Lady Oscar au Québec

Samedi, 14 août 2010


La petite et le vieux
Marie-Renée Lavoie
XYZ 2010
238 p.

Décidément les Québécois(e)s sont très fort(e)s en littérature. Après avoir été enchantée par ma découverte de Michel Tremblay et de Nicolas Dickner (euhh, critique à venir, un jour) je me suis lancée dans le premier roman de Marie-Renée Lavoie, dont j'avais entendu l'interview dans la super émission littéraire de Radio Canada, Vous m'en lirez tant (vive la baladodiffusion/le podcast!). En l'entendant dire que l'héroïne de La petite et le vieux est une gamine de huit ans (au début du récit) qui, refusant d'être une fille (parce que c'est trop faible une fille, croit-elle), se fait appeler Joe au lieu d'Hélène en hommage aux Quatre filles du docteur March et se prend pour Lady Oscar, son héroïne préférée, j'ai tout de suite dressé l'oreille et pris note du titre. Un roman québécois rendant gloire à la vaillance et au romantisme animés nippons des années 70-80 – et de manière plus générale aux héros de fiction en tant que modèles et compagnons de route –, pas de doute possible : c'est pour moi !! Bon, j'avoue, l'import de littérature québécoise coûtant un bras, je me suis quand même dit un court instant que je ne devais pas avoir toute ma tête. Fort heureusement, la lecture de La petite et le vieux m'a vite rassurée sur l'état de ma santé mentale, car c'est un livre JU-BI-LA-TOI-RE ! Rien de moins. Et pour ceux d'entre vous qui se demanderaient qui peut bien être Lady Oscar, sachez qu'il s'agit d'une jeune aristocrate que son père a élévée comme un garçon et qui se retrouve capitaine de la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Ajoutez à l'aspect divinement queer de cette histoire les tourments et dilemmes moraux de la Révolution française, une amitié ambiguë avec André, un jeune homme issu du peuple, le Comte Fersen, de grands et beaux sentiments, de longs cheveux et d'amples capes flottant au vent et vous obtenez une série japonaise mythique – que je n'ai même pas eu le droit de regarder quand j'étais enfant... la vie est injuste. Mais revenons à nos moutons :

Joe est donc une petite fille de huit ans – mais elle se fait passer pour plus âgée – particulièrement exaltée et avide d'héroïsme qui vit dans le quartier de Limoilou à Québec avec une mère dont l'autorité ferait pâlir un général, un père que son travail de prof désespère et trois sœurs aux caractères bien différents du sien. A Limoilou fut mis en place dans les années 70 un nouveau système de désinstitutionnalisation des malades mentaux inoffensifs, si bien que Joe compte parmi ses voisins hauts en couleur quelques-uns de ceux qu'elle appelle affectueusement „les fous“. Un jour, le voisinage s'enrichit d'un nouvel arrivant, Roger, un vieil ours bourru aux jurons copieux et invraisemblables, dont Joe deviendra, après quelques réticences, l'amie. La petite et le vieux est le récit de cette amitié et du quotidien, sur plusieurs années, de cette famille et de ce quartier à travers les yeux de Joe. S'il n'y a pas vraiment d'intrigue, il est cependant impossible d'en trouver la lecture ennuyeuse. Entre la justesse des réflexions de Joe – elle est jeune adulte lorsqu'elle revient sur son enfance, ce qui lui permet un certain recul – et de son décorticage du monde, les facéties et scènes de ménage dégénérant en divertissement public des habitants du quartier, les incursions d'Oscar et de la Révolution française dans la vie de tout ce petit monde et les gueulantes de Roger, franchement c'est un feu d'artifice perpétuel. Marie-Renée Lavoie possède un humour phénoménal même et surtout dans la description des scènes les plus tristes. En effet, si j'ai beaucoup ri en lisant La petite et le vieux, j'ai parfois aussi eu le cœur serré. Sincèrement. Et il est d'ailleurs tout à fait remarquable que Marie-Renée Lavoie ait réussi dans ce récit d'enfance, pourtant un exercice casse-gueule à cet égard, à faire passer tant d'émotions sans tomber dans la niaiserie – un peu comme Michel Tremblay dans La Traversée du continent. La petite et le vieux est méchamment bien écrit ! Rien que la façon dont Joe file les métaphores militaires et héroïques et intègre le personnage d'Oscar à son expérience du monde, c'est un régal. Allez, deux petites citations pour finir :

