peut-être ne suis-je pas du tout le public visé ? Peut-être ai-je aussi tendance, en raison de ma relecture approfondie de Sandman du moment, entrecoupée d'incursions dans l'univers de Corto Maltese, à mettre la barre très haut en matière de scénario et de qualité littéraire ? Ou peut-être pas. Peut-être est-ce de l'impatience de ma part ? Il n'en reste pas moins qu'il est rare que j'aie aussi peu de choses à dire d'un livre et ce avec aussi peu de passion... c'est dommage.

Le Territoire des Ombres de Vannara et Lemaire est publié chez Glénat Québec.

P.S.: Je viens de tomber sur une note du scénariste, Thierry Lemaire, indiquant clairement que la tranche d'âge des 9-12 ans constitue le public cible de cette BD. Ceci explique donc cela.

* Ce dialogue-là était bien drôle, il est vrai (cf. p. 42).




Thirsty for Love
Satosumi Takaguchi/ Yukine Honami
trans. from the jap. by Melanie Schoen
Juné/DMP 2008
(orig. jap. 2001)

Back again with a new yaoi title! Actually, I should be writing in French about Duras and Claudel or in German about Weiß Side B or even reading something Swedish – and then write about it in Swedish, of course – but here I am in the mood for yaoi and an English review. Blogging has its own mysterious ways and it is apparently not for the blogger herself to understand them.

The manga I'm so obsessed with this time is Thirsty for Love, once again drawn by my beloved Yukine Honami and penned by Satosumi Takaguchi, and boy what a terrific combination this is! It tells the story of three high school boys, Orie, Tatsumi and Suguru, all of whom are in love with the same girl, Yuka, who, in turn, loves each of them equally and sincerily. While Orie isn't aware of his girlfriend's dating other guys, Tatsumi seems quite comfortable with the situation and Suguru has come to accept it, at least to some extent, for Yuka's sake. Although very different, the three boys share the same hardship when Yuka passes away. Sorrow somehow pulls them towards each other but there is a lot of anger, guilt and jealousy to overcome before they can try to find comfort in each other's arms.

Well, this might be superfluous, but just to make sure that you get the right picture: if you're looking for comedy or a cute, heartwarming love story, then try something else. Thirsty for Love is probably one of the saddest and most serious mangas I've ever read and as far as yaoi is concerned it definitely isn't yet another high school boys' love story. Yes, you have cute boys and lust on every page, but also a dying girl in the middle of the story, which, to say the least, is an unusual plot device for a BL manga. That said, Thirsty for Love is excellent. Satosumi Takaguchi has mixed the feelings cocktail on which the story relies – desire, sorrow, pain, jealousy, love, care, angst, admiration, guilt, loss, forgiveness, rage, injustice – with great skill and Yukine Honami's art conveys them as subtly as ever. Moreover, this manga raises several interesting and universal questions: What happens when one decides to live according to one's own principles, and thus maybe against society's rules, because one knows that death is near? How does one deal with one's lover's death when the relationship was still new? Or when the relationship had to be kept secret from others and one isn't free to express one's grief in front of everyone? And what is left of one's lover after his or her death? How long will the memory last? How powerful is it? I already knew, from reading Can't win with you (also a collaboration with Yukine Honami; review to be released, one day, on this blog) and bits of Yononaka wa Bokura ni Amai, that Satosumi Takaguchi prefers challenging characters and plots to more conventional ones and therefore wasn't surprised to see her exploring such issues here. But I'm still amazed at how unjudging and sincere the narrative is. Yuka simply says about her lifestyle: „I want to love every boy that moves me, no matter how many they are“. Yet she isn't what one might call a slut and none of the guys seem to think that she is one. I was also really pleased by the fact that there wasn't a unique answer to the questions I've mentioned. Orie, Tatsumi and Suguru are very different and complex characters – I always have a favourite character in Honami-sensei's mangas and Tatsumi would be the one this time – and each of them has his own way of loving Yuka and then dealing with death, grief and absence.

I've already said it – here and in previous reviews –, Honami-sensei's artwork is awesome. It's pure, subtil, of ethereal beauty. Her character design is simply gorgeous and hugely evocative. Most panels are very clear and I admire her sense of composition. Furthermore, some of the most important and intense panels are entirely textless, which shows how crucial the narrative function of a manga's pictures can be. The combination of Takaguchi's powerful and atypical plot and Honami's sweet and superb art works wonderfully well and I really do hope that they will collaborate on other projects. Thirsty for Love is sad, beautiful, intense and a unique treat for BL fans. But it probably won't be everybody's cup of tea (stay away from it if you can't cope with non-consent scenes and the like).

