Operation Clear Backlog: Episode 1

Mercredi, 31 mars 2010


Nota Bene: BiLLet MULtilinGUE / mulTILINgual PoST / MEHRsprachIGER EinTRag / FlerSPRÅkigt inlÄgG



And yet another month of virtual non-activity on this blog... I've been doing other things, been tired, been blocked... the mere thought of all those unwritten reviews is depressing me. In an attempt at overcoming these difficulties I've decided to try a new method: instead of writing long reviews as I usually do, I'm going to settle for a shorter form until I've cleared my backlog. Composing very analytical and detailed pieces isn't that much of a challenge for me (at least when I feel like it), it's what I'm trained to do, neither is saying in a sentence or two if a book was appalling, great or boring, but keeping it brief AND being satisfied with the result definitely is.
This new treatment doesn't have anything to do with the quality of the books I shall speak of, which form a mixed bag of „must read“, „well, if you must“ and „don't bother spending your money and time on that crap“. For more neutrality I shall procede alphabetically.



Bâ, Mariama Une si longue lettre :

Une si longue lettre
Mariama Bâ
Le Serpent à Plumes 2001
(Les Nouvelles Editions Africaines du Sénégal 1979)
165 p.
Dans le Sénégal des années 70 une femme qui vient de perdre son mari écrit, durant la réclusion marquant le début de son veuvage, une longue lettre à son amie expatriée aux Etats-Unis dans laquelle elle lui raconte sa vie et ses réflexions sur la société sénégalaise. Une si longue lettre a valeur de classique moderne des lettres africaines parce qu'il décrit sans détours la condition des femmes sénégalaises à cette époque. D'aucuns croient d'ailleurs pouvoir y déceler l'essence même de la condition féminine africaine, qui n'aurait pas évolué du tout depuis la parution de ce roman. A cela je réponds : „Et puis quoi encore ?! Comme si l'Afrique était un continent homogène et la femme africaine – rien que d'entendre parler de LA femme africaine m'horripile – un archétype voué éternellement à la soumission et la stagnation.“ Ce roman est donc à considérer pour ce qu'il est, le document fictionnel d'une époque et d'une société précises. Je dois en outre admettre ne pas y avoir trouvé la description d'une société patriarcale manichéenne dans laquelle les femmes seraient toutes soumises et les hommes auraient tous les pouvoirs. Car si les hommes ont, dans une certaine mesure, plus de libertés que les femmes, celles-ci sont les piliers du système. Bien sûr, les filles et les jeunes femmes n'ont pas forcément un rôle enviable. Cependant les femmes d'âge mûr, mères, belles-mères, tantes, belles-soeurs exercent elles un pouvoir considérable. Les agents actifs dans la destinée des jeunes femmes présentées dans ce roman sont, davantage que les hommes, ces femmes déjà établies qui contraignent jeunes femmes (et jeunes hommes) à des unions qui ne leur conviennent pas, vengeant peut-être ainsi leur propre vie gâchée ou du moins assurant avec ardeur la continuité de la tradition. Les hommes quant à eux, lâches, veules, inconscients sont moins des dictateurs que des trouillards qui n'osent s'opposer à la volonté de leur mère ou de celle de la future seconde épouse. Les torts me semblent – dans ce roman en tout cas – assez équitablement partagés entre les deux sexes et même la narratrice exprime plus un certain agacement qu'un réel sentiment de rébellion. Le véritable rapport de force se situe finalement moins entre hommes et femmes qu'entre l'individu, de quelque sexe qu'il soit, et sa famille qui ne lui laisse pas le choix de sa destinée ainsi qu'entre les familles qui forment la communauté. L'un des aspects de ces constructions sociales les plus importants et les plus critiqués par Mariama Bâ est sans doute le cadeau fait non par simple plaisir d'offrir mais par calcul et pour des raisons de prestige et se présentant souvent sous forme d'argent liquide, au point qu'il en devient un instrument économique et politique (donc la conception d'origine du cadeau) de taille et fausse complètement les relations familiales.
Bien qu'intéressant et pas mal écrit – disons surtout que cela se lit très facilement, le style en soi n'a rien de particulier –, Une si longue lettre n'en est malheureusement pas pour autant l'écrit révolutionnaire et fort auquel je m'attendais.

Une si longue lettre est paru au Serpent à plumes dans la collection Motifs.