A propos de Lady Oscar :
Et je ne vous parle pas de sa belle épée, de son fourreau doré, de ses bottes à éperons, de son magnifique cheval blanc, de son œil pénétrant et assuré, toujours plein de larmes et de lumière, et du vent, oui, surtout, de tout ce vent qui semait l'apocalypse dans ses cheveux invraisemblablement longs, épais et légers, qui battaient la mesure de la chanson thème : „Lady, Lady Oscar, elle est habillée comme un garçon, Lady, Lady Oscar, personne n'oubliera jamais son nom.“ Pas de grands héros sans bourrasques de vent, dans les dessins animés japonais. Pas de drame sans saccage de mise en plis. Quoi de plus convaincant, d'ailleurs, qu'un cheveu ébouriffé pour évoquer le courage, la force de caractère du guerrier qui résiste aux méchants symbolisés par ce vent qui se démène en vain. Dans l'air immobile, tout ça nous échappe, les Japonais l'ont compris. (p. 9-10)
Autre exemple qui illustrerait parfaitement cette vérité essentielle : Albator.

Un petit aperçu du langage fleuri de Roger (en pleine protestation alors qu'on l'emmène à l'hôpital) :
Surtout pas, mes sacristies de punaises, que je vous pogne pas à y dire un mot sur moé, sinon je vous neille dans le bénitier quand j'vas ressoudre. (p. 146)
Ce „mes sacristies de punaises“ est absolument digne du Capitaine Haddock ;-).

J'attends avec impatience le prochain roman de Marie-Renée Lavoie, car franchement je n'ai qu'un seul reproche à faire à son premier opus, celui d'être trop court ! J'en redemande !

La petite et le vieux est paru chez XYZ. Pour se le procurer en France (et en Europe), le plus simple est de passer par la Librairie du Québec à Paris.


Sarah
Otomo/ Nagayasu
Aus dem Jap. übersetzt von Junko Iwamoto-Seebeck und Jürgen Seebeck
Carlsen 1996
(jap. Orig. 1990)

Ende April fand der 12. Anime Marathon in Brehna statt und da ich dieses Jahr ziemlich oft als Aufsicht in der Mangabibliothek saß, habe ich sogar Zeit gehabt, eine Serie (soweit vorhanden) durchzulesen, nämlich Sarah von Kastuhiro Otomo (Text) und Takumi Nagayasu (Zeichnungen).

Als Scharen von Menschen versuchen, ihre durch Anschläge beschädigten Raumstationen zu verlassen, um notgedrungen auf eine längst vergiftete Erde zurückzukehren, wird Sarah von ihren drei Kindern, Harato, Satoko und Tsumuri getrennt. Sie behält bei sich nur ihr letztes Kind, einen Säugling, und muss fliehen. Was damals passiert ist, was Sarah auf ihrer Flucht erlebt hat, erfährt der Leser erst später und nur partiell. Als wir Sarah einige Jahre nach den Anschlägen auf der Erde wieder begegnen, ist sie eine rätselhafte Einzelkämpferin geworden. Der Händler Tsue ist ihr einziger Weggefährte, dem sie sich aus praktischen Gründen – er besitzt einen LKW – angeschlossen hat. Zusammen reisen sie durch Wüsten, halb leere Städte und Kriegszonen, sie auf der Suche nach ihren Kindern, er auf der Suche nach guten Geschäften, und werden bei jeder Etappe mit dem Zerstörungspotential menschlichen Machtstrebens aufs Neue konfrontiert.