Thirsty for Love is a one-shot published in English by Juné (DMP), who offers books of great quality (nice dust jacket, thick paper, clean printing, oversize paperbacks...).


* I'm quoting the song "Please Sister" by The Cardigans (on Long Gone Before Daylight).



A monk, a fox and the King of Dreams

Mercredi, 18 juin 2008


The Sandman: The Dream Hunters
Neil Gaiman/ Yoshitaka Amano
Vertigo 1999
128 p.

I have a confession to make. Before reading The Sandman: The Dream Hunters I had never read anything by Neil Gaiman. As Fashion so accurately remarked a while ago, it is a shame. I am aware of it and I ought to feel dreadful about it, even more so as my favourite geek owns a copy of many of his books and I would perfectly be able to name most of them. But you know the saying „So many books, so little time“ and so it came that The Dream Hunters, which I purchased in Sweden at my beloved SF Bokhandeln, was my first Gaiman. „But why?“, you probably wonder, dear readers, „didn't you pick the first volume of the Sandman series instead? It would have been more logical, if you really wanted to discover the Sandman-world.“ So true, so true, dear readers, it is a excellent question to which I can provide a simple answer. I'm extremely sensitive to artwork and colours and, as much as I like many mangaka and French or Belgian bande dessinée illustrators, I've always disliked the combination of realistic lines and primary or flashy colours so often encountered by artists of the American comic tradition. Of course, there are exceptions – such as Bill Watterson for instance, whose work I truly love – but the illustrators who worked on The Sandman unfortunately don't belong to them. „And what is so different about The Dream Hunters?“, you probably want to ask next. Well, first it is an illustrated novella rather than a graphic novel, and it is illustrated by Yoshitaka Amano, who is Japanese and whose artwork I enjoy very much. And it is a spin-off, which can be read on its own without any further knowledge of the series, and it is inspired by Japanese folktales, which particularly appealed to me.

The Dream Hunters tells the story of a young Buddhist monk living a quiet life on a mountainside until a fox and a badger make a wager and try to make him leave his temple so that either the fox or the badger can take it over. But tricking the monk isn't an easy task and so it sometimes happens that the trickster somehow gets tricked as well. The monk and the fox, who has the ability to metamorphose into a beautiful young woman, thus fall in love with each other and the badger eventually has to give up. But when the fox finds out that a powerful onmyōji, a master of divination and magic, and a prophecy threaten the life of the young monk, she decides to go ask for the King of All Night's Dreaming's help and to sacrifice herself for him. I won't give you any further details about the plot as I wouldn't like to spoil it for you.

Neil Gaiman has written an exquisite and enchanting Kunstmärchen („a literary fairy tale“ as opposed to Volksmärchen „folktale“, which isn't the work of one person in particular but the product of oral tradition) about fear, love, fate, revenge and dreams. In his afterword to The Dream Hunters he claimed that he had retold a Japanese legend but later stated that it actually was a story of his own invention. Be as it may, this novella does blend traditional elements of the folktale such a linear narrative and the three attempts of the fox and and the badger to trick the monk into abandoning his temple with more modern ones like the ambiguous character of the King of All Night's Dreaming and the motivation for the onmyōji's actions. The fox and the badger themselves are two of the most important legendary creatures of Japanese folklore – kitsune and tanuki, actually a raccoon dog rather than a badger –, who often play the role of tricksters, and fox spirits are indeed known to transform into beautiful young women.

But Neil Gaiman isn't the only one who combines traditional and personal elements here, so does Yoshitaka Amano as well. While most of his pictures clearly are influenced by Japanese woodcut prints and brush painting, others reminded me of Gustave Moreau, Arthur Rackham, Edmund Dulac or Gustav Klimt – who themselves have drawn part of their inspiration from Japanese art –, some are quite abstract and gothic fashion seem to have played a important role in the King's design (just like other depictions of Morpheus in the regular Sandman series). His chromatic range varies widely from bright orange and red tones over light blue, green and pink shades to deep browns. He also uses a lot of gold, black and white. As far as the technique is concerned, most illustrations are either watercolour paintings or charcoal drawings, which probably explain why even the most detailed ones remain so fluid. Yoshitaka Amano's artwork is sophisticated, suggestive and gorgeous and he was definitely the ideal artist for such an illustration job.

The tone of the story is a tragic yet strangely calm one and Neil Gaiman's elegant and evocative prose manages to convey all the otherworldliness of the setting without becoming confusing or unsteady. Add to this the enigmatic beauty of Yoshitaka Amano's sumptuous illustrations and you get a timeless and entrancing but sad love story.