Burman, Carina Vit som marmor:

Vit som marmor: ett romerskt mysterium
Carina Burman
Albert Bonniers 2006
340 s.
Jag tyckte att jag kunde ge Carina Burmans historiska deckare om amatördetektiven Euthanasia Bondeson en chans även om jag inte är en stor deckareläsare. Idéen av en skrivande, ogift medelålders kvinna som jagar en mördare i 1850-talets arkeologi-besatta Rom med dess internationella konstnärkoloni hade charm (den första boken i serien, Babylons gator, var tillfälligt slut när jag ville beställa den så blev det den andra, Vit som marmor, i stället). Men den fungerar tyvärr inte. Jag slöt läsa romanen efter en tredjedel, så ointressant den var: 100 sidor av de vanligsta och värsta klichéerna om Italien och konstnärerna (de bara målar/skriver/skulpterar, dricker rött vin och äter ost), ingen handling, ingen spänning, ingen stil, ingen humor och en jobbig och suffisant hjältinna. Ingen anledning för mig att läsa vidare.

Vit som marmor publiceras av Albert Bonniers.

Comme je l'avais déjà mentionné ici, Vit som marmor (Blanc comme marbre, à ma connaissance non traduit en français) de Carina Burman fut une fort mauvaise pioche : plat, sans humour ni style ni suspense, truffé des clichés les plus communs sur les artistes et l'Italie... non vraiment aucun intérêt, d'ailleurs je l'ai lâché au tiers. Et là, vous vous dites à raison, chers lecteurs, „t'es bien gentille ma poule, m'enfin de quoi ça parle ce bouquin ?“ Donc, au cas où il serait un jour traduit en français – vus l'engouement actuel pour les polars scandinaves et la notoriété dont jouit Carina Burman en Suède, je n'excluerais pas cette possibilité – et parce qu'il y a sûrement parmi vous de fervents amateurs d'enquêtes de détective, sachez que Vit som marmor est le deuxième volet (le premier étant épuisé j'ai dû me rabattre sur celui-là) des aventures de l'écrivaine à succès Euthanasia Bondeson, vieille fille imbue de sa personne, très madame-je-sais-tout (sans pour autant être franchement impressionnante intellectuellement) et détective amateure. L'action se passe en 1852 à Rome dans le milieu des colonies d'artistes et autres férus d'archéologie. Il y aura forcément un meurtre, enfin du moins si l'on en croit la quatrième de couverture, parce que pendant le premier tiers du livre nous n'avons droit qu'à une série de séances de contemplation de statues antiques, de repas invariablement composés de fromage et de vin et de réflexions d'une platitude consternante sur la mise et les manières de la jeune dame de compagnie d'Euthanasia, Agnes, et sur les amourettes de quelques artistes-touristes. Ce regard condescendant, cette héroïne se voulant libérale mais en fin de compte assez coincée sont d'autant plus désagréables que la narration est à la première personne, donc sans le moindre moment de répit !
Une grosse déception, le sujet, le personnage principal – ce nom ! –, en théorie ce roman avait de quoi me plaire, mais non.



Cărtărescu, Mircea Warum wir die Frauen lieben:

Warum wir die Frauen lieben
Mircea Cărtărescu
Aus dem Rumänischen von Ernest Wichner
Suhrkamp 2008
(rum. Orig. 2004/2006)
173 S.
And now for something completely different: Warum wir die Frauen lieben ist eine Sammlung von Kurzgeschichten, die größtenteils in der rumänischen Ausgabe von Elle erschienen. Wer jetzt denkt, es könne sich demzufolge nicht um anspruchsvolle, lesenswerte Literatur handeln, macht einen gewaltigen, wenn auch nachvollziehbaren, Fehler. Denn Cărtărescu ist ein großer Autor, der besonders für seine dreibändige Autobiographie und Porträt Rumäniens unter der Diktatur, Orbitór, bekannt ist, deren erster Teil auf deutsch unter dem Titel Die Wissenden erschienen ist. Und er versteht es wie kein Anderer, den Frauen, die er geliebt hat, in diesen kurzen Stücken mit beeindruckender Sprach- und Bildgewalt zu huldigen. Kleine Welten evoziert er mit seiner poetischen Sprache und große Visionen, mal bittersüß, mal zynisch, mal skurril und grotesk und oft von Träumen und traumähnlichen Zuständen durchdrungen. Bei ihm können Ohren „ultrastolz“ sein (S. 77) und die großen Namen der Weltliteratur werden so oft erwähnt wie die Namen seiner Verflossenen: „Als ich D. kennenlernte (in einer meiner Geschichten habe ich sie Gina genannt), hielt ich mich für eine Art Superchampion im Träumen. Ich richtete mir jede Nacht wie eine Box-Gala ein, bei der ich meinen diamantenbesetzten Gürtel gegen sämtliche Challenger verteidigte. Ich hatte, so meinte ich, Mandiarques, Jean Paul, Hoffmann, Tieck, Nerval und Novalis durch K.o. besiegt, Kafka nach Punkten, und Dimov hatte (in der sechzehnten Runde) aufgegeben.“ (S. 14)
Literarisches Boxen: großartige Idee!