Leider hat Carlsen die Veröffentlichung der deutschen Übersetzung von Sarah nach 14 (sehr schmalen) Bänden im 25x16,6 cm Format unterbrochen, so dass ich nur einen Teil der Serie bewerten kann (alle Bände sind gespiegelt, anders aufgeteilt als im Original und ich werde den Verdacht nicht los, dass die Übersetzung nicht ganz sauber ist, hören doch viele Sprechblasen mitten im Satz abrupt auf... so hat man es eben in den 90ern gemacht... und heute ist die Serie natürlich vergriffen). Aber was ich davon lesen konnte, immerhin einen Großteil der Serie, war beeindruckend. Angefangen mit der Hauptfigur, denn wenn das allgemeine postapokalyptische Setting samt Figur, die nach etwas Verlorenem sucht, nicht gerade revolutionär ist, so ist die Entscheidung für eine Protagonistin statt eines Protagonisten in einem solchen Kontext eher selten. Man mag natürlich argumentieren, dass die Betonung von Sarahs Mutterrolle wiederum das alte Klischee der Mutter bestätigt, die alles tut, um ihre Kinder zu schützen, gar nur noch um ihrer Kinder willen lebt. Und das würden sogar die ersten Bände der Serie tendenziell bestätigen. Nur wird dieses Klischee bald durch Sarahs Konfrontation mit anderen „Müttern“ relativiert und durch die Auseinandersetzung mit Kindsmord, Prostitution und Notlagen unterwandert. Selbst das Bild des Kindes als gutes, unverdorbenes Wesen, das man nur lieben kann und sogar lieben muss, wird hier demontiert. Sarah ist keine perfekte Mutter und auf keinen Fall eine Frauenfigur, die sich auf diese eine Rolle reduzieren ließe. Groß und stark, in einem Umhang gehüllt, der auch sämtlichen Spacepirates und Vampirjägern des Mangauniversums stünde, tritt sie vor allem als wortkarge Kämpferin auf – und wie sie da kämpft! - und wird durch eine Umdeutung des Motivs der abgeschnittenen Brust mit den Amazonen assoziiert. Und überhaupt ist eine solche Untersuchung von Weiblichkeit im stark männlich dominierten Science-Fiction-Genre, dazu noch im Zusammenhang mit einem Krieg, in den sich auch Sarah einmischt, für mich ein Grund zu jubeln. Die einzige vergleichbare Figur, die mir im Bereich Manga/Anime spontan einfällt, ist Miyazakis Nausicaä.

Sarah ist aber nicht nur ein thematisch sondern auch graphisch, dank Nagayasus realisitschen und souveränen Zeichenstils, hervorragender Manga. Ob Porträts, Landschaften, Mengen, Explosionen oder Kampfszenen, alles ist perfekt gezeichnet. Sowohl auf der Panel- als auch auf der Seitenebene zeigt Nagayasu einen grandiosen Sinn für Komposition und Dynamik. Einige Ganzseitenillustrationen erinnern absichtlich an Propagandaplakate, so dass die Mechanismen totalitärer Diskurse hier auch auf graphischer Ebene entlarvt werden.

Wer Science-Fiction mag und/oder auf der Suche nach Mangas mit starken Frauenfiguren ist, sollte auf jeden Fall Sarah lesen. Und wer französisch lesen kann, hat sogar die Möglichkeit, die Serie zu Ende zu lesen, denn Delcourt hat sie, im Gegensatz zu Carlsen, abgeschlossen (dabei muss man allerdings beachten, dass Band 14 in der deutschen Fassung Band 8 in der französischen entspricht, welche insgesamt aus 11 Bänden besteht). Hoffentlich werde ich selbst irgendwann dazu kommen, mir die restlichen drei Bände auf französisch zuzulegen...





Thirsty for Love
Satosumi Takaguchi/ Yukine Honami
trans. from the jap. by Melanie Schoen
Juné/DMP 2008
(orig. jap. 2001)

Back again with a new yaoi title! Actually, I should be writing in French about Duras and Claudel or in German about Weiß Side B or even reading something Swedish – and then write about it in Swedish, of course – but here I am in the mood for yaoi and an English review. Blogging has its own mysterious ways and it is apparently not for the blogger herself to understand them.

The manga I'm so obsessed with this time is Thirsty for Love, once again drawn by my beloved Yukine Honami and penned by Satosumi Takaguchi, and boy what a terrific combination this is! It tells the story of three high school boys, Orie, Tatsumi and Suguru, all of whom are in love with the same girl, Yuka, who, in turn, loves each of them equally and sincerily. While Orie isn't aware of his girlfriend's dating other guys, Tatsumi seems quite comfortable with the situation and Suguru has come to accept it, at least to some extent, for Yuka's sake. Although very different, the three boys share the same hardship when Yuka passes away. Sorrow somehow pulls them towards each other but there is a lot of anger, guilt and jealousy to overcome before they can try to find comfort in each other's arms.