I'm well aware of the fact that it probably wasn't a „classical“ introduction to Neil Gaiman's work, but I nonetheless took great pleasure in reading The Dream Hunters and do intend to read further books by this author (Fragile Things, his short-stories collection, could be a good second step).

N.B.: This book is definitely an evening companion and it probably would have been wiser to wait until autumn to enjoy it fully, but oh well, one can't always have everything (I can already schedule a re-reading for september or october though). And I would suggest Tōru Takemitsu's In An Autumn Garden as an appropriate musical accompaniment.

The Sandman: The Dream Hunters is published by Vertigo (DC Comics).
Neil Gaiman also has a blog and Yoshitaka Amano a website with lots of pictures of his wonderful art.



Constellations In My Palm
Yukine Honami/Chisako Sakuragi
trans. from the jap. by Sachiko Sato
Juné/DMP 2007
(orig. jap. 2004/2005)

It's been a while since I last commented on a book here and my latest manga review was ages ago. As a compensation for this unbearable state of affairs I'm offering you two manga reviews at once, one in English, the other in German. Both titles are drawn by Yukine Honami, the yaoi mangaka whose awesome artwork I discovered with Rin! and can't get enough of. The first of them is Constellations In My Palm, a one-shot on which Honami-sensei collaborated with Chisako Sakuragi (her debut as a manga writer).

For some stupid reasons, including a good amount of pride, Mizuho has severed all ties with his one year younger favourite cousin, Enji. It's been seven years since the boys last saw each other and now Enji, a handsome and responsible astronomy student, has to come to live with Mizuho's family, while attending university. Whereas everybody else, especially Mizuho's sisters, Nanoka and Sumire, feel elated at having him live there, Mizuho and Enji themselves, once the best friends on earth, don't seem to get along very well with this situation, where nothing of their former intimacy is left. Of course, the whole thing is due to a misunderstanding and the difficulty for Mizuho of accepting feeling towards and from Enji that are already way beyond friendship or those of close cousins. But, as such young men usually need help sorting out their feelings – and Mizuho at least is no exception –, two characters were added to the story: Issei, Mizuho's bisexual and carefree but sharp best friend, and Yoshimi-san, Enji's former tutor and so-called lover. Though both truly are nice guys, willing to help and everything, their natural playfulness does sometimes lead to additional trouble and provides the story with a refreshing touch of humour.

Yes, this is yet another coming-of-age story, and, furthermore, one dealing with the topos of the long lost childhood friend, an old favourite of romantic literature – not only yaoi nor only in the form of manga. But, it is nicely done. Though I can't say that it thrilled me as much as Rin! did, I enjoyed it nonetheless. The misreading of the other's feelings was rendered quite accurately as was the considerable gap that may exist between the way one sees oneself and the perception others have of one. Mizuho's and Enji's relationship sure involves a certain amount of adolescent angst, which is however counterbalanced by their tenderness and Issei's and Yoshimi-san's lightheartedness – those two actually are my favourite characters and they would have deserved an own extra chapter ;-). As far as the artwork is concerned, I have little to say: it's Yukine Honami at her best, which means a very sweet but realisitc character-design (the uke/seme marking is minimal), subtleness on every page, a great composition and a soft, hugely addictive drawing style.

All in all, Constellations In My Palm is a pleasing yet somewhat slow-paced read with superb graphics. If you're looking for a sweet, quiet story – it's definitely indicated as a soft introduction to the world of shounen-ai – and/or if you're a fan of Honami-sensei's work, go for it. It may not be the absolute best in terms of plotting but it is still way above average.

Constellations In My Palm is published in English by Juné (DMP), who offers books of great quality (nice dust jacket, thick paper, clean printing, oversize paperbacks...).

Dieser Manga wird voraussichtlich im Februar 2009 unter dem Titel Sternbilder der Liebe bei Carlsen erscheinen.




Desire
Yukine Honami/Maki Kazumi
Aus dem Jap. von Dagmar Seidel
Carlsen 2007
(jap. Orig. 2001)