Warum wir die Frauen lieben erscheint bei Suhrkamp.

And now for something completely different: Pourquoi nous aimons les femmes est un recueil de nouvelles parues pour la plupart à l'origine dans l'édition roumaine de Elle. Si vous en déduisez que cela ne doit pas voler bien haut, vous faites là une grossière erreur (mais tout à fait compréhensible). En effet, Cărtărescu est un grand auteur, connu principalement pour son autobiographie en trois volumes et portrait de la Roumanie sous la dictature, Orbitór, publiée en français chez Denoël (Orbitor, L'Œil en feu et L'Aile tatouée). Et il sait, mieux que tout autre, rendre hommage aux femmes qu'il a aimées grâce à l'impressionnante puissance évocatrice de sa langue. De petits mondes et de grandes visions naissent sous sa plume, tantôt doux-amers, tantôt cyniques ou étranges et grotesques, souvent emprunts d'onirisme. Loin d'être uniquement une déclaration d'amour aux femmes c'est aussi une déclaration d'amour (et parfois de guerre) à la littérature, Borges, Kafka, Nabokov, Dostoïevski et bien d'autres attendant le lecteur au détour de chaque page. J'aurais bien voulu partager un extrait avec vous, chers lecteurs, mais comme je ne possède pas la traduction française de ce volume, je ne puis malheureusement le faire (au fait, la traductrice française de Cărtărescu, Laure Hinckel, tient un blog). Quoiqu'il en soit, je vous le recommande vivement.

Pourquoi nous aimons les femmes est paru chez Denoël.


Su Fei's World

Vendredi, 25 septembre 2009


To me, one of the most worthwile things in the world are unconventional ideas, especially if some brave and slightly weird – in a good way – people decide to put them to the test. Let's say for instance that a thirty-something Jewish American Girl living in China and remotely inspired by Sex and the City would go on a hunt after the perfect match in Beijing and would use this as pretext to ask complete strangers about love, marriage, their lives, Chinese traditions, pop culture and so on. Well, this is exactely what Anna Sophie Loewenberg a.k.a Su Fei and the crew of Sexy Beijing have been doing since 2006 and it is wonderfully entertaining. In less than 10 minutes per episode Su Fei wanders about the place, wearing her easily recognizable glasses, and conducts mini-interviews with people of all ages and social classes about a certain topic (Valentine, Matchmaking, English names...).

Though not actually into the whole „marriage business“ myself and absolutely no fan of Sex and the City (in a word: boring), I can think of many reasons to watch this show. First of all, Su Fei has been living in China for many years and speaks what seems to be perfect Mandarin and that is an accomplishment one should acknowledge. Of course, as I don't speak a word of Mandarin, I can't judge how good hers really is, but I think, that if you speak a foreign language and people understand you straight away, never laugh at you because of your prononciation and you are able to conduct such interviews, then you've certainly made it to a high level of mastery of said language.

Another strength of Sexy Beijing is that, while exploring seemingly private or minor subjects in a lighthearted fashion, which gets the interviewees talking, it actually conveys a lot of information about today's Chinese society. And as Su Fei, who is perfectly aware of her own cultural background, reflecting upon it many times during the show, doesn't fear getting into unexpected and sometimes rather ridiculous situations (the episode about Hip hop in China is hilarious), the overall impression is that of a refreshing and non-judgemental ethnological and sociological inquiry. And that too is a performance worth mentioning. And last but not least, Sexy Beijing is tremendously funny and quite addictive. I really wish more people would have such ideas (if you know about anything like it, please let me know) ;-).


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