Well, this might be superfluous, but just to make sure that you get the right picture: if you're looking for comedy or a cute, heartwarming love story, then try something else. Thirsty for Love is probably one of the saddest and most serious mangas I've ever read and as far as yaoi is concerned it definitely isn't yet another high school boys' love story. Yes, you have cute boys and lust on every page, but also a dying girl in the middle of the story, which, to say the least, is an unusual plot device for a BL manga. That said, Thirsty for Love is excellent. Satosumi Takaguchi has mixed the feelings cocktail on which the story relies – desire, sorrow, pain, jealousy, love, care, angst, admiration, guilt, loss, forgiveness, rage, injustice – with great skill and Yukine Honami's art conveys them as subtly as ever. Moreover, this manga raises several interesting and universal questions: What happens when one decides to live according to one's own principles, and thus maybe against society's rules, because one knows that death is near? How does one deal with one's lover's death when the relationship was still new? Or when the relationship had to be kept secret from others and one isn't free to express one's grief in front of everyone? And what is left of one's lover after his or her death? How long will the memory last? How powerful is it? I already knew, from reading Can't win with you (also a collaboration with Yukine Honami; review to be released, one day, on this blog) and bits of Yononaka wa Bokura ni Amai, that Satosumi Takaguchi prefers challenging characters and plots to more conventional ones and therefore wasn't surprised to see her exploring such issues here. But I'm still amazed at how unjudging and sincere the narrative is. Yuka simply says about her lifestyle: „I want to love every boy that moves me, no matter how many they are“. Yet she isn't what one might call a slut and none of the guys seem to think that she is one. I was also really pleased by the fact that there wasn't a unique answer to the questions I've mentioned. Orie, Tatsumi and Suguru are very different and complex characters – I always have a favourite character in Honami-sensei's mangas and Tatsumi would be the one this time – and each of them has his own way of loving Yuka and then dealing with death, grief and absence.

I've already said it – here and in previous reviews –, Honami-sensei's artwork is awesome. It's pure, subtil, of ethereal beauty. Her character design is simply gorgeous and hugely evocative. Most panels are very clear and I admire her sense of composition. Furthermore, some of the most important and intense panels are entirely textless, which shows how crucial the narrative function of a manga's pictures can be. The combination of Takaguchi's powerful and atypical plot and Honami's sweet and superb art works wonderfully well and I really do hope that they will collaborate on other projects. Thirsty for Love is sad, beautiful, intense and a unique treat for BL fans. But it probably won't be everybody's cup of tea (stay away from it if you can't cope with non-consent scenes and the like).

Thirsty for Love is a one-shot published in English by Juné (DMP), who offers books of great quality (nice dust jacket, thick paper, clean printing, oversize paperbacks...).


* I'm quoting the song "Please Sister" by The Cardigans (on Long Gone Before Daylight).



Constellations In My Palm
Yukine Honami/Chisako Sakuragi
trans. from the jap. by Sachiko Sato
Juné/DMP 2007
(orig. jap. 2004/2005)

It's been a while since I last commented on a book here and my latest manga review was ages ago. As a compensation for this unbearable state of affairs I'm offering you two manga reviews at once, one in English, the other in German. Both titles are drawn by Yukine Honami, the yaoi mangaka whose awesome artwork I discovered with Rin! and can't get enough of. The first of them is Constellations In My Palm, a one-shot on which Honami-sensei collaborated with Chisako Sakuragi (her debut as a manga writer).

For some stupid reasons, including a good amount of pride, Mizuho has severed all ties with his one year younger favourite cousin, Enji. It's been seven years since the boys last saw each other and now Enji, a handsome and responsible astronomy student, has to come to live with Mizuho's family, while attending university. Whereas everybody else, especially Mizuho's sisters, Nanoka and Sumire, feel elated at having him live there, Mizuho and Enji themselves, once the best friends on earth, don't seem to get along very well with this situation, where nothing of their former intimacy is left. Of course, the whole thing is due to a misunderstanding and the difficulty for Mizuho of accepting feeling towards and from Enji that are already way beyond friendship or those of close cousins. But, as such young men usually need help sorting out their feelings – and Mizuho at least is no exception –, two characters were added to the story: Issei, Mizuho's bisexual and carefree but sharp best friend, and Yoshimi-san, Enji's former tutor and so-called lover. Though both truly are nice guys, willing to help and everything, their natural playfulness does sometimes lead to additional trouble and provides the story with a refreshing touch of humour.

Yes, this is yet another coming-of-age story, and, furthermore, one dealing with the topos of the long lost childhood friend, an old favourite of romantic literature – not only yaoi nor only in the form of manga. But, it is nicely done. Though I can't say that it thrilled me as much as Rin! did, I enjoyed it nonetheless. The misreading of the other's feelings was rendered quite accurately as was the considerable gap that may exist between the way one sees oneself and the perception others have of one. Mizuho's and Enji's relationship sure involves a certain amount of adolescent angst, which is however counterbalanced by their tenderness and Issei's and Yoshimi-san's lightheartedness – those two actually are my favourite characters and they would have deserved an own extra chapter ;-). As far as the artwork is concerned, I have little to say: it's Yukine Honami at her best, which means a very sweet but realisitc character-design (the uke/seme marking is minimal), subtleness on every page, a great composition and a soft, hugely addictive drawing style.