Ich gehe einfach davon aus, dass alle, die diesen deutschen Text jetzt lesen, den vorangehenden englischen Text zur Kenntnis genommen haben, und setze hier mit meiner zweiten Yaoi-Rezension des Tages fort, und zwar Desire, einem One-Shot von Yukine Honami (Zeichnungen) und Maki Kazumi (Text). Eigentlich hätte ich diesen Manga lieber in englischer Übersetzung aufgrund der deutlich höheren Qualität von Junés Augaben (wer einen ihrer Mangas schon in der Hand hatte weiß, was ich meine) gelesen. Da diese leider vergriffen ist, musste ich aber auf die deutsche Ausgabe zurückgreifen (stilecht beim Bring&Buy des Anime Marathons ergattert ;-)).
Desire schildert das komplizierte Verhältnis zwischen dem schüchternen und künstlerisch begabten Toru und dem sportlichen und draufgängerischen Ryoji. Wer schon einen Yaoi gelesen hat hat es bestimmt schon geraten: Toru ist hier der Uke und Ryoji der Seme. Am Anfang des Bandes sind beide nur unzertrennliche Schulfreunde, zu denen sich auch der scharfsinnige Tadashi gesellt hat. Doch schnell wird für Toru klar, dass er mehr als nur Freundschaft für Ryoji empfindet, wagt es aber nicht ihm seine wahren Gefühle zu gestehen. Umso verwirrter ist er, als Ryoji ihm aus scheinbar heiterem Himmel sagt, dass er ihn geil findet. Nach einem gewissen Zögern lässt sich Toru, von Ryoji mehr oder weniger gedrängt, auf eine rein sexuelle Beziehung mit diesem ein, mit der er aber nur bedingt klarkommt. Ihm versuchen Tadashi und Kashiwazaki, der Leiter des Kunstklubs, zu helfen, doch im Endeffekt werden Toru und Ryoji allein lernen müssen, Grenzen zu ziehen bzw. Rücksicht auf Andere zu nehmen.

Wie der Titel es schon unmissverständlich verkündet dreht sich in diesem Manga alles um Verlangen, ob sexuell oder nicht, und um die Art und Weise, wie man mit ihm umgeht. Liebe ist zwar auch dabei, wird aber immer in Beziehung oder im Kontrast zum Verlangen präsentiert. Hier werden einige unschönere Aspekte von Liebe und Begehren ziemlich realistisch inszeniert, die gerade in Schulromanzen oft weggelassen oder sehr idealisiert dargestellt werden, so dass der Manga einem etwas bedrückend erscheinen kann (gut, richtig starker Tobak ist es auch nicht, aber es ist auf jeden Fall weniger süß als es aussieht). Von dem her was ich bis jetzt gelesen habe, scheint Yukine Honami einerseits mit Leuten zusammen zu arbeiten (sie zeichnet nur, die Geschichte selbst ist immer von jemandem anderen), die süße und schwermütige Geschichten schreiben (Satoru Kannagi für Rin! und Chisako Sakuragi für Constellations In My Palm), andererseits aber auch mit Autoren, die sich mit Grenzsituationen in Beziehungen auseinander setzen. Desire und Maki Kazumi würde ich eindeutig letzterer Kategorie zuordnen, sowie auch Can't win with you (auf deutsch: High School Nights) von Satosumi Takaguchi, selbst wenn diese Serie gleichzeitig unglaublich lustig ist (Rezension irgendwann demnächst auf diesem Blog).

Während mir normalerweise in von Honami-sensei gezeichneten Mangas die Nebenfiguren am besten gefallen, fand ich sie hier weniger gelungen. Wenn Kouichi und Yamato in Rin! und Issei und Yoshimi-san in Constellations In My Palm einen durchaus überraschen konnten, indem sie z.B. mehr Subtilität an den Tag legten als man gedacht hätte, verhalten sich hier Tadashi und Kashiwazaki ein bisschen zu vorhersehbar. Tadashi fehlt es irgendwie an Charme und Kashiwazaki hätte mehr Platz verdient. Schade, denn die Figurenkonstellation erscheint mir in Desire weniger dynamisch als in den anderen zitierten Titeln.

Was den Zeichenstil angeht gibt es wohl noch weniger zu sagen als vorher: Es ist Yukine Honami (call me a fangirl if you want, I don't care). Ein kleiner Unterschied jedoch zu den anderen Titeln, die ich von ihr gelesen habe, auch der Stil ist dunkler. Es mag zum Teil an der Druckqualität und vor allem an den im Vergleich zu den Juné-Ausgaben deutlich kleineren und also dichteren Seiten liegen, aber nicht nur. Sie benutzt hier viel mehr Schatten als in ihren anderen Werken und auch die eher dunklen Schuluniformen tragen zu diesem Eindruck bei.

Es lohnt sich durchaus Desire zu lesen, er gehört zwar nicht direkt zu meinen Lieblingstiteln, bleibt aber im Vergleich zu vielen Sachen, die ich schon in der Hand gehabt habe, ein guter Manga. Ich bin mir nicht sicher, ob er allen Yaoi-Fans gefallen würde, und den würde ich auch nicht unbedingt als erste Lektüre aus dieser Richtung empfehlen, für Fans von Yukine Honamis Kunst ist er jedoch ein Muss.

Desire erscheint auf deutsch bei Carlsen.



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