All in all, Constellations In My Palm is a pleasing yet somewhat slow-paced read with superb graphics. If you're looking for a sweet, quiet story – it's definitely indicated as a soft introduction to the world of shounen-ai – and/or if you're a fan of Honami-sensei's work, go for it. It may not be the absolute best in terms of plotting but it is still way above average.

Constellations In My Palm is published in English by Juné (DMP), who offers books of great quality (nice dust jacket, thick paper, clean printing, oversize paperbacks...).

Dieser Manga wird voraussichtlich im Februar 2009 unter dem Titel Sternbilder der Liebe bei Carlsen erscheinen.




Desire
Yukine Honami/Maki Kazumi
Aus dem Jap. von Dagmar Seidel
Carlsen 2007
(jap. Orig. 2001)

Ich gehe einfach davon aus, dass alle, die diesen deutschen Text jetzt lesen, den vorangehenden englischen Text zur Kenntnis genommen haben, und setze hier mit meiner zweiten Yaoi-Rezension des Tages fort, und zwar Desire, einem One-Shot von Yukine Honami (Zeichnungen) und Maki Kazumi (Text). Eigentlich hätte ich diesen Manga lieber in englischer Übersetzung aufgrund der deutlich höheren Qualität von Junés Augaben (wer einen ihrer Mangas schon in der Hand hatte weiß, was ich meine) gelesen. Da diese leider vergriffen ist, musste ich aber auf die deutsche Ausgabe zurückgreifen (stilecht beim Bring&Buy des Anime Marathons ergattert ;-)).
Desire schildert das komplizierte Verhältnis zwischen dem schüchternen und künstlerisch begabten Toru und dem sportlichen und draufgängerischen Ryoji. Wer schon einen Yaoi gelesen hat hat es bestimmt schon geraten: Toru ist hier der Uke und Ryoji der Seme. Am Anfang des Bandes sind beide nur unzertrennliche Schulfreunde, zu denen sich auch der scharfsinnige Tadashi gesellt hat. Doch schnell wird für Toru klar, dass er mehr als nur Freundschaft für Ryoji empfindet, wagt es aber nicht ihm seine wahren Gefühle zu gestehen. Umso verwirrter ist er, als Ryoji ihm aus scheinbar heiterem Himmel sagt, dass er ihn geil findet. Nach einem gewissen Zögern lässt sich Toru, von Ryoji mehr oder weniger gedrängt, auf eine rein sexuelle Beziehung mit diesem ein, mit der er aber nur bedingt klarkommt. Ihm versuchen Tadashi und Kashiwazaki, der Leiter des Kunstklubs, zu helfen, doch im Endeffekt werden Toru und Ryoji allein lernen müssen, Grenzen zu ziehen bzw. Rücksicht auf Andere zu nehmen.

Wie der Titel es schon unmissverständlich verkündet dreht sich in diesem Manga alles um Verlangen, ob sexuell oder nicht, und um die Art und Weise, wie man mit ihm umgeht. Liebe ist zwar auch dabei, wird aber immer in Beziehung oder im Kontrast zum Verlangen präsentiert. Hier werden einige unschönere Aspekte von Liebe und Begehren ziemlich realistisch inszeniert, die gerade in Schulromanzen oft weggelassen oder sehr idealisiert dargestellt werden, so dass der Manga einem etwas bedrückend erscheinen kann (gut, richtig starker Tobak ist es auch nicht, aber es ist auf jeden Fall weniger süß als es aussieht). Von dem her was ich bis jetzt gelesen habe, scheint Yukine Honami einerseits mit Leuten zusammen zu arbeiten (sie zeichnet nur, die Geschichte selbst ist immer von jemandem anderen), die süße und schwermütige Geschichten schreiben (Satoru Kannagi für Rin! und Chisako Sakuragi für Constellations In My Palm), andererseits aber auch mit Autoren, die sich mit Grenzsituationen in Beziehungen auseinander setzen. Desire und Maki Kazumi würde ich eindeutig letzterer Kategorie zuordnen, sowie auch Can't win with you (auf deutsch: High School Nights) von Satosumi Takaguchi, selbst wenn diese Serie gleichzeitig unglaublich lustig ist (Rezension irgendwann demnächst auf diesem Blog).

Während mir normalerweise in von Honami-sensei gezeichneten Mangas die Nebenfiguren am besten gefallen, fand ich sie hier weniger gelungen. Wenn Kouichi und Yamato in Rin! und Issei und Yoshimi-san in Constellations In My Palm einen durchaus überraschen konnten, indem sie z.B. mehr Subtilität an den Tag legten als man gedacht hätte, verhalten sich hier Tadashi und Kashiwazaki ein bisschen zu vorhersehbar. Tadashi fehlt es irgendwie an Charme und Kashiwazaki hätte mehr Platz verdient. Schade, denn die Figurenkonstellation erscheint mir in Desire weniger dynamisch als in den anderen zitierten Titeln.

Was den Zeichenstil angeht gibt es wohl noch weniger zu sagen als vorher: Es ist Yukine Honami (call me a fangirl if you want, I don't care). Ein kleiner Unterschied jedoch zu den anderen Titeln, die ich von ihr gelesen habe, auch der Stil ist dunkler. Es mag zum Teil an der Druckqualität und vor allem an den im Vergleich zu den Juné-Ausgaben deutlich kleineren und also dichteren Seiten liegen, aber nicht nur. Sie benutzt hier viel mehr Schatten als in ihren anderen Werken und auch die eher dunklen Schuluniformen tragen zu diesem Eindruck bei.

Es lohnt sich durchaus Desire zu lesen, er gehört zwar nicht direkt zu meinen Lieblingstiteln, bleibt aber im Vergleich zu vielen Sachen, die ich schon in der Hand gehabt habe, ein guter Manga. Ich bin mir nicht sicher, ob er allen Yaoi-Fans gefallen würde, und den würde ich auch nicht unbedingt als erste Lektüre aus dieser Richtung empfehlen, für Fans von Yukine Honamis Kunst ist er jedoch ein Muss.

Desire erscheint auf deutsch bei Carlsen.






Der Anime Marathon, von dem ich hier erzählt hatte, fängt morgen an. Ich bin schon ganz aufgeregt und freue mich riesig drauf, vor allem weil ich dieses Jahr die Planung der Yaoi-Nacht (aka Schnuffinacht) und den damit einhergehenden Workshop übernommen habe. Ich gehe jetzt meinen Vortrag weiter vorbereiten und wünsche euch allen ein schönes Wochenende :-).

L'Anime Marathon, dont je vous avais déjà parlé ici, commence demain. Je suis déjà tout excitée et super contente d'y aller, surtout que, cette année, je me suis chargée de la programmation de la Nuit Yaoi ainsi que de l'atelier consacré à ce genre. Il faut d'ailleurs que je retourne continuer à préparer mon exposé sur ce sujet qui me tient tellement à coeur. Je vous souhaite à tous un bon week-end :-).




Rin! vol. 1
Satoru Kannagi/ Yukine Honami
from the jap. by Wasabi Media
Juné/DMP, 2006
(orig. jap. 2002)

I've been reading quite a bit lately but, until today, had no time to write any reviews, which is a shame as I've, once again, stumbled upon a few gems I'd like to share with you, dear readers. The first of them is a manga – this time I really can't let you wait until the end of the month for a manga review ;-) – by Satoru Kannagi (story) and Yukine Honami (art), Rin!. Before you go wonder any further: yes! it is a yaoi title or rather a shounen-ai as it is quite soft.

Rin means strength and it's the quality young Katsura (2nd year in highschool) needs to find in himself – it surely is there even though he isn't aware of it yet – in order to finally get rid of his anxiety. He has suffered from it since childhood – no I'm not going to spoil here ;-) – and the only remedy against it is a hug or „squeeze“ from Sou, his older brother's best friend. But somehow the situation isn't that simple and Sou's hug's healing power eventually seems to disappear as both Katsura and him realize that they are feeling more than friendship toward each other. It then becomes clear to both of them that a mere hug won't do the trick anymore – well, how is Katsura's heart, already rumbling with anxiety, supposed to calm down in the arms of his first lover? – and that they need to sort Katsura's problem out and take care of their new relationship. Of course, this won't be easy for Katsura to gain self-confindence and for Sou to let him emancipate himself from his hugs. While they can count on Yamato's – Katsura's brother – support they also have to deal with Kouichi, Katsura's best friend who has also been harbouring tender feelings for him for a while. Even if a rival, the latter actually helps – on his own expense – Katsura's and Sou's relationship grow (that guy is probably my favourite character in this manga). As all of them are in the school's archery club and Kouichi and Katsura have to step in Yamato's and Sou's shoes as the next club captain and vice-captain, they can't prevent tensions between them from influencing their daily life. Their whole world actually seems to revolve exclusively around archery, which becomes a metaphore of the way each of them deals with life.

While the love story itself was already extremely endearing, the archery theme added a wonderful traditional japanese touch to it and was so nicely intertwined with the main story that it really supported the characters' development. Satoru Kannagi and Yukine Honami chose a non-stereotypical uke/seme pairing for this manga, which is for the best. Katsura is indeed a strong-willed even though soft-looking – but by no means effeminate – teenager and Sou a caring yet jealous young man. Like Yamato and Kouichi – and other characters – they both have qualities and flaws, the depiction of which is always accurate and subtle and never caricatural.

But the characters owe a lot to Yukine Honami's delicate and gorgeous artwork. Her boys really look like teenagers and young men and are well-proportioned and gentle-faced. Her drawing style is a bit sketchy – I mean it in a good way – yet pure and intense. She sure knows how to make more with less and how to alter the expression on her characters' face with the slightest touch. She also has a great sense of composition, using a lot of open and floating panels and thus creating very dynamic yet never chaotic pages. In a word, her artwork is poetry rendered in pictures and it is so enchanting and addictive that I've already put most of her other works on my wishlist :-D.

Rin! isn't just another highschool boys' love story, it's a masterpiece of tenderness and poetry that should be read and cherished by anyone who hasn't a stone for a heart! I think it's one of the sweetest yet most intense stories I've ever read, the kind that makes you feel good and sad at the same time and lets you run to your lover to hug him/her.

I deeply enjoyed reading this manga and would recommend it to any yaoi/shounen-ai fan as well as to anyone looking for a short and nice series (3 volumes and it's definitely far better than nice) to discover this genre. So please, please do read it! It's a real treasure!

Rin! is published in English by Juné (DMP), who offers books of great quality (nice dust jacket, thick paper, clean printing, oversize paperbacks...).



Zum letzten Mal dieses Jahr: Yaoi rocks!

Lundi, 31 décembre 2007


Kiss me, Teacher vol. 2
Kazuma Kodaka
Aus dem Jap. von Nina Olligschläger
Carlsen, 2005
(jap. Orig. 1995)

Schon wieder die einzige Mangarezension des Monats auf dem letzten Drücker geschrieben – es ist ja nicht so, dass ich keine lesen würde, ganz im Gegenteil, nur mit dem Schreiben und der Zeitplanung hapert's irgendwie immer wieder. Dafür wird sie aber voraussichtlich mein letztes Post des Jahres sein, das hat schon was ;-). Und um uns von diesem Jahr zu verabschieden, wie es sich gebührt, was gibt's denn schon Besseres als ein kleiner Yaoi/Shounen-ai ;)? Heute also Kiss me, Teacher von Kazuma Kodaka. Dieser Manga umfasst 10 Bände, davon sind allerdings bislang nur 7 auf deutsch erschienen und nur auf diesen Bänden basiert die folgende Rezension (die letzten 3 sollen 2008 erscheinen).

Regelmäßige Leser dieses Blogs sowie Yaoi/Shounen-ai Kenner unter euch werden es schon erkannt haben: Kazuma Kodaka ist die Autorin/Zeichnerin von Kizuna, grandiosem Yaoi, vom dem ich vor ein paar Monaten hier so toll schwärmte. Damit das sofort klar ist, Kiss me, Teacher hat viel mit Kizuna gemeinsam und ist, wenn auch harmloser was Sex angeht, womöglich noch verwirrter als dieser.

Kiss me, Teacher erzählt die Geschichte vom Oberschüler Atsushi Arisawa (auch A-kun und Alice-chan genannt), der beschlossen hat auf die Schule – die Jogaoka Highschool – zu wechseln, in der sein ehemaliger Babysitter und große Kindheitsliebe, Masami Shibata (auch Maa-chan genannt), als Sanitäter arbeitet. Direkt am ersten Tag trifft Atsushi einen Shibata-sensei, der zwar ein bisschen anders ist als in seinen Erinnerungen (nun ja, ein bisschen ist eigentlich ein Euphemismus...) aber von dem er trotzdem annimmt, dass er seine erste Liebe ist. Und diese Liebe ist gegenseitig und sie kommen endlich zusammen und alles ist gut und schön und bunt und rosa und zuckersüß... Nein, quatsch, das wäre zu einfach und zu langweilig! Dieser Shibata-sensei ist eigentlich nicht Masami sondern dessen jüngerer Bruder Masayoshi (auch Ma-kun genannt), der die Verwechslung ziemlich schnell versteht, Atsushi aber nicht sofort aufklärt. Und schon ist das Unumkehrbare passiert: Astushi hat sich unsterblich in Masayoshi verliebt und erkannt – als er die Wahrheit endlich erfährt und erstmal verdaut hat –, dass Masami nicht seine erste echte Liebe sondern nur ein Schwarm war (er mag ihn trotzdem weiterhin sehr gerne und hat eine enge Beziehung zu ihm). Schon besser, oder? Das ist aber nicht alles! Atsushi findet nämlich seinen alten Kindheitsfreund, Koji Inagaki, wieder, der jetzt auf derselben Schule wie er geht, in ihn total verknallt ist und ihm keine Ruhe mehr lässt. Und... Masayoshi hat eine äußerst enge, vielleicht sogar zu enge Beziehung zu seinem eigenen Bruder Masami – keine Panik, das Thema wird sehr feinfühlig und humoristisch behandelt –, mit dem er zusammenwohnt und der ab und zu gern ein bisschen mehr Luft hätte, denn er selbst liebt auch jemanden. Und dieser jemand ist Toru Hagiwara, Masayoshis bester Freund und ebenfalls Lehrer auf der Jogaoka Highschool.

Dazu kommen natürlich noch jede Menge Freunde und Verwandte – die Familiengeschichte der beiden Brüder ist besonders interessant, denn sie sind Halbnorweger, weswegen das Ausländerdasein in Japan teilweise auch thematisiert wird. Es gibt sogar ein lustiges Kizuna-Crossover, denn im Host Club, der dem Masayoshis und Masamis Vater gehört (aber von den Söhnen geleitet wird), arbeiten Lena, Kayako und Catherine-san, die 3 Transsexuellen, die unwillkürlich eine Krise zwischen Enjouji und Ranmaru verursachen. Die beiden tauchen im 2. Band Kiss me, Teacher übrigens auch kurz auf (freu freu).

Es wird oft behauptet, es handele sich in Kiss me, Teacher um ein Liebesdreieck, Masami-Masayoshi-Atsushi, aber das stimmt nicht! Mit all den anderen Beteiligten (Toru, Inagaki und noch andere) ist es eher ein Liebeszigtausendeck! Dabei wird Liebe, genau wie in Kizuna auch, als etwas dargestellt, das die Grenzen des Geschlechts ignoriert, denn die meisten Figuren dieses Mangas sind eben nicht schwul, in dem Sinne, dass sie grundsätzlich nur auf Männer stehen würden, sondern lieben einfach jemanden, der zufällig auch ein Mann ist. Überhaupt wäre eine Genderanalyse dieses Mangas ein vermutlich sehr interessantes Unternehmen, da Kazuma Kodaka ständig mit Klischees spielt, sie auf den Kopf stellt, und eben eine scheinbar sorglose und heitere aber eigentlich sehr originelle und komplexe Sicht der Liebe und der Geschlechterrollen in Liebesbeziehungen liefert.

Kiss me, Teacher ist also genauso gut wie Kizuna nur eben softer und ein bisschen bekloppter. Die Geschichte wird souverän erzählt und Kazuma Kodakas sehr ausdrucksvoller und lebendiger Zeichenstil spielt dabei eine sehr wichtige Rolle. Meist ist dieser Manga zum Totlachen lustig geschrieben (wie bei Kizuna, großartige Übersetzung von Nina Olligschläger), kann aber auch teilweise ernst und nostalgisch wirken. Die vielfältig und komplex dargestellten Figuren wachsen einem sofort ans Herz und deren Gefühle werden dem Leser sehr schön und anschaulich vermittelt. Das Einzige was bislang fehlt sind die Sexszenen – irgendwie hat diese ganze Männertruppe diesbezüglich ziemlich viel Pech oder braucht halt Zeit –, aber noch gibt es 3 Bände und selbst wenn es so bleiben sollte, ist dieser Manga trotzdem wunderschön (und einfach grandios witzig). Also ein Muss für alle Yaoi/Shounen-ai Liebhaber und für die Anderen auch :-D!

Und jetzt soll ich voraussichtlich bis Ende Januar bzw. Mai warten, um die letzten 3 Bände lesen zu können!?!?!? Das ist grausam, schnief :-(.

Kiss me, Teacher erscheint bei Carlsen.


ICH WÜNSCHE EUCH ALLEN EINEN GUTEN RUTSCH INS NEUE JAHR!
JE VOUS SOUHAITE À TOUS UN BON RÉVEILLON!



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